Il venait d'être à nouveau désigné comme «le Français préféré des Français». On aurait pu s'attendre à ce qu'il tienne un discours consensuel, qu'il mette un peu de miel sur sa sarkophobie. Il a remis trois louches de fiel ! Yannick Noah est un anti-Sarko épidermique. Il avait annoncé pendant la campagne : «Si Sarkozy est élu, je me casse.» Il ne s'est pas «cassé», mais «casse» le nouveau président à la moindre occasion. Extrait de son interview au «JDD», qui venait de le couronner, le 23 décembre dernier : «Tout me choque [chez lui] ! L'attitude, le ton, l'arrogance me choquent. Le déballage de rigueur, le cynisme me choquent. La désinformation me choque. Tout me choque.» S'il est viscéral, le discours de Noah n'en est pas moins articulé. Témoin, cette mise en exergue du peu de résultats à mettre au crédit du chef de l'Etat depuis son élection : «Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui m'ait dit ce qu'il avait vraiment fait ! Qu'est-ce qu'il y a eu à part un brouhaha et de la godille ? Quels problèmes ont été réglés ? C'est le roi avec sa cour, et tous les courtisans se mettent à genoux.» Sans surprise, on retrouve sur la ligne Noah un grand nombre de blacks et de beurs. Lilian Thuram, le premier, avait montré la voie du temps où Sarkozy était ministre de l'Intérieur. «Quand il parle de nettoyer au Kàrcher, il ne sait peut-être pas ce qu'il dit, Sarkozy. Moi, je le prends pour moi», avait expliqué le défenseur du FC Barcelone. Le rappeur Joey Starr lui a emboîté le pas : «J'ai trouvé déplorable qu'un homme politique tienne un langage de concierge, contribue à mettre le pays à feu et à sang, et ne s'excuse pas.» Mais nombreux sont les anti-Sarko épidermiques qui appartiennent à la majorité visible. Anémone : «Ce type me fait peur. Son discours est désespérant, bête et démagogique.» Patrick Timsit : «Sarkozy va faire un incendie dans les banlieues. » Eric Cantona : «Napoléon, c'est un géant qui était petit. Aujourd'hui, il est remplacé par le Pen avec un masque : Sarkozy.» La plupart de ces people ont dénoncé l'amendement Mariani instaurant des tests ADN pour les enfants d'étrangers candidats à l'immigration en France. Dans ce combat, les femmes ont été en pointe, en particulier Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Emmanuelle Béart et une certaine ... Carla Bruni.
Hervé Algalarrondo Le Nouvel Observateur
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