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La route sera longue et parsemée d'embûches mais finalement nous pourrons conclure par ceci: "Tout vient à point à qui sait attendre..." Laetimeg

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31/01/2008 19:17
Sortie en librairie "Hôtel de l'Insomnie" (0 commentaire)

Sortie évènement du nouveau livre

de

hotel de l'insomnie.bmp

 

Actuellement en librairie

 

Le journal littéraire d'un Premier ministre insomniaque tenu pendant deux ans à Matignon.

"Voici pour moi le temps de l'aveu. Celui que l'on se fait à soi-même. Et non pas la parole aux abois des tribunaux médiévaux, soumise à la roue, au pal ou au carcan. Être au monde ne va pas sans tremblement. Être en politique et conduire la cité ne vont pas sans peur. Aujourd'hui comme hier, la calomnie frappe avec un seul but, déchirer l'homme. Jeux anonymes, jeux de foule, mouvements de houle qui suit la rumeur. Ecrire, non pas une chronique de la peur mais le journal d'une veille sans répit, un journal contre la peur, enrichi du regard de fidèles compagnons de route. Je veux partir avec les guetteurs de terre, Char et Celan, avec les navires démâtés de Rimbaud et de Baudelaire, et les voix d'îles, d'archipels et de rivages de Césaire, Darwich, Kerouac ou Lorca."
Dominique de Villepin

Pour commander:

http://livre.fnac.com/a2062652/Dominique-de-Villepin-Journal-d-insomnie


31/01/2008 14:02
Pourquoi il agace la planète (0 commentaire)

Il intriguait les dirigeants de la planète, il les agace de plus en plus. Dans la presse étrangère, Nicolas Sarkozy, présenté à ses débuts comme un Président «réformateur», «moderne», décidé à rompre avec les postures gaullistes de la France, reste plus que jamais à la Une, mais pour d’autres raisons. Après l’épisode «Cécilia, le divorce», c’est désormais son style, ses goûts de luxe et les frasques de sa vie privée qui sont disséqués par les médias du monde entier. Comme ceux d’une star abonnée aux revues people.

«Speedy» et «sexy». L’Inde, où le président français effectue une visite d’Etat depuis vendredi, en est l’illustration. Depuis des jours, «speedy Sarko» et «sexy Carla» occupent des pages entières dans les quotidiens du pays. Des portraits sauce Bollywood leur sont consacrés. Rien, en revanche, sur la diplomatie française ou les réformes menées à Paris. Invité d’honneur de la fête nationale, Sarkozy a par ailleurs heurté les dirigeants indiens par l’extrême rapidité de sa visite. Pas plus qu’ils n’ont apprécié de lanterner pour savoir s’il venait ou pas avec sa nouvelle compagne. Même si la visite était présentée comme «essentiellement politique» par l’Elysée, la faiblesse des accords de coopération et la quasi-absence de contrats signés entre les deux pays sont édifiantes.

Dessiné en joggeur pendu à son portable ou caricaturé en Napoléon par la presse internationale, Sarkozy a réussi en quelques mois à dilapider l’énorme a priori positif dont il jouissait auprès des opinions publiques étrangères. Son énergie, sa volonté réformiste et sa campagne électorale ont eu un écho retentissant. Au lendemain de son élection, son livre Témoignage a été traduit en chinois, en américain, en hongrois… Des milliers de reportages positifs et plusieurs biographies lui ont été consacrés de par le monde. Aux Etats-Unis, les républicains, fâchés avec Chirac et la France, l’ont un temps présenté en modèle.

Arrogant. Voyageur compulsif qui n’aime cependant pas rester plus de quarante-huit heures loin de Paris, le président de «la nouvelle France» a honoré des dizaines d’invitations de chefs d’Etat pressés de faire sa connaissance. Il a déjà effectué l’équivalent de près de dix fois le tour de la terre dans son avion. En Chine, sa diplomatie de VRP tournant le dos - comme ses prédécesseurs - à la «diplomatie des droits de l’homme» affichée après son élection a été appréciée. En Afrique, son discours de Dakar a fait grincer bien des dents. Aux Etats-Unis, sa difficulté à tourner la page Bush par ses quasi-silences sur l’Irak ou le réchauffement climatique a surpris. En Europe, il irrite Angela Merkel, insupporte Gordon Brown et n’amuse pas du tout les dirigeants des petits Etats, qui le jugent arrogant.

Sarkozy, qui jubile ouvertement de son costume de «grand de ce monde» et raffole des tribunes internationales, n’a pas fini de faire parler de lui. Dans les mois à venir, il est attendu en Angleterre, en Roumanie, au Brésil, en Angola, en Afrique du Sud, au Tchad… En attendant le Japon, le Pérou… De bien belles images en perspective !

Source: Libération.fr


31/01/2008 13:56
Traité de Lisbonne: 59% des Français pour un référendum (0 commentaire)

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59% des Français sont favorables à un référendum pour ratifier le Traité de Lisbonne sur les institutions européennes, selon un sondage CSA pour l'Humanité Dimanche paraissant aujourd’hui.

33% se disent en revanche en faveur d'une ratification par le Parlement français, comme l'a décidé le président de la République, Nicolas Sarkozy. 8% des personnes interrogées ne se prononcent pas.

Un précédent sondage CSA réalisé sur le même sujet en octobre 2007 donnait 61% en faveur d'un référendum et 31% pour la ratification par voie parlementaire.

Ce sont les électeurs de gauche qui se montrent les plus favorables à un référendum (71% contre 22% pour la voie parlementaire), tandis que ceux de droite sont beaucoup plus partagés (47% pour un référendum, 48% pour la voie parlementaire). Les sympathisants du Modem optent majoritairement pour une ratification par les électeurs (60% contre 36%).

Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 janvier auprès d'un échantillon national représentatif de 960 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).
Source: Libération.fr

30/01/2008 22:15
Société générale: Dominique de Villepin épingle "l'hystérie" autour de l'affaire (0 commentaire)

PS20.bmp

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a épinglé mercredi "l'hystérie qui caractérise le traitement" de l'affaire de la fraude à la Société Générale, avançant que la démission de son PDG Daniel Bouton relevait de "la responsabilité" de son conseil d'administration.

"Cette affaire est révélatrice d'une crise générale de notre société très profonde, on le voit à travers la crise financière dans le traitement de cette crise: il y a une sorte d'hystérie", a estimé Dominique de Villepin sur Europe-1.

"Recherche de boucs émissaires: on commence par vouloir pendre ce jeune trader, et puis maintenant c'est au tour de la banque et au tour du président de la banque", a-t-il déploré. "Je crois qu'on ne prend pas dans nos sociétés suffisamment le temps du diagnostic. De quoi parle-t-on? (...) Une fois qu'on a identifié la difficulté, que chacun prenne ses responsabilité".

L'ancien Premier ministre a rappelé qu'"il y a un conseil d'administration de cette banque qui a pris cette responsabilité en reconduisant M. Bouton" après une première proposition de démission. "Est-ce qu'elle continuera à le faire dans les prochaines semaines, c'est sa responsabilité et la responsabilité ne se divise pas".

"La crise est forcément salutaire parce qu'il n'y a que dans ces moments-là qu'on réfléchit. Face à ces complexités, nos sociétés ont intérêt à inventer des systèmes raisonnables qui puissent être des garde-fous", a noté l'ancien chef du gouvernement.

