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PARIS (AFP) - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été mis en examen vendredi par les juges de l'affaire Clearstream notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", avec interdiction de rencontrer les principaux protagonistes du dossier dont Jacques Chirac.
g(16824244)a(1317445)) L'ancien Premier ministre a nié avoir participé à une "quelconque manoeuvre politique", annonçant qu'il faisait appel du contrôle judiciaire qui lui impose en outre une caution de 200.000 euros. M. de Villepin, arrivé à 09H40 au pôle financier, de retour de vacances en Polynésie française, est resté moins d'une heure au pôle financier, refusant de répondre aux questions des magistrats dans l'attente de "prendre connaissance du dossier". Ceux-ci l'ont mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Ils l'ont placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de rencontrer Jacques Chirac, ainsi que les principales personnes mises en cause. M. de Villepin est toutefois autorisé à se déplacer librement. A sa sortie, M. de Villepin a affirmé qu'"à aucun moment", il "n'avait demandé d'enquête sur des personnalités politiques" ni "participé à une quelconque manoeuvre politique", ayant agi "pour faire face à des menaces internationales" et de nature "économique". "C'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre", a-t-il dit, ajoutant: "Je ne vous cache pas que ces mises en cause sont douloureuses pour moi et pour ma famille mais je me battrai pour que dans le cadre de l'instruction, la vérité puisse enfin apparaître". Il est soupçonné d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier depuis janvier 2006. Le nom de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, est mentionné dans des listings de l'organisme financier Clearstream. Un "corbeau" les avait envoyés anonymement au juge Renaud van Ruymbeke en 2004, accompagnés de lettres. De nombreuses personnalités y étaient accusées d'avoir perçu des pots-de-vin sur la vente de frégates à Taïwan en 1991. Le magistrat a démontré que ces documents avaient été trafiqués. La publication en mai 2006 de premières notes du général Philippe Rondot, témoin capital qui a tout consigné dans des fiches personnelles, suggérait déjà une implication de Dominique de Villepin mais aussi de Jacques Chirac: "Si nous apparaissons, le PR (président) et moi, nous sautons", aurait notamment dit M. de Villepin au militaire. En visite à Libreville, le président Sarkozy n'a eu aucun commentaire, tout comme le successeur de M. de Villepin, François Fillon, en déplacement à Madrid. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a souhaité "que la justice puisse le plus rapidement possible donner le fin mot" de l'affaire. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a jugé que M. de Villepin devait bénéficier de "la présomption d'innocence". Dominique de Villepin avait déjà été entendu 17 heures en décembre 2006. Il avait alors écarté toute responsabilité. Mais la révélation fin juin de notes informatiques inédites du général Rondot, qui pensait les avoir effacées, a relancé l'affaire. Jean-Louis Gergorin - ex-vice-président d'EADS et ami de M. de Villepin - qui avait reconnu en mai 2006 être l'expéditeur des courriers anonymes, a affirmé aux juges la semaine dernière que c'est bien à la demande de celui-ci qu'il avait décidé de "saisir" un juge, et ce sur "instruction" de Jacques Chirac. L'interdiction faite à M. de Villepin de le rencontrer, souligne son implication potentielle dans le dossier même si l'ancien chef de l'Etat a déjà fait savoir qu'il ne pourrait répondre à une convocation des juges, arguant de l'immunité liée à sa fonction présidentielle. M. Gergorin a cependant certifié que M. de Villepin avait cru, comme lui-même, à l'authenticité des listings. La position de M. de Villepin qui dit avoir agi en tant que ministre est d'importance car seule la Cour de justice de la République (CJR) CJR peut juger les anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions.
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