
PARIS (Reuters) - "Il ne s'agit pas de baisser les bras, il s'agit de continuer": Dominique de Villepin a affiché son soutien au monde agricole dans un message volontariste à la résonance toute personnelle en cette fin de mandat à Matignon. Le Premier ministre a sacrifié à la visite rituelle du Salon de l'Agriculture, un parcours au pas de course de deux heures trente entre robustes Charolaises, pommes sucrées et biocarburants. En 2006, le chef du gouvernement s'était attardé quatre heures sur les stands. Circulant dans une relative indifférence, Dominique de Villepin a fait halte sur le stand de la race saosnoise, flattant le museau d'un taureau de 1.045 kilos, âgé de deux ans et baptisé..."Varenne". Un résumé impromptu de la "mission" engagée en juin 2005 par le Premier ministre rue de Varenne. "Dégustez de la viande, ça donne des ailes", lance au micro un animateur rieur à l'adresse de Dominique de Villepin. Celui-ci savoure du chevrotin de Savoie, goûte du boeuf sur le stand de la Normandie, avale un verre de lait. La Chorale gourmande de Bayeux gratifie le chef du gouvernement d'un hymne au cochon du cru : "Dans tout le pays, y'a pas plus fameux!" Dominique de Villepin, qui avait chargé l'an dernier une chevrette noire sur ses épaules, récidive avec un agneau blanc, qu'il prend dans ses bras sous les objectifs des photographes et cameramen. Sur le plateau de la chaîne de télévision Public Sénat, il vante "la meilleure agriculture du monde". "La vie est un combat. Dans ce combat que nous menons en faveur de l'agriculture depuis des décennies, il ne s'agit pas de baisser les bras, il s'agit de continuer", souligne-t-il, rappelant que l'agriculture représente 15% des emplois en France. MESSAGE CLAIR "On doit avoir conscience qu'on a de l'or au bout des doigts", poursuit-il, appelant à ne pas "brader" l'agriculture française à l'heure où les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppent sur le volet agricole. Après le virulent rappel à l'ordre de Jacques Chirac au commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, Dominique de Villepin joue l'apaisement, assurant que la France n'entend pas "bloquer" les négociations mais "ramener un peu de bon sens" dans les discussions. Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), demande "fermeté" et "vigilance" dans le cycle de Doha. "Nous savons que la moindre avancée consentie par M. Mandelson sera une concession sur le dos de l'agriculture", insiste-t-il. "Le message est clair", lui répond le Premier ministre, convié sur le stand de la FNSEA pour un bref échange autour de tranches de saucisson et d'un verre de Beaujolais. Luc Guyau, président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture, offre à Dominique de Villepin un guide d'agritourisme "Bienvenue à la ferme". "Si vous avez quelque temps pour aller à la campagne...", lui dit-il. Les appareils-photo, les portables se dressent dans la mêlée pour immortaliser la dernière visite du Premier ministre. "Les Premiers ministres, ça va, ça vient", lâche un badaud d'un ton désabusé.
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