Et de noter que "ce jeune homme" le trader à l'origine de la fraude, "ne prenait pas de vacances". "Quand on ne prend pas de vacances pour respirer, votre vie est envahie, débordée, et vous faites des bêtises". AP

Source: LaTribune.fr


30/01/2008 16:55
Le souverain et la comtesse Bruni (18/18) (0 commentaire)

Pour «le Nouvel Obs», l'ancien prix Goncourt qui publie sa «Chronique du règne de Nicolas Ier» (Grasset), désopilante et informée, narre le dernier épisode de la vie de cour élyséenne. S'y révèlent une intrigante séduisante, un cardinal Guéant servile et une majesté cynique... par Patrick Rambaud

Les choses qui précédèrent et suivirent aussitôt le jour de l'An méritent une sorte de panorama, parce qu'elles servirent de fondement à un chapelet de faits considérables. Sa Majesté devait avant tout effacer la tonitruante visite du Bédouin de Tripoli qui s'était attardé dans Paris, provoquant mille embarras par ses caprices, jusqu'à cette partie de chasse d'un quart d'heure, à Rambouillet, où notre invité ne réussit point à tuer même de très près les faisans malades et le dindon empaillé qu'on lui lança sous le fusil. Selon un principe que nous avons précédemment étudié, un événement éclatant devait recouvrir cet événement pénible, et le ridicule qu'il nous fit subir. Ce fut l'apparition de la comtesse Bruni. Voyons-en les circonstances. Notre Lumineux Souverain s'était vite réparé de son divorce, même si l'Impératrice se répandait en affreusetés sur son compte, puisqu'elle le peignait en radin, volage, père au coeur sec et sans vraie noblesse. Nicolas Ier n'en avait cure, lorsqu'il rencontra la comtesse chez un vieux publiciste qui ne servait plus guère, sinon à organiser des soupers et les menus plaisirs des puissants qui entretenaient son aisance. La comtesse était naturellement intrigante et avait besoin de se pousser toujours plus avant, aussi voyait-elle le plus de monde qu'elle pouvait. Elle avait beaucoup d'esprit, plaisante, complaisante, toute à tous et amusante. Son esprit était tourné au romanesque et à la galanterie, tant pour elle que pour autrui. Quand Notre Frétillant Leader la vit, elle lui plut fort par ses facilités et son filet de voix rauque, car elle s'accompagnait à la viole pour murmurer des couplets frondeurs :
 

Je m'imagine qu'il prendra
Quelques nouvelles amantes
Mais qu'il fasse ce qu'il voudra
Je suis la plus galante...
Après avoir feint de résister, la comtesse se laissa emmener au parc de Versailles en secret, puis au parc de M. Disney en public, que dis-je, en foule, avec un grand concours de gazettes mondaines et populaires. Sa Majesté lui offrit une bague identique à celle que portait l'ancienne Impératrice, le modèle Cupidon de chez Dior, et la convia tout exprès dans ses déplacements officiels qui se prolongeaient en courts voyages de noces, car on parla bientôt de mariage, surtout la mère de la comtesse, très présente, qui imaginait sa fille sur le trône. Cette mère était une femme habile, avec un oeil de maquignon comme les éleveurs du Piémont qui vont à la foire; elle avait une grosse ambition et une fortune à consolider. Cette alliance du monarque et de la comtesse passionna et intrigua. M. de La Bruyère donna ses raisons : «A juger de cette femme par sa beauté, sa jeunesse, sa fierté et ses dédains, il n'y a personne qui doute que ce soit un héros qui doive un jour la charmer. Son choix est fait : c'est un petit monstre qui manque d'esprit.» Cette fine observation du moraliste ne réussit point à convaincre l'entourage de Sa Majesté. Les plus politiques, les yeux fixés à terre, et reclus en des coins, méditaient profondément aux suites d'un événement si peu attendu, et bien davantage sur eux-mêmes. Les courtisanes en grâce et en place redoutaient l'intruse, qui allait diminuer pour elles les faveurs de Notre Glorieux Leader, et même, sans doute, les écarter. Il y eut un souffle de panique au Château. Des malveillants prétendaient savoir bien le passé de la comtesse et enfilaient des anecdotes pour éclairer :


«Mademoiselle Bruni, disait l'un, n'avait que 4 ans quand on vit bien que ce serait une beauté extraordinaire...
- Cela se conçoit, disait un autre, mais on ne nous apprend rien.
- Justement si, reprenait le premier, tous la considéraient, sauf son beau-père.
- Il lui avait donné son nom et ne se souciait point d'elle ?
- Jamais, voilà pourquoi elle devint modèle, pour qu'on l'admire.
- Cela semble anodin.
- Eh non ! L'âge des amours venu, elle se mit à collectionner les hommes comme d'autres des poupées ou des timbres; à chaque fois, elle s'empressait de les jeter au-dehors, à demi cassés, pour leur faire payer l'absence paternelle. Vous verrez : c'est le Diable ! Elle va ficeler Notre Précieux Leader, sans doute avec un enfant, vous verrez, avant de l'écraser aux yeux du monde comme les rock stars, les comédiens, tous les brillants qu'elle a consommés...»
Sa Majesté vivait sur son cumulus, et les médisances ne lui parvenaient point aux oreilles, ni les mines défaites de ses anciennes favorites que soudain on vit moins paraître au-devant de la scène. Au contraire, le Prince devenait farce à tout propos et débitait à ses conseillers des histoires pour lui désopilantes. Un jour, il poussa la porte du cardinal de Guéant :
«Et celle de Buffalo Bill, tu la connais ?
- Non, Sire.»
Son éminence mentait, mais il lui fallut supporter pour la douzième fois cette galéjade qui faisait tomber de rire Notre Pétulant Monarque :
«C'est un type qui dit de lancer six pièces en l'air, et avec son coït il les transperce toutes avant qu'elles retombent. On lui demande son nom, il dit :Bïïl... Buffalo Bill. Alors y en a un autre qui dit qu'il peut remplir six verres en même temps en pissant dedans. On lui apporte les verres, il ouvre sa braguette : il a six queues. On lui demande son nom, il dit : Bill... Tcherno Bill !
- Ah ah, Sire !», fit le cardinal.
Sa Majesté se tordit de rire sur le canapé Louis XV du bureau. Ses proches s'inquiétaient du temps qu'il passait à raconter des histoires de fesses ou des blagues bécassonnes, parce que, dès qu'il reprenait son rôle officiel, il faisait moins rire, Notre Sublissime Souverain. Toujours avide de rompre avec l'ancien régime, il en suivait cependant les coutumes, et lors qu'on s'attendait à des voeux de bonne année différents, il n'en fut rien; même si le temps du discours avait été heureusement raccourci, le texte ne s'élevait jamais au-dessus de la généralité et des formules d'usage. Le parler de Sa Majesté parut mécanique, on crut qu'il contemplait le vide quand il suivait des yeux les lignes écrites qu'on lui présentait, ce qui enlevait du naturel et de la chaleur au ton.
L'année commençait sous le signe de la brutalité, car on voulait réformer les moeurs par la contrainte, et les lois se durcissaient. On poussait les parents à punir leurs enfants, et les fumeurs à s'adonner dehors à leur funeste passion, et on les voyait par grappes au pied des immeubles ou emmitouflés aux terrasses des cafés; cela étonna fort lorsqu'on vit que Sa Majesté, dans une gazette qui faisait chaque semaine sa publicité, allumait un cigare voluptueux dans son bureau doré du Château. Ailleurs, la police intervenait dès qu'un vertueux dénonçait ses voisins, car la délation était désormais encouragée.
Pour demeurer présent et apporter une réponse sur tous les sujets, Notre Sémillant Leader convoqua plusieurs centaines de gazetiers à un jeu de dupes : cela consistait à sélectionner des poseurs de questions, et malheur à l'impertinent puisqu'il ne pouvait pas répliquer et devait s'asseoir, rougissant, pour subir en silence les quolibets impériaux; Sa Majesté en profitait pour éluder les vraies réponses et recourait ouvertement au mensonge. Aurait-il traité le Premier ministre de collaborateur ? Non point, jurait-il, mettant au défi quiconque d'en donner la preuve, preuve qui existait dans une gazette du Sud-Ouest. C'est ainsi que le prévôt Joffrin fut souffleté en public à cause de sa comparaison entre les monarchies électives et l'actuelle pratique personnelle du pouvoir. «Bravo ! persifla Notre Savant Leader, c'est le roi Chirac qui m'a placé sur le trône ? Parce que les monarchies, hein, ça s'hérite.» C'était faux, Bernadotte, roi de Suède, en attestait, et d'autres en Pologne, mais chacun de s'esclaffer lâchement pour plaire.
En vérité, Notre Prince ne parlait plus de sa fonction, mais de son boulot, comme s'il menait le pays à la façon d'une boutique. Il n'aimait désormais plus que l'argent, et des observateurs à l'oeil en trou de serrure soulignaient qu'il voulait partout vendre du nucléaire, comme s'il se ménageait un autre métier quand il devrait quitter les sommets de l'Etat, et il emportait en effet des contrats de la sorte en Libye, en Algérie, au Maroc, à Abou Dhabi, aux Emirats du Golfe, en Egypte, et demain en Arabie Saoudite. Plus tard, les affaires sauraient le couvrir d'or.
Peu avant sa disparition, le roi Mtterrand avait dit : «Je suis le dernier. Après moi, il n'y aura que des comptables.» La prophétie s'accomplissait. Les chiffres avaient vaincu les mots, et les ministres allaient être notés. La Culture n'y échappait point : un cabinet de consultants en stratégie, Marx Brothers & Co, devait recenser le nombre des entrées gratuites dans les musées, la part de marché des films, le nombre d'heures de programmes culturels à la télévision, l'audience, le volume dépensé pour le patrimoine. Le nombre ! La quantité ! Il devenait indécent d'évoquer la qualité.
Le vent se mit alors à tourner. Par impatience, puisqu'ils ne voyaient point d'amélioration dans leurs vies, ceux qui avaient poussé Notre Divine Majesté tout en haut lui retiraient peu à peu leur confiance, et l'Impétueux Souverain en parut moins apprécié. Quelle nouvelle singerie nous préparait-il ? Des trublions osaient maintenant affirmer que les projets du Prince étaient plus pour lui que pour son peuple, et qu'il ne changeait rien à la maigreur des porte-monnaie.

