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Déguisée en Père Noël de supermarché, Claudia picole pour oublier. «Moi qui voulais te féliciter pour tous tes supercontrats avec Kadhafi et les Chinois, pour ton combat pour les droits de l'homme et les SDF... Moi qui voulais me marier avec toi !» Mais voilà, la place de future première dame est déjà prise. «C'est toujours les mêmes qui vivent les contes de fées people», pleurniche-t-elle. Avant de lâcher, vengeresse : «Je m'en fous, je vais me taper François Villon et je l'inviterai au Parc Astérix, aah !» Fin du sketch de deux minutes qui fait un tabac sur les sites vidéo. On rit et on se le repasse... Les concepteurs de la série «A la recherche de la première dame de France» (1), casting de prétendantes faussement naïves incarnées avec peps par la comédienne Emilie Piponnier, ont fait mouche. «En traitant de l'actualité, nous voulions nous faire connaître et dénoncer sans prêchi-prêcha la mise en scène de Sarko», résume Virgile Pons, auteur des sketchs et cofondateur de Labo 75, une start-up spécialisée dans la production de programmes courts. Sur la Toile, le Sarko show inspire les facétieux, les vanneurs, les rigolos de tout poil. Caricatures, sketchs, photomontages... la satire court plus vite que les paparazzis. Il suffit d'écouter les deux inénarrables créateurs de «la Chanson du dimanche» vocaliser sur «Rachida et Nicolas» ou se trémousser sur «la Marulanda» («Je ne sais pas danser, je ne sais pas chanter, je suis décomplexé, j'ai ma carte de l'UMP») pour comprendre que la contestation par les zygoma- tiques est plus revigorante qu'un discours de François Hollande...
La résistance par le rire ? Guy Bedos, grognard de l'humour engagé, y voit un geste civique : «Sarkozy tient la France comme Bernard Tapie, son nouveau groupie, tenait l'OM : il rachète tous les joueurs de l'équipe adverse. Moi-même, il a essayé de m'avoir. Il m'a proposé un haut-commissariat d'Etat à l'Humour ! Avec Bigeard et Clavier comme chefs de cabinet. Je cours encore !», s'esclaffe-t-il. Le prix Goncourt, Patrick Rambaud, vient, lui, d'écrire un hilarant pastiche de Saint-Simon («Chronique du règne de Nicolas Ier», voir p. 18) : «Un acte thérapeuttique, pour soigner ma déprime depuis la présidentielle. Comme Noah, je déteste tout chez Sarko : sa politique, son style, sa vulgarité, sa brutalité...» Dans la nouvelle génération, la charge est menée par Christophe Alévêque, de la bande à Ruquier (France 2) , qui a fondé l'improbable Mouvement des Mille Colombes, une chorale potache qui reprend la chanson de Mireille Mathieu, «hymne de la droite décomplexée» depuis le kitchissime concert de la Concorde du 6 mai 2007. «Dans mon spectacle, je ne prononce jamais le nom du président. Je l'appelle Zébulon, car c'est un agité dangereux qui joue avec les peurs des Français et non un homme d'action, explique Alévêque. Il se prend pour Superman alors que c'est un mec ordinaire, le vrai fils de Chirac, qui dit tout et son contraire. Mais aussi un comédien qui s'adresse aux journalistes comme à des enfants !».
(1)lanouvellepremieredame.blogzoom.fr
Sylvain Courage Le Nouvel Observateur
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