Blogos : Que pensez-vous de la politique à l'égard des travailleurs clandestins ? Faut-il leur donner des papiers ? Est-ce que vous êtes sur la ligne de Brice Hortefeux pour la politique de l'immigration ?
Nicolas Dupont-Aignan : Il faut savoir faire preuve de fermeté même si, humainement, cela n'est pas facile. Quand comprendra-t-on que certains chefs d'entreprise se servent de l'immigration clandestine comme moyen de peser sur les salaires à la baisse ? Il serait suicidaire pour notre pays d'ouvrir à nouveau les vannes de l'immigration.
Il y a tant de jeunes dans nos quartiers, souvent d'ailleurs d'origine étrangère, qui sont au chômage et qui mériteraient d'être embauchés, que je ne comprends pas cette fausse sentimentalité des organisations de gauche qui viennent en renfort du Medef.
La vraie question, c'est le développement de l'Afrique et du Maghreb, mais là aussi, on revient à la case départ : quelle Organisation mondiale du commerce voulons-nous ? Il y aurait tant de mesures simples à prendre pour développer l'agriculture africaine, pour donner un espoir à la jeunesse du Maghreb. La solution pour cette jeunesse n'est pas de venir en France.
Quant à l'action de M. Hortefeux, j'approuve sa fermeté, mais je suis hostile à l'immigration choisie, qui rend sa politique incohérente.
Nous devons freiner au maximum l'immigration pour intégrer le mieux possible toutes celles et tous ceux, d'origine étrangère, qui vivent sur notre sol. Un point, c'est tout.
Républicain : Qu'avez-vous prévu pour le 29 mai (anniversaire du "non" au référendum sur la Constitution européenne) ?
Nicolas Dupont-Aignan : Sur le site Deboutlarépublique.fr, vous trouverez très prochainement une invitation pour une manifestation symbolique que je ne veux pas révéler pour l'instant, mais qui est d'ores et déjà prête, et qui se produira au même moment dans tous les pays d'Europe.
Blogos : Qu'est-ce qui vous distingue, finalement, de l'extrême droite "classique" ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je n'ai rien à voir avec l'extrême droite. Je n'ai jamais tenu un discours de rejet de quiconque. Je suis un républicain gaulliste, il suffit de lire tous mes discours ou mes écrits pour le comprendre. A l'inverse, je n'ai jamais rejeté les patriotes qui ont pu s'engager dans l'impasse du Front national.
Je crois à la nation, à la république, à l'Etat, à la liberté, à l'égalité, à la fraternité. Seraient-ce des valeurs d'extrême droite ?
GUITOU : Etre gaulliste, c'est quoi en 2008 ? Etes-vous un gaulliste de "gauche" ou un gaulliste de "droite" ?
Nicolas Dupont-Aignan : Ni l'un ni l'autre. Le principe même du gaullisme, c'est d'être au-dessus des partis !
Plus précisément, être socialiste aujourd'hui, pourriez-vous dire, c'est quoi ? dans la mesure où le socialisme date de 1900 et même d'avant. Il y a toujours eu des courants de pensée dans notre histoire. Le socialisme de 2008 n'est pas celui de 1905. Le gaullisme de 2008 n'est pas celui de 1958.
Pour autant, il y a des continuités historiques qui structurent notre sensibilité nationale, et même internationale, car entre nous, sans polémique aucune, croyez-vous que les peuples de la Terre préfèrent Nicolas Sarkozy en goguette chez George Bush ou le général de Gaulle demandant à Phnom Penh, à Québec ou à Mexico, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?
Ce qui me fait le plus de peine aujourd'hui pour mon pays, c'est de voir la droite française prisonnière d'un petit clan anglo-saxon conservateur, ultralibéral, alors même que le général de Gaulle avait su rompre avec le pire de la droite.
En conclusion, je comprends bien que ma position politique puisse surprendre les uns et les autres. Mais je crois que dans ce désarroi général, au moment où beaucoup de Français se demandent si vraiment la politique sert à quelque chose, qu'il y a besoin dans notre pays d'hommes libres (je ne suis d'ailleurs pas le seul), de structures politiques indépendantes et de discours sans langue de bois.
Je sais bien que ma tâche est difficile, mais le nombre de témoignages de soutien qui, depuis un certain temps, m'arrive prouve que malgré une certaine omerta médiatique mes idées font leur chemin. Il reste bien sûr à muscler mon parti, c'est pourquoi j'invite toutes celles et tous ceux qui partagent mon idéal à m'aider.
Source: LeMonde.fr
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