Patrick Rambaud
Le Nouvel Observateur


30/01/2008 16:18
Les critiques de l'étranger (17/18) (0 commentaire)

Angela Merkel déteste sa familiarité. Sa façon de vous attraper par le bras, de vous embrasser et de vous parler sous le nez. Mais l'aversion de la chancelière pour Sarko ne tient pas qu'à son comportement : elle lui reproche aussi sa politique «m'as-tu-vu», sa conception d'une Europe méditerranéenne qui pourrait miner l'Union, son opportunisme commercial... Ainsi à propos de Kadhafi, le «Zeit» écrit : «A l inverse a Angela Merkel, Nicolas Sarkozy excelle à éviter les questions qui fâchent avec un hôte aussi bien argenté.» Surnommé «Monsieur Muscle» dans les gazettes d'outre-Rhin, Sarko est «Action Man» ou «Speedy» dans la presse britannique. Flatteur ? Pas vraiment. «II serait naïf d'attendre de lui une quelconque cohérence», assène un éditorialiste du très libéral «Financial Times». Tandis que le «Guardian», de gauche et sans illusions, s'interroge : «Comment expliquer son cursus placé sous le signe de l'esbroufe et de la félonie ?» Aux Etats-Unis, «Newsweek» doute : «Les gros titres disent que Sarkozy roule à un train d'enfer. Mais où va-t-ïl à cette vitesse ? On ne le saitpas.» L'image n'est guère meilleure en Espagne. «Sarkozy n'agit pas en vrai libéral mais en monarque d'un empire évanoui», tranche «laVanguardia». Tandis que dans le monde arabe la presse déplore sa vassalisation à un président finissant : «Bush peut faire croire que son interventionnisme militaire n'a pas échoué puisque la France, son adversaire le plus déterminant, rentre au bercail», souligne «Al-Hayat», un quotidien saoudien basé à Londres. Et en Afrique ? Le quotidien sénégalais «Sud» résume le malaise : «Sarkozy est en mission coloniale à lui tout seul.» Joli dossier de presse !

Sylvain Courage
Le Nouvel Observateur


30/01/2008 16:16
«Nous, Italiens, qui avons connu Berlusconi...» (16/18) (0 commentaire)

Cette comédienne et réalisatrice s'est fait connaître grâce à ses féroces imitations du Cavalière diffusées à la télé. Mais le programme fut censuré. Sabina Guzzanti en a tiré un film («Viva Zapatero !», 2005) et une expérience précieuse

La presse, même de gauche, a perdu les mots nécessaires pour contester les monstres de la politique. Tout se fond dans un grand minestrone, une soupe primordiale. A force de commenter une phrase, ou une demi-phrase, ou un geste d'un personnage public, on en oublie l'essentiel, c'est-à-dire sa politique. C'est ce qui s'est passé en Italie avec Berlusconi. Ni la gauche ni les médias n'ont été capables de proposer un modèle alternatif. Un exemple ? La fête de la Libération, le 25 avril [commémorant le renversement de Mussolini en 1945, NDLR]. Berlusconi, président du Conseil, a décidé de ne plus y participer, mettant sur le même plan fascistes et antifascistes. La presse en a parlé pendant quarante-huit heures avec indignation. Puis le débat est retombé. On est passé à un autre sujet. Et l'année suivante, l'absence scandaleuse du président du Conseil Berlusconi n'était même plus une nouvelle. J'en déduis que, pour contrer la communication d'un Sarkozy, les médias devraient surtout se montrer cohérents et avoir un esprit de suite. Ne pas abandonner les sujets et les enquêtes au profit de la dernière nouveauté clinquante.
Mais alors faut-il parler de la vie privée des hommes publics ? Pour ce qui regarde Sarkozy-Bruni, j'ai l'impression que vous en avez fait le tour. Il conviendrait maintenant de passer à autre chose. N'oubliez jamais que les hommes politiques exhibent leur vie privée pour camoufler leurs erreurs et leurs manquements. On peut ironiser sur leur exhibitionnisme, mais seulement lorsqu'il a des effets sur la politique. Voyez Berlusconi : comment ne pas frapper de la plus féroce des satires un président du Conseil qui se réfugie en Sardaigne pour un lifting au lieu de participer à un sommet international ?
Nous, Italiens, qui avons connu et connaissons encore le berlusconisme, nous savons maintenant que le problème n'est pas le personnage lui-même, mais le système. C'est-à-dire la décadence culturelle généralisée du monde occidental, qui fait qu'on n'arrête pas de couper les fonds pour la culture, qu'on démolit l'enseignement et qu'on détruit la télévision publique sans que personne ne descende dans la rue. Sans que la gauche n'offre de vraies solutions alternatives. Nous, Italiens, qui connaissons et expérimentons le berlusconisme, nous pouvons vous dire que Sarkozy n'est pas le clone de Berlusconi. D'abord Sarkozy n'est pas propriétaire de trois télés privées et de la plus grande maison d'édition nationale. Et surtout il est nettement plus sérieux que Berlusconi, il ira au bout de ses projets. Il fera plus de dégâts. Et c'est peut-être préférable, car les citoyens réagiront sans doute plus vite que chez nous. En tout cas, si vous avez besoin d'un coup de main, je peux venir vous faire une imitation. De Sarkozy ou de Carla Bruni, au choix !»

