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Les bons chiffres de la croissance annoncés ce matin ont surpris, y compris les économistes. Voici les réactions de Nicolas Bouzou (Asterès), Marc Touati (Global Equities), et Alexander Law (Xerfi). Malgré l'annonce par l'Insee jeudi d'une croissance du PIB de la France de 0,6% au premier trimestre 2008 et de 2,1% sur l'ensemble de 2007, ils restent globalement pessimistes pour l'économie française.
| Nicolas Bouzou : "Un changement de moteur" |
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C'est clairement un bon chiffre. Ce chiffre constitue également un signal encourageant de par sa composition. Déjà, la contribution des stocks est nulle. La croissance n'a donc pas été tirée par un effet technique et temporaire de restockage. Mais le phénomène le plus notable tient au changement de moteur de l'activité. En effet, ces dernières années, l'économie française s'était reposée sur le couple consommation/investissement/logement, alors que la contribution des entreprises (investissement/exportations) avait eu tendance à tirer la croissance vers le bas. La configuration est désormais inverse. Deux commentaires pour nuancer toutefois. Le premier est lié aux effets de la politique économique menée depuis mai dernier. Disons le clairement: ils sont difficilement visibles. La défiscalisation des heures supplémentaires n'a pas empêché la consommation des ménages de freiner fortement. Même chose pour la trentaine de mesures prises en faveur du pouvoir d'achat mises régulièrement en avant pour le gouvernement. La seule chose véritablement visible, c'est le creusement du déficit public. Autrement dit, le gouvernement se réjouit de bons chiffres dont pas grand-chose de tangible ne montre qu'ils puissent être mis à son crédit. Deuxième commentaire: il est clair que les données mensuelles dont nous disposons sur l'industrie, le commerce extérieur et les achats des ménages suggèrent que la croissance du PIB sera faible au deuxième timestre.
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| Marc Touati : "Ça ne va pas durer" |
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L'embellie du premier trimestre ne va pas durer. Même si la première estimation de la croissance du premier trimestre est supérieure aux attentes, la tendance au ralentissement de la croissance française n'est pas remise en cause. La croissance hexagonale se dirige doucement mais sûrement vers la barre des 1,5% qu'elle devrait d'ailleurs rapidement enfoncer. Et le plus dur reste à venir. En effet, jusqu'à présent, l'économie française a pu bénéficier d'une bonne résistance de l'investissement des entreprises et de la consommation. Mais des résultats beaucoup moins favorables devraient être enregistrés dans les prochains trimestres. C'est du moins ce qu'indiquent les dernières enquêtes de l'INSEE auprès des ménages, mais aussi des chefs d'entreprise tant dans l'industrie que dans les services. Dans ce cadre, une croissance de plus en plus proche de zéro devrait être observée au cours des trois derniers trimestres 2008. Cela signifie qu'en dépit d'un premier trimestre correct, la croissance du PIB devrait avoisiner les 1,4% en moyenne sur l'année 2008.
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| Alexander Law : "Un miroir déformant" |
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Voilà un chiffre bien flatteur pour l'économie française. La croissance économique est ressortie à 0,6% au premier trimestre, ce qui correspond à un glissement annuel de 2,2%. Le tout avec une contribution nulle des stocks. Mieux encore, en rythme annualisé, la hausse du PIB ressort à 2,6%, loin, très loin devant le 0,6% enregistré aux Etats-Unis ou le 1,2% espagnol. De plus, la croissance 2007 a été revue à la hausse à 2,1% (le chiffre grimpe même de 0,1 point si l'on fait abstraction de la correction des jours ouvrables). Il n'en faudrait pas plus pour en conclure que l'économie de la France est sacrément résistante et immunisée contre la crise. Hélas, loin de nous rassurer complètement, les comptes du premier trimestre servent plutôt de miroir déformant de la réalité économique française. Les ménages, qui sont pourtant traditionnellement le moteur le plus robuste de notre croissance sont en train de lâcher prise. La dégradation à la vitesse grand V de leur moral, le moindre recours au crédit à la consommation, le pic d'inflation, la perte de vitesse du marché du travail: tous les éléments sont réunis pour freiner la consommation cette année.
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Source: LCI.fr
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