
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a épinglé mercredi "l'hystérie qui caractérise le traitement" de l'affaire de la fraude à la Société Générale, avançant que la démission de son PDG Daniel Bouton relevait de "la responsabilité" de son conseil d'administration.
"Cette affaire est révélatrice d'une crise générale de notre société très profonde, on le voit à travers la crise financière dans le traitement de cette crise: il y a une sorte d'hystérie", a estimé Dominique de Villepin sur Europe-1.
"Recherche de boucs émissaires: on commence par vouloir pendre ce jeune trader, et puis maintenant c'est au tour de la banque et au tour du président de la banque", a-t-il déploré. "Je crois qu'on ne prend pas dans nos sociétés suffisamment le temps du diagnostic. De quoi parle-t-on? (...) Une fois qu'on a identifié la difficulté, que chacun prenne ses responsabilité".
L'ancien Premier ministre a rappelé qu'"il y a un conseil d'administration de cette banque qui a pris cette responsabilité en reconduisant M. Bouton" après une première proposition de démission. "Est-ce qu'elle continuera à le faire dans les prochaines semaines, c'est sa responsabilité et la responsabilité ne se divise pas".
"La crise est forcément salutaire parce qu'il n'y a que dans ces moments-là qu'on réfléchit. Face à ces complexités, nos sociétés ont intérêt à inventer des systèmes raisonnables qui puissent être des garde-fous", a noté l'ancien chef du gouvernement.
Et de noter que "ce jeune homme" le trader à l'origine de la fraude, "ne prenait pas de vacances". "Quand on ne prend pas de vacances pour respirer, votre vie est envahie, débordée, et vous faites des bêtises". AP
Source: LaTribune.fr
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