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Augustin-de-V : Subissez-vous des pressions de la part de l'UMP ? La vie d'un député indépendant est-elle impossible ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je ne subis pas de pressions de l'UMP, car ils savent qu'elles n'auraient aucun effet. La vie d'un député indépendant dans un système de quasi-bipartisme est extrêmement difficile.
Pour autant, devrais-je renoncer à ce que je crois de plus important pour mon pays : l'indépendance nationale, une Europe des nations, une république intègre, une économie croissante au service du partage social.
Non, bien sûr. Car tous les jours Debout la République reçoit des adhésions d'anciens UMP, d'anciens chevénementistes, de citoyens sans étiquette, qui sont convaincus que le système actuel court à sa perte.
Les Français, et j'en fais partie, je ne le renie pas (même si, vous le savez, j'avais émis des doutes en voulant me présenter à la présidentielle), ont cru que Nicolas Sarkozy pouvait incarner le sursaut. Malheureusement, ils comprennent aujourd'hui qu'il accélère la "normalisation" de la France, une sorte de Länder de l'Europe supranationale sous influence américaine. Les Français, j'en suis convaincu, réagiront d'une manière ou d'une autre et ne se laisseront pas faire, à la condition bien sûr qu'une autre politique existe.
Romain : Si la droite nationale rassemblant les partis du FN, du MNR et du MPF décidaient de lancer une nouvelle formation rassemblant tous les patriotes dans une véritable alternative à Nicolas Sarkozy, accepteriez-vous d'y participer ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je ne vois pas ceux qui n'ont pas été capables de le faire au cours des dix dernières années s'y mettre aujourd'hui. En revanche, il va de soi que les républicains, de gauche comme de droite, et les patriotes, de gauche comme de droite, devraient davantage unir leurs forces politiques.
C'est pourquoi je proposerai dans les semaines qui viennent la constitution de listes pour les élections européennes de juin 2009. Il ne s'agira pas de regrouper les groupuscules de M. X ou de Mme Y, mais, à partir d'un vrai projet pour l'Europe du XXIe siècle, de rassembler les Français qui ont été trahis par le traité de Lisbonne, qui a repris, vous le savez, la Constitution européenne pourtant rejetée par le peuple le 29 mai 2005.
Car, ne l'oublions pas, il ne peut y avoir de redressement de la France sans une refondation européenne. C'était le sens de la campagne de Nicolas Sarkozy, c'est la raison aujourd'hui de son échec.
Républicain : Allez-vous vous allier à M. De Villiers pour les prochaines européennes ?
Nicolas Dupont-Aignan : Philippe de Villiers est resté totalement silencieux lors du vote du traité de Lisbonne. Je le regrette. La question maintenant n'est pas d'additionner M. X ou Mme Y comme je l'ai déjà dit, mais d'être capable de porter un projet concret pour une Europe efficace, car nous avons besoin de l'Europe, au service du progrès social.
Je crois aussi sincèrement que les Français attendent des visages nouveaux, une nouvelle génération politique capable – on le voit bien avec Besancenot à gauche – de rassembler.
denis 75 : Debout la République sera-t-il présent aux élections européennes 2009 ?
Nicolas Dupont-Aignan : Debout la République sera bien sûr présent, mais je crois qu'il faudrait aller au-delà et associer tous ceux qui se reconnaîtront dans mon projet. Nous serons la surprise de 2009.
Républicain : Dans vos discours vous parlez souvent d'une "autre Europe". Qu'entendez-vous par là exactement ?
Nicolas Dupont-Aignan : Dans la mondialisation et le monde multipolaire des cinquante prochaines années, il va de soi que l'Europe doit exister. On me caricature d'ailleurs souvent comme un anti-européen, ce qui est totalement faux.
Mais pour que cette Europe réussisse, elle doit répondre à plusieurs conditions. Premièrement, elle doit mettre fin à son élargissement et établir un partenariat avec la Russie, la Turquie et le Maghreb.
Ensuite, l'euro doit être radicalement réformé pour en faire un instrument de croissance économique, et une politique industrielle et scientifique avec de très forts investissements publics doit être mise en œuvre autour de projets de coopération à la carte.
Enfin, il faut passer d'une Europe supranationale, oligarchique, qui a donné tous les pouvoirs à trois organismes non élus (Commission, Cour de justice, Banque centrale), à une Europe confédérale qui s'appuie sur les démocraties nationales et qui met en œuvre ces fameuses coopérations à la carte, qui sont les seules qui marchent concrètement. En témoignent Ariane ou l'Airbus.
Vous le voyez, c'est une redéfinition complète du système européen que je propose. Je ne suis pas le seul à le faire en Europe. En Italie, en Espagne, en Allemagne, de plus en plus de voix s'élèvent contre la dénaturation du beau projet européen initial.
Comment croire que l'on puisse construire l'Europe contre les peuples, en violant leur souveraineté et leur démocratie ? C'est une hérésie, et de surcroît, c'est inefficace.
Vous pouvez retrouver le détail de mes propositions dans mon dernier livre, Le Coup d'Etat simplifié, aux éditions du Rocher.
Source: LeMonde.fr
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