|

PARIS (Reuters) - La droite est aujourd'hui la seule capable "d'apporter des réponses nouvelles, inventives et efficaces", estime Dominique de Villepin, qui souhaite que Nicolas Sarkozy et son gouvernement "ne perdent pas un seul jour dans l'action au service de nos compatriotes". "Pour la première fois depuis trente ans, les Français ont choisi de reconduire une majorité politique sur la base d'un bilan concret et visible", a souligné le Premier ministre lors d'une rencontre avec la presse au cours de laquelle il a dressé le bilan de son action à Matignon depuis juin 2005. "C'est une chance pour notre pays, qui va poursuivre son effort de modernisation sans retour inutile en arrière, sans remise en cause des progrès accomplis", a-t-il ajouté. "La victoire de Nicolas Sarkozy nous offre la possibilité d'accélérer la modernisation de notre pays qui a été menée depuis cinq ans sous la conduite de Jacques Chirac", a-t-il réaffirmé, tout en réservant son jugement sur la manière dont le président-élu exercera son mandat. "L'exercice du pouvoir n'est pas la conquête du pouvoir", a-t-il confié à des journalistes. "Il n'a pas commencé, nous verrons, je ne préjuge pas". "Je pense que nous sommes aujourd'hui les seuls capables d'apporter des réponses nouvelles, inventives et efficaces" dans "des champs d'action qui ne sont pas traditionnellement ceux de famille politique", a affirmé Dominique de Villepin . "La lutte contre les discriminations, la réforme de l'éducation prioritaire, la situation des quartiers sensibles, le logement social sont autant de questions sur lesquelles j'ai voulu mettre l'accent parce que je suis convaincu qu'elles ne doivent pas être réservées à la gauche", a-t-il dit. PASSER A LA VITESSE SUPÉRIEURE Les Français, a-t-il jugé, "entendent que nous nous attaquions aux blocages les plus profonds de société". "C'est ce que j'ai voulu faire en proposant le CPE pour remédier au chômage des jeunes les moins qualifiés", a poursuivi Dominique de Villepin, qui a une nouvelle fois défendu son projet avorté de contrat première embauche. "C'était, et cela reste à mes yeux, un chantier essentiel qui ne doit pas être sans cesse remis à plus tard. C'est vrai, j'ai voulu aller vite, peut-être trop vite", a-t-il concédé dans une dernière autocritique. "Aller vite", c'est le conseil que prodigue toutefois le Premier ministre sortant à Nicolas Sarkozy et à son successeur à Matignon. "Les Français espèrent, ont besoin que l'on passe à une vitesse supérieure", expliquait-il à des journalistes. Ainsi Dominique de Villepin a-t-il souhaité organiser "une véritable transmission républicaine" pour "faciliter la tâche" des nouveaux arrivants. "Un état des lieux précis de l'action accomplie, des réformes en cours, et des priorités pour la nation" sera à leur disposition. Ils disposeront "également de toute l'information nécessaire sur les grands dossiers industriels qui intéressent particulièrement les Français". Nicolas Sarkozy, qui entrera en fonction le 16 mai, est par ailleurs tenu informé "depuis plusieurs jours" des réunions quotidiennes à Matignon concernant la situation de l'otage français prisonnier en Afghanistan. Dominique de Villepin a précisé avoir eu au téléphone François Fillon, pressenti pour lui succéder. Un chef de gouvernement doit faire montre de "persévérance, de continuité dans l'action, de beaucoup de prévoyance", a-t-il noté. Il a indiqué qu'il présenterait sa démission à Jacques Chirac "quelques heures avant" la passation de pouvoirs entre le président sortant et son successeur.
|