Marcelle Padovani
Le Nouvel Observateur


30/01/2008 16:13
Les sarkostiques (15/18) (0 commentaire)

Déguisée en Père Noël de supermarché, Claudia picole pour oublier. «Moi qui voulais te féliciter pour tous tes supercontrats avec Kadhafi et les Chinois, pour ton combat pour les droits de l'homme et les SDF... Moi qui voulais me marier avec toi !» Mais voilà, la place de future première dame est déjà prise. «C'est toujours les mêmes qui vivent les contes de fées people», pleurniche-t-elle. Avant de lâcher, vengeresse : «Je m'en fous, je vais me taper François Villon et je l'inviterai au Parc Astérix, aah !» Fin du sketch de deux minutes qui fait un tabac sur les sites vidéo. On rit et on se le repasse... Les concepteurs de la série «A la recherche de la première dame de France» (1), casting de prétendantes faussement naïves incarnées avec peps par la comédienne Emilie Piponnier, ont fait mouche. «En traitant de l'actualité, nous voulions nous faire connaître et dénoncer sans prêchi-prêcha la mise en scène de Sarko», résume Virgile Pons, auteur des sketchs et cofondateur de Labo 75, une start-up spécialisée dans la production de programmes courts.
Sur la Toile, le Sarko show inspire les facétieux, les vanneurs, les rigolos de tout poil. Caricatures, sketchs, photomontages... la satire court plus vite que les paparazzis. Il suffit d'écouter les deux inénarrables créateurs de «la Chanson du dimanche» vocaliser sur «Rachida et Nicolas» ou se trémousser sur «la Marulanda» («Je ne sais pas danser, je ne sais pas chanter, je suis décomplexé, j'ai ma carte de l'UMP») pour comprendre que la contestation par les zygoma- tiques est plus revigorante qu'un discours de François Hollande...


La résistance par le rire ? Guy Bedos, grognard de l'humour engagé, y voit un geste civique : «Sarkozy tient la France comme Bernard Tapie, son nouveau groupie, tenait l'OM : il rachète tous les joueurs de l'équipe adverse. Moi-même, il a essayé de m'avoir. Il m'a proposé un haut-commissariat d'Etat à l'Humour ! Avec Bigeard et Clavier comme chefs de cabinet. Je cours encore !», s'esclaffe-t-il. Le prix Goncourt, Patrick Rambaud, vient, lui, d'écrire un hilarant pastiche de Saint-Simon («Chronique du règne de Nicolas Ier», voir p. 18) : «Un acte thérapeuttique, pour soigner ma déprime depuis la présidentielle. Comme Noah, je déteste tout chez Sarko : sa politique, son style, sa vulgarité, sa brutalité...» Dans la nouvelle génération, la charge est menée par Christophe Alévêque, de la bande à Ruquier (France 2) , qui a fondé l'improbable Mouvement des Mille Colombes, une chorale potache qui reprend la chanson de Mireille Mathieu, «hymne de la droite décomplexée» depuis le kitchissime concert de la Concorde du 6 mai 2007. «Dans mon spectacle, je ne prononce jamais le nom du président. Je l'appelle Zébulon, car c'est un agité dangereux qui joue avec les peurs des Français et non un homme d'action, explique Alévêque. Il se prend pour Superman alors que c'est un mec ordinaire, le vrai fils de Chirac, qui dit tout et son contraire. Mais aussi un comédien qui s'adresse aux journalistes comme à des enfants !».



(1)lanouvellepremieredame.blogzoom.fr

Sylvain Courage
Le Nouvel Observateur


30/01/2008 16:11
Les tenants de la folie (14/18) (0 commentaire)

Dans les familles «sarkophobes», il en est une un peu particulière : celle qui cherche des explications mentales à la conduite du chef de l'Etat. Voir notamment le «docteur Jean-François Kahn», qui n'a pas hésité, en pleine campagne, à délivrer un diagnostic assassin. Nicolas Sarkozy, en tout cas, est un homme que tous les psys rêveraient d'allonger sur leur divan... Fou ? Non, «limite», «borderline» plutôt, bourré de tics, avec cette bouche qui se tord, ces épaules qu'il hausse l'une après l'autre, cette façon très «voyoute» de refuser la moindre contradiction et de rouler alors des mécaniques, défiant l'adversaire qu'il soit marin-pêcheur, journaliste ou racaille supposée. Hyperactif, bien sûr. «Si c'était un enfant, relève l'analyste Jean-Pierre Winter, il faudrait d'urgence lui prescrire de la Ritaline.» Bloqué dans un éternel imaginaire «comme Peter Pan». Le même imaginaire que celui «des mômes de banlieue qui aiment les belles montres, les belles bagnoles, les belles nanas (ça fait deux fois qu'il nous fait le coup du mannequin)». Pas étonnant qu'animé «par un plaisir enfantin» il ait choisi Disneyland Paris, «son univers hypersécurisé, hyperaseptisé, un monde de cartoon en deux dimensions», pour donner à voir sa nouvelle compagne. Inquiète-t-il ? Sûrement. «Il me fait peur depuis le début, une peur phénoménale, comme quelqu'un qui pourrait nous entraîner vers le cauchemar !», poursuit le psychanalyste.
Pourtant «sarkophile» déclaré, le psychanalyste Jacques-Alain Miller, gendre de Lacan, commence à se poser des questions sur «cette transgression permanente érigée en méthode de gouvernement, et sur cette tendance naturelle à la démesure». L'énergie, jusque-là sujet d'admiration, «n'est pas focalisée» et confine parfois «à la confusion». «Même s'il a toute légitimité pour changer les codes, ici, on est plutôt devant une boussole qui s'affole.»
Serge Hefez, spécialiste de la thérapie familiale, qui regrette d'avoir été un peu loin en décrivant Nicolas Sarkozy en «pervers narcissique» au début de son mandat, trouve désormais qu'il ressemble à un prestidigitateur qui croirait à ses tours : «En fait, il ne sait plus où est sa vérité : chanoine avec le pape, remarié ou presque deux mois après un divorce.... On le sent prêt à n'importe quoi.» Pour peu que sa sincérité soit remise en question, «il pète aussitôt les plombs. En fait, ça le rend dingue». Dingue ? «En tout cas, il se sent autoengendré : sa puissance et sa gloire ne procèdent que de lui-même.» Le psychanalyste ne serait pas surpris si, un jour, comme Napoléon, «il enfilait un grand manteau d'hermine, et allait à Notre-Dame se mettre une couronne sur la tête».

Agathe Logeart
Le Nouvel Observateur


30/01/2008 15:56
Les moines-soldats (13/18) (0 commentaire)

Ils se réunissent tous les derniers mardis du mois sur la place du Capitole à Toulouse. Douze moines franciscains qui prient, sans un mot, pour dénoncer les conditions d'enfermement dans les centres de rétention pour étrangers. «Dans ce monde plein de bruit et de lumière, le silence est parfois plus subversif que la parole», dit frère Stéphane (1). Une discipline à mille lieux du bling-bling sarkozyen et qui ravit Jean-François, un vieux militant associatif du nord de Paris, venu de la gauche catholique (aide aux immigrés, alphabétisation) . Il les a vus l'autre jour à la télé et depuis il est devenu intarissable : «Ces moines m'expriment.» Justement parce qu'ils sont muets. «Mon rejet viscéral de tout ce que représente Sarkozy n'a pas besoin de mots pour se manifester.» C'est une manière d'être, d'agir, de réagir. «Sarko, ajoute-t-il, ce n'est qu'un homme. Mais c'est aussi un symbole.» Bien sûr, Jean-François voudrait ne pas avoir à personnaliser à ce point son combat pour la dignité des étrangers : «Des gouvernements, j'en ai combattu a la pelle, de gauche comme de droite, au nom de principes sur lesquels je ne transigerai jamais.» Mais depuis quelques mois c'est un peu différent : «J'ai rarement eu le sentiment de me sentir aussi étranger, si j'ose dire. Je ne trouve pas les mots pour dire mon sentiment de sécession avec ce monde, celui de Sarko, qui n'est pas le mien. Il concentre tout ce que j'exècre.» Jean-François vote. Il manifeste parfois. La politique n'a jamais été sa passion. «Quand je vois Sarko, dit-il, je me sens comme ces moines qui affichent leur refus, sec, définitif irrémédiable.» Chacun avec son style. C'était l'autre jour à la télé. Et cette fois-ci on montrait des extraits de la conférence de presse du président de la République. «J'étais tout seul chez moi, rigole Jean-François, et je me suis bouché le nez.» .

(1)www.franciscainstoulouse.fr

François Bazin
Le Nouvel Observateur


29/01/2008 0:24
Laïcité : quand besson évaluait sarkozy... (0 commentaire)

Il y a un an, l'ex-responsable du PS analysait la vraie nature du sarkozysme. Avec une rare pertinence sur Sarkozy et la question religieuse. Extrait de son livre.

