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PARIS (AFP) — Les avocats des principaux mis en examen et parties civiles dans l'affaire Clearstream dénoncent l'orientation politique prise par l'enquête judiciaire, focalisée, selon eux, sur l'affrontement entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy.
Les juges, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, ont clos, le 22 février, leur enquête sur cette affaire de dénonciation calomnieuse pour laquelle cinq personnes sont mises en examen et une trentaine d'autres sont parties civiles.
Les acteurs du dossier disposaient de trois mois pour demander des actes complémentaires aux magistrats. Ce délai expire lundi. La balle sera ensuite dans le camp du parquet qui prendra ses réquisitions avant que les juges ne se prononcent sur d'éventuels renvois en correctionnelle.
Des demandes d'actes ont déjà été formulées mais toutes ont été rejetées par les magistrats. Au moins deux avocats vont faire appel.
"L'instruction n'a pas recherché la manifestation de la vérité mais la pure et simple confirmation d'une thèse dont la validité, admise en tant que postulat de départ, ne fut jamais soumise au doute, ni remise en cause", ont dénoncé, dans un mémoire adressé lundi aux juges, les avocats de M. de Villepin, mis en examen dans ce dossier.
Mes Olivier d'Antin et Luc Brossollet leur reprochent d'avoir "emboîté le pas aux médias" en faisant leur "l'hypothèse d'un complot destiné à nuire à l'actuel président de la République". Ils ont cependant décidé de ne pas demander d'actes qui pourraient être "interprétés comme une tentative dilatoire d'échapper au débat judiciaire".
"L'instruction s'est focalisée sur l'affrontement Villepin-Sarkozy", déplore lui aussi Me Jean-Marc Fedida, avocat d'Alain Madelin, l'un des politiques dont le nom apparaissait sur les faux listings et qui s'est constitué partie civile.
"Depuis le premier jour, nous dénonçons une privatisation du dossier par la guerre entre Villepin et Sarkozy, toute autre victime n'ayant eu qu'à se retirer sur la pointe des pieds", remarque Me Jean-Pierre Mignard, avocat du journaliste Edwy Plenel, également cité par le "corbeau". Il a renoncé aussi à faire des demandes d'actes.
Me Michel Zaoui, avocat du journaliste Denis Robert, mis en examen, a suivi un raisonnement similaire: "Denis Robert a enquêté sur la chambre de compensation Clearstream mais il n'a absolument rien à voir avec le volet politique de l'affaire".
Le général Philipe Rondot, témoin assisté, ne formulera pas lui non plus de demande, selon son avocat, Me Eric Morain.
Si tous partagent la même analyse sur l'orientation politique de cette instruction, certains acteurs n'ont pas renoncé à obtenir de nouvelles investigations.
Me Paul-Albert Iweins, avocat de Jean-Louis Gergorin, qui a reconnu être le "corbeau", a formulé trois demandes d'actes, toutes rejetées.
L'une d'elles visait à obtenir une confrontation entre Yves Bertrand, ancien directeur des Renseignements généraux, et l'ex-commissaire Brigitte Henri pour éclairer le rôle éventuel des RG dans cette affaire.
Une autre demande, également formulées par l'avocat d'Imad Lahoud, considéré comme le falsificateur des listings, et par celui de Florian Bourges, autre mis en examen, concernait l'audition d'un consultant.
Ce dernier avait assuré aux policiers, selon Le Figaro, avoir communiqué à M. Gergorin un nom volontairement mal orthographié qu'il a retrouvé par la suite dans les listings, un élément susceptible de porter un nouvel éclairage sur leur falsification.
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