En deux jours, deux secrétaires d'Etat, un ministre, le chef de la majorité et le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale sont venus se recueillir au chevet d'une vieille dame de 87 ans, la carte famille nombreuse de la SNCF. Pour un résultat décevant : la cacophonie entre ces personnalités a été telle que personne ne semble en mesure de dire ce qu'il adviendra de la carte de réductions pour les voyages en train des familles.
Tout commence vendredi dernier quand le gouvernement annonce dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), qu'il n'assumerait plus le financement de la carte SNCF. Grâce à cette mesure, qui passe alors totalement inaperçue, l'Etat compte économiser 70 millions d'euros. Mais le gouvernement a déclenché une bombe à retardement.
Morano, Borloo, Copé, Ollier, Bussereau, Re-Busserau...
C'est ce qu'il découvre lorsque associations familiales et syndicats viennent tout à tour s'élever contre la fin d'une institution (Voir notre article) et dénoncent, en pleine polémique sur le pouvoir d'achat des plus modestes, la perte d'un acquis social. L'opposition s'empare du sujet et, désordre supplémentaire, la SNCF déclare ne pas avoir été prévenue de la mesure et "ne rien avoir encore dans les cartons" tout en promettant de "se mettre au travail".
Chacun cherche donc à refermer la boite de Pandore. La première, la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, précise mercredi que le gouvernement "ne supprime pas la carte famille nombreuse", et demande officiellement à la SNCF de "proposer des produits commerciaux à destination des familles". Cela ne rassure personne et la polémique enfle. Jeudi matin, pour calmer les esprits, Jean-Louis Borloo promet donc qu'"en aucun cas les avantages des familles nombreuses ne seront réduits". Le ministre de l'Ecologie ajoute que "peu importe" celui qui finance la carte, car "il ne vous a pas échappé que la SNCF était possédée par l'Etat".
La carte va "certainement disparaître"
Peine perdue, jeudi midi, le secrétaire d'Etat aux Transports, admet que la carte famille nombreuse va "certainement disparaître". La déclaration relance l'inquiétude et la polémique même si Dominique Bussereau annonce en même temps avoir "demandé à la SNCF de trouver un instrument comparable mais qui soit plus juste socialement".
Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, vient donc jouer à son tour le pompier. Il assure jeudi que "les familles nombreuses n'ont pas à s'inquiéter", leur carte spécifique SNCF étant simplement remplacée par une "offre commerciale" aux "avantages identiques".
Tout ça pour un retour à la case départ? Enième épisode du feuilleton, Dominique Bussereau revient à la charge jeudi après-midi avec un communiqué qui n'éclaircit pas les choses, bien au contraire : "La carte sous sa forme actuelle va évoluer : ce que souhaite le gouvernement c'est que la SNCF mette au point une nouvelle formule plus juste économiquement et socialement, et que cela ne soit plus un effort financier de l'Etat". Alors, avantages identiques ou non? La majorité doit encore se mettre d'accord.
LCI.fr
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