«Beaucoup n'ont retenu de l'ouvrage de Nicolas Sarkozy consacré à la question religieuse, «la République, les religions, l'espérance» (Ed. du Cerf), que sa suggestion de modifier la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat. Peu nombreux sont ceux qui ont observé que son ambition réelle est bien plus vaste et qu'elle consiste à faire des religions le nouvel outil de régulation de nos sociétés. Exagération de notre part ? Absolument pas ! Il suffit de le lire : «Je suis convaincu que l'esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté» Et d'ajouter, pour être certain d'être bien compris, qu'«on aurait tort de cantonner le rôle de l'Eglise aux seuls aspects spirituels» (1). (...)
Cette relégitimation du rôle politique et social des Eglises prônée par Nicolas Sarkozy n'est pas sans danger. Elle s'est tout d'abord traduite par l'intronisation de l'UOIF - une organisation musulmane intégriste et minoritaire - comme représentant officiel de l'islam de France. (...) Cette politique de relégitimation fragilise ensuite l'autonomie des cultes car, en accordant des droits et des obligations aux religions, Nicolas Sarkozy propose en fait de renouer avec le régime bonapartiste du concordat de 1801 qui avait organisé un régime de cultes reconnus par l'Etat. Revenir sur la laïcité, c'est en effet amener l'Etat à faire le tri dans les philosophies, les croyances et les opinions !


Cette politique organise enfin, et de fait, la promotion des mouvements sectaires et des intégristes. En effet, en octroyant un statut aux religions, Nicolas Sarkozy pose inévitablement la question de la définition de la religion. Quelles sont les religions qui pourront prétendre à ce statut ? Que faire avec les mouvements fondamentalistes et avec les < sectes qui revendiquent le statut de religion ? On sait que les Témoins E de Jéhovah ont d'ores et déjà obtenu des tribunaux français le statut de religion. A qui le tour sous l'empire des idées sarkozystes ? (...)
Les lignes écrites par Nicolas Sarkozy dans son ouvrage prennent toute leur signification. «Maintenant que les lieux de culte officiels et publics sont si absents de nos banlieues, on mesure combien cet apport spirituel a pu être un facteur d'apaisement et quel vide il crée quand il disparaît» Et pour ceux qui n'auraient pas encore compris, il ajoute encore : «Au bout du compte, l'espérance dans un au-delà meilleur est un facteur d'apaisement et de consolation pour la vie aujourd'hui» Comme aux Etats-Unis, il faut en appeler aux religions pour régler nos problèmes. «Quel est le problème de nos banlieues ? C'est qu'elles se sentent abandonnées, y compris par l'Etat» Fort de ce constat, Nicolas Sarkozy préconise-t-il un retour de l'Etat dans ces quartiers ? Pas du tout ! «Les cadres de l'Eglise en France pourraient susciter une grande réflexion sur la nécessité de construire des synagogues, des églises et des mosquées dans les banlieues. A mon sens, il est aussi important d'ouvrir des lieux de culte dans les grandes zones urbaines que d'inaugurer des salles de sport, elles-mêmes très utiles !» (...)

 

Et pourquoi alors s'arrêter aux seuls problèmes des banlieues ? Car nul ne sait où s'arrêteront les prétentions politiques et sociales des religions ainsi relégitimées.
Viendra le tour de l'enseignement. Quoi de plus normal d'ailleurs puisqu'il faut réhabiliter les valeurs religieuses au sein de notre jeunesse :«Onnepeutpaséduquerles jeunes en s'appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines (...). La dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. (...) La morale républicaine ne peut répondre à toutes les questions ni satisfaire toutes les aspirations» L'Education nationale doit donc former des croyants et non des citoyens...
Il n'y a pas jusqu'à la politique monétaire qui pourrait être placée sous la protection de Dieu. Pourquoi ne pas écrire sur les billets de la Banque centrale européenne la devise figurant sur les dollars : «Nous avons confiance en Dieu» ? Hier, l'Europe importait des Etats-Unis le jean, le Coca-Cola,»» le rock'n roll ou encore son cinéma. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy nous propose d'importer Dieu !
(c)«Les Inquiétantes Ruptures de M. Sarkozy», sous la direction d'Eric Besson.

Le Nouvel Observateur


29/01/2008 0:15
Les épidermiques (12/18) (0 commentaire)

Il venait d'être à nouveau désigné comme «le Français préféré des Français». On aurait pu s'attendre à ce qu'il tienne un discours consensuel, qu'il mette un peu de miel sur sa sarkophobie. Il a remis trois louches de fiel ! Yannick Noah est un anti-Sarko épidermique. Il avait annoncé pendant la campagne : «Si Sarkozy est élu, je me casse.» Il ne s'est pas «cassé», mais «casse» le nouveau président à la moindre occasion. Extrait de son interview au «JDD», qui venait de le couronner, le 23 décembre dernier : «Tout me choque [chez lui] ! L'attitude, le ton, l'arrogance me choquent. Le déballage de rigueur, le cynisme me choquent. La désinformation me choque. Tout me choque.» S'il est viscéral, le discours de Noah n'en est pas moins articulé. Témoin, cette mise en exergue du peu de résultats à mettre au crédit du chef de l'Etat depuis son élection : «Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui m'ait dit ce qu'il avait vraiment fait ! Qu'est-ce qu'il y a eu à part un brouhaha et de la godille ? Quels problèmes ont été réglés ? C'est le roi avec sa cour, et tous les courtisans se mettent à genoux.» Sans surprise, on retrouve sur la ligne Noah un grand nombre de blacks et de beurs. Lilian Thuram, le premier, avait montré la voie du temps où Sarkozy était ministre de l'Intérieur. «Quand il parle de nettoyer au Kàrcher, il ne sait peut-être pas ce qu'il dit, Sarkozy. Moi, je le prends pour moi», avait expliqué le défenseur du FC Barcelone. Le rappeur Joey Starr lui a emboîté le pas : «J'ai trouvé déplorable qu'un homme politique tienne un langage de concierge, contribue à mettre le pays à feu et à sang, et ne s'excuse pas.»
Mais nombreux sont les anti-Sarko épidermiques qui appartiennent à la majorité visible. Anémone : «Ce type me fait peur. Son discours est désespérant, bête et démagogique.» Patrick Timsit : «Sarkozy va faire un incendie dans les banlieues. » Eric Cantona : «Napoléon, c'est un géant qui était petit. Aujourd'hui, il est remplacé par le Pen avec un masque : Sarkozy.» La plupart de ces people ont dénoncé l'amendement Mariani instaurant des tests ADN pour les enfants d'étrangers candidats à l'immigration en France. Dans ce combat, les femmes ont été en pointe, en particulier Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Emmanuelle Béart et une certaine ... Carla Bruni.

 

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


29/01/2008 0:13
Les rebelles de la petite et de la grande couronne (11/18) (0 commentaire)

 Même dans le «9-2», ces Hauts-de-Seine (petite couronne de l'Ile-de-France), fief historique de la sarkozie, on trouve des grognons. Par exemple, Laurent Martin de Saint-Léon, adjoint au maire d'Asnières, Manuel Aeschlimann (un très proche du président)... Récemment, le chef de l'Etat est venu assister aux voeux du conseil général (qu'il présidait avant son élection à l'Elysée), lançant aux élus : «Je ne vois pas ce qui m'interdirait de venir chez mes amis.» Laurent Martin de Saint-Léon, qui a une haute idée des institutions, s'interroge : «Est-il président de la République ou président des amis ?» L'adjoint a quitté l'UMP pour rejoindre Nicolas Dupont-Aignan, ex-UMP lui aussi, fondateur de Debout la République et député de l'Essonne (grande couronne !). Le gaullosouverainiste, qui reproche à Nicolas Sarkozy d'avoir renoncé au référendum sur l'Europe dans un livre qui paraît cette semaine («le Coup d'Etat simplifié», Editions du Rocher), dit aussi très haut ce que pas mal d'élus de droite commencent à penser tout bas : «Les Français étaient prêts à accepter le «bling-bling» à condition de résultats. Aujourd'hui, ils ont le «bling-bling» sans les résultats... Quand est-ce que Nicolas Sarkozy arrêtera de jouer à la Game Boy pour devenir enfin un président ?»

