
NEW YORK (AFP) - Quatre ans après son discours resté célèbre contre la guerre en Irak, Dominique de Villepin devait retrouver jeudi les Nations unies pour une rencontre avec le nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Arrivé mercredi soir à New York, le Premier ministre français devait rencontrer en fin de matinée le successeur de Kofi Annan pour faire le point sur le déploiement des forces françaises de maintien de la paix, notamment en Côte d'Ivoire, en Afghanistan et au Liban. Depuis ce jour de février 2003 où, alors chef de la diplomatie, il a porté le "non" de la France à l'intervention militaire américaine contre le régime de Saddam Hussein, M. de Villepin s'est certes à nouveau rendu dans l'enceinte des Nations unies, en septembre 2005, mais il y représentait alors le président Jacques Chirac, en convalescence après son accident vasculaire cérébral. "Nous avons des milliers de soldats qui sont présents dans les forces de maintien de la paix à travers le monde. Le président (Chirac) m'a demandé d'aller à New York pour faire le point sur ces engagements et voir quelles sont les perspectives pour la France", a déclaré lundi M. de Villepin qui entend présenter au prochain gouvernement issu des élections d'avril-mai "la situation la meilleure". Il entend ainsi transmettre à Ban Ki-moon le souhait de Paris que "les premières étapes" sur le retrait des troupes françaises de Côte d'Ivoire puissent avoir été définies avant le passage de témoin de mai. Actuellement, 3.500 soldats français de l'Opération Licorne stationnent dans le pays avec 7.800 Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) pour empêcher une reprise des affrontements entre le camp du président Laurent Gbagbo et la rébellion. L'accord de paix conclu le 4 mars entre M. Gbagbo et le chef rebelle Guillaume Soro prévoit notamment la formation d'un nouveau gouvernement et un retrait graduel des forces internationales. La France compte aussi quelque 1.600 hommes au Liban sud dans le cadre de la force de l'Onu renforcée. Par ailleurs, Paris a retiré en janvier la plupart des 220 hommes de ses forces spéciales en Afghanistan mais déploie actuellement quelque 1.100 hommes dans la région de Kaboul, sous commandement français jusqu'à début avril. Un accroissement du nombre de ces troupes en Afghanistan "n'est pas d'actualité", la France ne voulant pas se "faire entraîner" dans une "augmentation massive de l'action militaire" dans le pays, a récemment déclaré le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy. M. de Villepin -un diplomate de formation qui ne cache pas son appétit pour les questions internationales au point que certains proches lui prêtent l'intention de créer une fondation internationale ou autre centre de réflexion après la présidentielle- devait également rencontrer dans l'après-midi l'ancien président américain Bill Clinton, reconverti dans l'aide au développement. Il devait ensuite accorder un entretien pour l'émission télévisée de Charlie Rose, un animateur américain respecté et réputé francophile. Le Premier ministre, qui ne se rendra pas à Washington et n'aura donc pas de contact avec les autorités américaines, est attendu vendredi dans la prestigieuse université Harvard, près de Boston (Massachusetts, nord-est), pour participer à une conférence-débat sur le thème "Les Etats-Unis et la France face à un ordre mondial en mutation".
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