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PARIS (AFP) — L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a donné raison vendredi à son successeur François Fillon d'avoir "marqué son territoire", ajoutant que Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement avaient "intérêt à s'entendre". M. de Villepin a estimé sur BFM qu'il existait "malgré tout un rapport de force" entre l'Elysée et Matignon. Il a pointé "un risque permanent" pour tout Premier ministre, que "l'Elysée attire à lui toutes les décisions et que les ministres se détournent de Matignon". Or, selon lui, "quand les ministres se détournent de Matignon, le Premier ministre ne peut pas jouer son rôle de coordinateur de l'action gouvernementale". MM. Sarkozy et Fillon "ont intérêt à s'entendre, ils sont complémentaires", a-t-il dit. Interrogé sur le rôle de secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, M. de Villepin, qui occupa cette fonction pendant le premier mandat de Jacques Chirac, a qualifié de "bévue journalistique" la prétendue puissance de M. Guéant. "Le secrétaire général est une émanation du président de la République, il est au service du président de la République, il est son conseiller, son collaborateur. En aucun cas, il n'a la légitimité pour peser dans la décision". Dans un entretien à Paris-Match, François Fillon s'était dit "agacé" de certains propos de Nicolas Sarkozy, en particulier de l'emploi du mot "collaborateur" à son égard. Par ailleurs, Dominique de Villepin a adressé vendredi une lettre à Nicolas Sarkozy contestant qu'une quelconque campagne le visant ait été menée par le biais de l'enquête sur l'affaire Clearstream et lui suggère de fournir au juge des éléments prouvant le contraire. "Le dossier d'instruction ne comporte aucun élément de mise en cause de votre personne ni sur le plan médiatique ni sur le plan judiciaire", a-t-il écrit dans cette lettre que l'AFP a pu consulter. L'ancien Premier ministre, mis en examen depuis le 27 juillet pour "complicité de dénonciation calomnieuse" dans ce dossier, a adressé ce courrier M. Sarkozy au lendemain de déclarations de ce dernier se plaignant d'avoir été "sali". "J'ai noté l'insistance avec laquelle vous avez fait valoir combien votre nom avait été +sali+ et qu'il avait fallu que vous +démontriez à la justice+ de votre pays que vous n'aviez pas de compte" chez Clearstream (chambre de compensation financière luxembourgeoise, ndlr). "Que je sache, les commissions rogatoires lancées par le juge Van Ruymbeke (pour vérifier la réalité de l'existence de ce compte, ndlr), correspondent à un travail de vérification confidentiel pour lequel vous n'avez été à aucun moment sollicité", écrit-il encore. "Mais peut-être que tous les éléments ne figurent pas au dossier des juges d'Huy et Pons (magistrats saisis de l'affaire de dénonciation calomnieuse dans ce dossier, ndlr) et dans ce cas, je suis certain que vous ne manquerez pas de les leur faire parvenir", écrit-il encore.
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