 

Marie-France Etchegoin
Le Nouvel Observateur


28/01/2008 15:59
Dominique de Villepin contraint de vendre sa collection consacrée à Napoléon (0 commentaire)

Pour payer ses frais d’avocats dans l’affaire Clearstream, Dominique de Villepin, qui ne perçoit plus ses émoluments d’ancien premier ministre depuis le 17 novembre dernier (ils sont versés pendant les six mois qui suivent le départ de Matignon), va vendre sa collection de livres et de manuscrits sur Napoléon. Elle sera dispersée le 19 mars prochain à l’hôtel Drouot par la société d’enchères de Pierre Bergé, “Pierre Bergé & Associés”.

Désormais avocat du Barreau de Paris, Dominique de Villepin a mis plus de trente ans pour constituer cette collection. Parmi les pièces les plus en vue figurent des correspondances de l’Empereur avec Cambacérès, Drouot et Eugène de Beauharnais, ainsi que des lettres de Lucien Bonaparte, de Murat, de Talleyrand et de Chateaubriand.

Dominique de Villepin met aussi en vente quelques ouvrages de l’époque. Par exemple, l’édition originale d’«Adolphe» de Benjamin Constant, “De l’influence des passions” de Madame de Staël et annoté par Roederer, “Le Génie du Christianisme” et “Les Mémoires d’Outre-tombe” de Chateaubriand.

Rappelons que l’ancien premier ministre est l’auteur de trois livres sur l’Empereur, tous publiés aux éditions Perrin : “Les Cent-Jours ou l’esprit de sacrifice” en 2001, “Le Soleil noir de la puissance” en 2007, et “La Chute ou l’Empire impossible” qui paraît cette semaine.
 
© Capital.fr


28/01/2008 13:56
Enquête sur les HLM de Neuilly (4/4) (0 commentaire)

Certains HLM, remarquons-nous, sont réservés à des clientèles spécifiques et assurément solvables. A Neuilly, 30 % des logements sociaux accueillent des jeunes fonctionnaires (contrôleurs et inspecteurs des impôts) du ministère des finances, des personnes âgées et des handicapés dans des résidences prévues pour eux.

L'élu Vert, Thierry Hubert, nous décrit ce qu'il considère comme autant de stratégies de sélection des bénéficiaires : "On impose aux postulants un critère de cinq années de résidence préalable dans la commune. On ne construit pas n'importe quel type de HLM. On loge en priorité des fonctionnaires de la ville. Et on n'applique pas le plan départemental d'aide au logement des personnes défavorisées, en vertu duquel chaque commune est censée faire un effort en faveur des plus démunis." Ce que reconnaît devant nous le maire d'un simple : "Je n'ai pas les appartements pour les loger."

 

Bref, poursuit Thierry Hubert, "le premier souci de la mairie n'est pas de mener une politique sociale, de répondre à l'enjeu du logement des personnes sans emploi, des travailleurs précaires, des petits salaires du privé. C'est de ne rien dépenser ! De faire en sorte que les opérations qu'elle est obligée de mener sous la contrainte légale soient rentables. Donc, récemment, ce sont essentiellement des logements PLS, le haut de gamme du HLM, qui ont été livrés. La mairie le justifie en disant qu'avec le prix du foncier, ici, c'est la seule façon d'équilibrer les comptes ".

METTRE "FIN AUX ABUS"  ?

Et elle peut faire ce choix en toute légalité. Car pour prendre sous son aile des catégories socioprofessionnelles diverses, ce qui est sa vocation, le monde HLM propose plusieurs types d'habitations, avec des niveaux de loyer et des critères d'éligibilité très différents : PLAI (prêt locatif aidé d'intégration) réservés aux ménages à faibles ressources, PLUS (prêt locatif à usage social) correspondant au " HLM standard " auquel peuvent prétendre les deux tiers de la population, et enfin PLS (prêt locatif social), plutôt dédiés aux catégories sociales intermédiaires.

Les PLS représentent un peu plus du tiers du logement social à Neuilly, alors que les PLAI sont trois fois moins nombreux. Au 39, rue de Villiers par exemple, un F3 en PLS se loue 660 euros (charges comprises), un F4 de 85 mètres carrés, 960 euros. Logements bon marché pour Neuilly, mais inaccessibles aux ménages à faibles ressources.

Le maire, qui parle plus volontiers de "logements familiaux" que de HLM, confirme volontiers cette préférence pour le haut de gamme. "C'est tout à fait normal. Nous faisons en fonction de la population de Neuilly, à laquelle nous donnons la préférence. L'idée, c'est d'abord de faciliter l'accès au logement des jeunes nés ici qui démarrent."

LES NEUILLÉENS PEUVENT ÊTRE TRANQUILLES

 Comme ces deux locataires du parc social, filles d'un conseiller-maître à la Cour des comptes, ancien conseiller à la présidence de la République. " Avec ce système de gestion, les Neuilléens peuvent être tranquilles, constatent Monique et Michel Pinçon-Charlot, en sortant du vaste bureau du maire. Dans cette ville, ce n'est pas du parc social que pourra venir le danger de la mixité résidentielle. Les HLM reproduisent, un cran en dessous, la structure sociale de Neuilly. "

A tel point que les ménages démunis s'autocensurent, persuadés qu'il ne sert à rien de déposer une demande de logement à Neuilly. "Il y a bien des petites gens à Neuilly, pour servir la soupe des grands, résume, caustique, Michel Laubier, premier adjoint au maire PC de Nanterre et conseiller général des Hauts-de-Seine. Ils nous écrivent, désespérés. Ils nous disent que ça ne sert à rien de demander un logement à Neuilly, et nous en demandent à nous, à Nanterre."

Le 11 décembre 2007, présentant en Meurthe-et-Moselle son plan logement, le président de la République a exigé que de la "transparence" soit "réintroduite" dans les procédures d'attribution des HLM pour mettre "fin aux abus".

Rappelant que 1,5 million de ménages étaient inscrits sur liste d'attente pour accéder à un HLM et que 400 000 logements sociaux étaient occupés par des ménages dépassant les plafonds de ressources, il a plaidé pour que "le logement social joue à nouveau son rôle d'intégration sociale", précisant que "le parc social [devait] accueillir en priorité ceux dont les revenus ne leur permettent pas d'être logés dans des conditions décentes par le libre jeu du marché". Reste maintenant à savoir si la parole du chef de l'Etat sera suivie d'effets dans son fief.

Interrogé par Le Monde 2, David Martinon, porte-parole de l'Elysée et candidat à la mairie de Neuilly, n'a pas souhaité répondre nos questions.

Pascale Krémer

28/01/2008 13:50
Le tacle de Debré (10/18) (0 commentaire)

- Sa voix manque aux sarkophobes. Jean-Louis Debré a été le premier à dénoncer Nicolas Sarkozy, le marquant à la culotte pour mieux s'en démarquer, du temps où l'actuel chef de l'Etat était ministre. Aujourd'hui président du Conseil constitutionnel, Debré est astreint à un devoir de réserve. Mais il n'en pense pas moins. Il l'a laissé percer, la semaine dernière, en présentant la loi sur la laïcité comme «un des piliers de la République». «Il fa ut véiller à ce que l'équilibre de cette ici ne sont pas rompu», a-t-il ajouté, manière de critiquer, bien sûr, le cléricalisme rampant de Sarkozy.

