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PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin s'est de nouveau montré mardi plus ambitieux que l'UMP en matière de réduction du ratio de la dette publique par rapport au PIB.
"Nous sommes aujourd'hui à 64% de dette publique, nous pouvons être à 60% en 2010 et viser 55% en 2012", a déclaré le Premier ministre lors de ses voeux à la presse.
Dans son projet législatif, l'UMP retient l'objectif d'un retour de la dette publique à 60% à l'horizon 2012, c'est-à-dire à la fin de la prochaine législature.
Si Dominique de Villepin s'est résigné, du moins en apparence, à ne plus être dans la course à l'Elysée, il n'en a pas moins réaffirmé son ambition d'une "croissance sociale".
"La croissance sociale, c'est une volonté, mieux partager les résultats de nos efforts", a-t-il dit.
Il a rappelé qu'il tiendrait dans quelques semaines une "conférence sur la croissance" qui "servira à identifier les verrous à faire sauter pour passer d'un chiffre de 2% (de croissance du PIB par an) à un chiffre de 3%".
Cette conférence devra aussi réfléchir "aux moyens de tirer les salaires vers le haut sans affecter la compétitivité (des) entreprises", a-t-il dit.
Dominique de Villepin a réaffirmé que la "nouvelle frontière", en matière d'emploi, devait être de ramener le taux de chômage à 6% de la population active.
Un objectif, pour le coup, un peu moins ambitieux que celui affiché par l'UMP et son candidat à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy : ramener le taux de chômage à 5% sur la durée de la législature.
DROITS ET DEVOIRS
"Pour passer de 8% de chômeurs à 6%, il ne suffira pas d'attendre, ça ne sera pas un phénomène mécanique", a expliqué Dominique de Villepin lors d'un aparté avec des journalistes.
"On va se heurter à un moment donné à une situation dure. Ça n'a pas été facile d'arriver à cette perspective autour de 8%. Mais pour aller au-delà, il faudra s'attaquer vraiment à des problèmes structurels et fondamentaux, à des blocages lourds, à des verrous dans la société française", a-t-il ajouté. "Et cette réflexion-là, il faut l'engager dès maintenant."
Les réponses à apporter doivent concerner en particulier les salariés sans qualification, les chômeurs de longue durée et les jeunes", a-t-il précisé.
Il a évoqué plusieurs pistes dans son discours : mise en place d'un "service public de l'emploi unique", ouverture dès le quatrième mois de chômage au lieu du sixième du droit à l'assurance-chômage pour "tenir compte des contrats courts", redéfinition du plafonnement des allocations pour inciter à un retour plus rapide à l'emploi, etc.
Dominique de Villepin a, par ailleurs, plaidé pour un élargissement et une amélioration du "contrat nouvelles embauches", destiné aux entreprises de moins de 20 salariés et dont le "contrat première embauche", auquel il a dû renoncer sous la pression de la rue, aurait dû être le prolongement.
Il a proposé l'instauration d'une année de formation gratuite "pour tous ceux qui n'ont pas un niveau de qualification suffisant" et souhaité la division par trois, d'ici 2012, du nombre de jeunes sortant du système scolaire sans diplôme ni qualification.
Il a prôné, comme Nicolas Sarkozy, une réforme en profondeur des universités et des grandes écoles et jugé nécessaire, de même que le candidat de l'UMP, de "faire respecter l'équilibre entre les droits et les devoirs de chacun".
"L'accompagnement personnalisé des chômeurs suppose une recherche active de l'emploi, l'attribution d'un logement social pour une famille de quatre personnes suppose de le rendre lorsqu'on n'est plus que deux, le versement du RMI suppose de travailler à sa réinsertion", a-t-il dit.
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