 

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


28/01/2008 13:48
Les rivaux (9/18) (0 commentaire)

A droite et au centre, ils ont été les derniers à contester son hégémonie. Comment s'étonner si ces rivaux d'hier sont aujourd'hui des sarkophobes purs et durs, plus vachards, souvent, que les ténors du PS, pour beaucoup secrètement admiratifs devant le parcours du président de la République. François Bayrou et Dominique de Villepin ne partagent pas cette indulgence. Pour eux, Sarkozy n'a triomphé que parce qu'il a su mettre la main sur l'UMP.
Bayrou est sans doute le sarkophobe le plus construit et le plus brillant. Il a flingue à tout-va le candidat Sarkozy, il dézingue en toutes occasions le président Sarkozy. Ses dernières flèches, décochées en 2008 :«Il y a un côté, comment dirais-je, puéril, enfantin dans cette idée qu'on va tout mettre par terre et tout reconstruire, sans réflexion préalable, sans concertation... La politique du tournis, c'est le contraire d'une vraie politique de réforme.» Ou encore : le sarkozysme, «c'est l'alignement de la France sur le modèle américain». Un modèle qui «a trois traits principaux. Il est inégalitaire par principe. Il est matérialiste. Et sa démocratie est dévorée par la «corn»».
Villepin est à peine moins critique. Il ne supporte pas que celui qu'il appelait naguère, devant ses collaborateurs, «le nabot» ou «le nain» l'ait écarté du pouvoir et précipité dans les bras de la justice, par le biais de l'affaire Clearstream. Rien ou presque ne trouve grâce aux yeux de l'ancien Premier ministre dans l'action du nouveau président. Il a ainsi fustigé les tests ADN en des termes d'une rare violence : «Ce type de législation n'est pas de mise dans notre pays. Notre mémoire, notre histoire nous conduit à condamner tout ce qui ressemble à ce genre d'arsenal, dans la mesure où nous avons connu les rafles.»
Pour le passionné d'histoire qu'est Bayrou, pour le féru de poésie qu'est Villepin, Sarkozy est d'abord un inculte, qui ignore tout de ce qui a façonné la France, à travers les siècles. Son culte de l'argent, son américanophilie en font pour eux une sorte d'apatride.

 

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


27/01/2008 22:50
Enquête sur les HLM de Neuilly (3/4) (0 commentaire)

"ALEXANDRE VOULAIT ÊTRE À NEUILLY. ET NEUILLY, C'EST CHER"

Dernière découverte, au 18-20, rue Garnier : Alexandre Balkany, qui vient à peine de déménager après sept années de présence dans l'immeuble. Il est le fils d'Isabelle Balkany, actuelle vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine et de Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois-Perret, ex-vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine (1982-1988), ex-président de l'office HLM du département (1985-1988) et ami de longue date de Nicolas Sarkozy.

Alexandre dirige une petite société de production audiovisuelle, Kawa productions, qui vend une émission de poker à la chaîne Direct 8, installée à Puteaux et appartenant au groupe Bolloré. En 2004, alors qu'Alexandre Balkany occupait déjà son appartement à loyer plafonné de Neuilly, le conseil municipal de Levallois-Perret lui avait octroyé une indemnité d'éviction de 75 000 euros pour récupérer le local de sa société Netconnect (logiciels informatiques) loué à la municipalité et y réaliser… des logements sociaux.

Nous sollicitons Alexandre, c'est sa mère, Isabelle Balkany, qui nous répond : "Mon fils a eu ce logement en 2000, à 20 ans. Il voulait son indépendance mais ne pouvait pas s'assumer financièrement. Or ce sont bien les revenus personnels du demandeur qui comptent. Nous, nous l'aidions autant que nous pouvions mais à l'époque, nous étions dans une situation professionnelle et financière moins facile. Son père n'était plus ni député ni rien…" Mme Balkany souligne la cherté du loyer payé : 950 euros, charges comprises, pour un 35 mètres carrés. Pourquoi, alors, ne pas avoir cherché dans le secteur privé ou dans une ville voisine ? "Alexandre voulait être à Neuilly. Et Neuilly, c'est cher", rétorque-t-elle.

Pour choquante qu'elle soit, cette situation peut parfaitement être en phase avec la loi. Bien des locataires "sélects" habitent des HLM dont l'attribution n'était soumise à aucune condition de ressources au moment de leur entrée dans les lieux. C'est le cas des ILN (immeubles à loyer normal) qui s'élèvent au 28, boulevard du Général-Leclerc et au 17-23, rue d'Ybry. Propriété de l'office HLM des Hauts-de-Seine jusqu'au début 2007, ces bâtiments ont été cédés à la Semine. Une convention vient d'être signée avec l'Etat et les 212 logements sociaux qui se trouvent à ces deux adresses seront, à l'avenir, loués à des particuliers dont les revenus n'excèdent pas un seuil donné.

"GAGNER SUFFISAMMENT D'ARGENT POUR ENTRER DANS LES LIEUX… "

Mais jusqu'alors les critères de ressources n'entraient pas en ligne de compte bien que ces logements soient recensés au titre de la loi SRU de décembre 2000, supposée "garantir un meilleur respect du droit au logement et de la mixité sociale". Le trésorier de l'UMP des Hauts-de-Seine assure avoir obtenu son logement en 1988, alors qu'il n'exerçait aucune fonction politique, dans des conditions " tout à fait normales ". Idem pour le Pdg d'Arthus-Bertrand : "A l'époque, on ne parlait pas de revenu maximal. Il fallait même gagner suffisamment d'argent pour entrer dans les lieux… " Ou pour Hervé Bolze, de l'office HLM des Hauts-de-Seine." M. Bolze s'est vu attribuer un logement qui n'était soumis à aucune condition de ressources. Rien n'interdisait de le lui louer", fait-on valoir à l'office.

La sociologie du peuplement des HLM neuilléens résulte aussi des techniques de financement du logement social. L'apport du conseil général fait de cet organisme un "réservataire" qui dispose d'un contingent d'appartements. Trente agents du conseil général des Hauts-de-Seine sont donc logés dans le parc social de Neuilly, dont six dans les appartements sociaux les plus haut de gamme. La directrice de la communication de l'UMP, ancienne attachée de presse puis directrice de la communication du conseil général, bénéficie d'un appartement social (de 90 mètres carrés pour 1 150 euros) à ce titre, mais nous avoue s'être parfois "posé la question d'un déménagement

" depuis sa prise de fonctions à l'UMP. En revanche, la directrice générale adjointe du conseil général, Halina Grunda-Hendzel, ex-chef de cabinet de Charles Pasqua lorsqu'il présidait le conseil, est logée en dehors de ce contingent. Elle n'a pas souhaité s'exprimer.

Autre explication : le foncier est rare et cher à Neuilly, comme le rappelle sans cesse la mairie. Les bailleurs en sont donc réduits à acquérir des immeubles anciens du parc privé pour les transformer en HLM. Les locataires en place au moment du rachat ont le droit de rester, même avec des revenus supérieurs aux plafonds, du moment qu'ils s'acquittent d'un surloyer. Cinq adresses HLM de la ville sont concernées. En 2000, par exemple, le bailleur social I3F a acheté à la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav) un ensemble immobilier donnant sur deux rues, au 43, rue de la Ferme et au 125, boulevard du Général-Koenig. Lorsque la transaction a été actée, la plupart des 214 appartements étaient déjà occupés. Il reste encore seize anciens occupants payant un surloyer.

Depuis 2000, 148 nouveaux ménages se sont installés rue de la Ferme et boulevard Koenig, fait-on remarquer chez I3F. La population s'est renouvelée à 70 %, et 20 % des nouveaux habitants bénéficient de l'APL, prestation distribuée aux personnes ayant de faibles revenus. Reste que dans les appartements déclarés sociaux (financés en partie par la mairie, ce qui lui permet d'éviter les pénalités liées à la loi SRU) résident bon nombre d'anciens locataires aisés du secteur privé. Comme ce haut responsable de la télévision publique, originellement locataire du Gan, qui " se tamponne " de voir son appartement figurer dans la liste des logements sociaux de la ville : " Ce ne serait pas normal que pour loger des gens, on en vire d'autres ! " Selon lui, sur la vingtaine d'appartements que compte son immeuble, une moitié est encore occupée par des ex-locataires du privé.

Le maire (UMP) de Neuilly, Louis-Charles Bary, assure au Monde 2 respecter " totalement la loi et les règles d'attribution " : " Nous n'avons jamais donné de logements sociaux à des gens au-dessus des plafonds de ressources. Plafond qui est, au maximum, de 47 000 euros annuels pour un ménage avec enfant. Je le sais puisque quand un logement social appartenant à la ville se libère, ce qui est rare, c'est moi qui l'attribue ! On ne va tout de même pas réunir une commission d'attribution de quatorze personnes pour quelques logements chaque année ! Si les familles déjà installées viennent ensuite à dépasser les plafonds, nous appliquons des surloyers. " Mais en région parisienne, ce supplément de loyer ne comble pas le fossé avec les prix du marché. Insuffisamment dissuasif pour inciter les familles aisées à céder la place.

Pascale Krémer
Source: LeMonde.fr

27/01/2008 17:55
L'ex (8/18) (0 commentaire)

Faut-il ranger Cécilia à la fois parmi les humiliés de Sarkozy et les sarkophobes ? Parmi les humiliés, sûrement pas : c'est elle qui est partie... Parmi les sarkophobes, la question mérite d'être posée, à l'aune des confidences qu'elle a faites aux auteurs des ouvrages récemment parus sur elle. «Pingre», «sauteur», ne faisant vraiment pas président de la République, Cécilia n'épargne guère Nicolas. Le portrait au vitriol qu'elle trace ravira en tout cas les sarkophobes, pour qui l'objet de leur détestation est avant tout un monstre d'égoïsme.

 

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


27/01/2008 17:53
Les humiliés (7/18) (0 commentaire)

Ceux-là ont subi à leurs dépens le caractère vindicatif d'un Sarkozy qui n'hésite pas à menacer de représailles quiconque ose lui résister. Ainsi, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'Egalité des Chances dans le gouvernement Villepin. Il a eu l'imprudence, à propos de l'emploi, fameux, du mot «racaille», de déplorer une «sémantique guerrière». Coup de téléphone furibard de Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule». François Goulard, également ministre du gouvernement Villepin à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, a eu droit au même traitement. Son crime à lui ? Avoir été le dernier des partisans de la candidature Villepin, en 2007. Sans surprise, on retrouve aujourd'hui Begag et Goulard à la tête de la légion des humiliés du sarkozysme, qui n'hésite pas à faire assaut de sarkophobie. Le premier accuse Sarkozy d'«avoir semé la haine dans les banlieues». Le second s'est interroge récemment pour savoir si l'actuel quinquennat sera «autre chose qu'une suite d annonces tonitruantes et de demi-réformes présentées comme des révolutions».
Sarkozy a l'art de se faire, des ennemis dans son camp car il humilie comme il respire. Hier, ses victimes étaient les «petits» ministres. Président, il humilie tous azimuts. Son principal souffre-douleur est sans conteste son Premier ministre, auquel il a subtilisé d'entrée sa résidence de week-end, la Lanterne, et auquel il conteste le moindre de ses pouvoirs. Reconnaissons à François Fillon une certaine force de caractère : un moment au bord de la démission, confiant volontiers à ses proches combien le choque «la vulgarité» du président, il a réussi jusque-là à ne pas verser dans la sarkophobie. Tout en se présentant de plus en plus volontiers comme l'anti-Sarko...

 

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


26/01/2008 21:48
Enquête sur les HLM de Neuilly (2/4) (1 commentaire)

Nous démarrons une tournée pédestre avec Monique et Michel Pinçon-Charlot, habitués à arpenter la ville en tous sens depuis vingt ans. Dix-huit adresses HLM, pour une ville de 61 000 habitants. Des immeubles proprets des années 1920, à façades de brique. Des constructions cubiques des années 1960, avec pare-balcons en verre fumé et jardins intérieurs soigneusement entretenus. Et des nouveautés au classicisme de bon aloi : pierre de taille, balcons en fer forgé, entrées en similimarbre, verre et bois clair… Au 39, rue de Villiers, dernier HLM érigé, la façade offre un arrondi qui doit donner du charme aux salons, et même de grandes terrasses à certains étages. "Pour qui ne dispose pas des adresses, relèvent les deux sociologues, la plupart des HLM sont d'un standing qui les rend indécelables, d'autant qu'ils sont dispersés aux quatre coins de la ville."

Lorsque les concierges et les multiples digicodes nous le permettent, lorsqu'une porte s'entrouvre, nous recueillons le patronyme des habitants sur les boîtes aux lettres ou les interphones à noms déroulants. Monique, d'emblée chaleureuse, a l'art de lier conversation avec les gardiennes ; Michel celui de noter sans en avoir l'air. Premières constatations : nous relevons très peu de noms à consonances africaines ou maghrébines, et remarquons quelques sociétés domiciliées dans ces appartements.

La discussion s'engage parfois avec des habitants. Ici des adolescents confient que leur père est gestionnaire de fortune dans une banque suisse. Là une jeune femme, qui avait déjà vécu en HLM avant d'emménager au 28, boulevard du Général-Leclerc, en bord de Seine, n'en revient pas que ses nouveaux voisins soient si "chics" : "C'est agréable, ici ! Il y a même un jardin intérieur… Et dans le parking, les voitures, ce ne sont pas des voitures de HLM !" Nous y pénétrons avec elle. Peugeot 607, Citroën C5, énorme 4 x 4, BMW, coupé Alfa Romeo de collection…

Autre adresse. "Y a-t-il dans votre immeuble des gens que vous ne vous attendriez pas à voir en HLM ? , demande-t-on à une habituée des lieux. Elle éclate de rire. "Pour être honnête, à part deux ou trois personnes, il n'y a que ça ! On est dans un château ici. Il n'y a que des gens qui ont de bonnes positions, qui sont très exigeants. Que des Blancs. Faut dire, c'est relativement cher, faut avoir l'emploi ou la retraite qui va avec l'appartement. Et puis, il faut pouvoir vivre à Neuilly. Moi, pour faire mes courses, je dois prendre la voiture et aller en banlieue !  Expression savoureuse. Neuilly, ce n'est pas la banlieue.

DU WHO'S WHO AU BOTTIN MONDAIN

C'est un monde à part. Avenue du Roule, une gardienne tirée à quatre épingles nous décrit "ses" locataires : "Il y a de tout ici, on a même d'adorables petits Noirs. Des Cap-Verdiens."

L'immeuble, en pierre blanche, est éclairé par des lanternes à l'ancienne et bordé d'une allée plantée d'arbres. "C'est du HLM de Neuilly, justifie-t-elle. Il fallait bien que ça reste dans le cadre !"  Sur Internet, l'annuaire nous fournit d'autres noms : aux adresses des HLM, nous retrouvons tous les détenteurs de lignes téléphoniques fixes qui n'ont pas souhaité se dissimuler sur liste rouge. Et grâce au recensement électoral, nous complétons le tableau. Des centaines de noms que nous passons ensuite systématiquement aux filtres du Bottin mondain, l'annuaire de la haute société, du Who's Who, qui inventorie l'élite professionnelle du pays, et des moteurs de recherche du Web.

Résultat : les membres de la noblesse et de la grande bourgeoisie occupent une part non négligeable des appartements. Dans le parc social neuilléen, nous retrouvons ainsi une trentaine de familles ou de personnalités qui ont confié leur adresse privée au Who's Who ou au Bottin mondain, publications librement accessibles. Dans ce dernier ouvrage, parmi les 1 463 familles mentionnant Neuilly comme lieu de résidence, 21 ont fourni une adresse qui correspond au parc social.

Au total, nous découvrons sept fils ou filles de comtes et de comtesses. Une douzaine de propriétaires de résidence secondaire ("domaine" au Lavandou, "prieuré" en Suisse…), parfois même de plusieurs, ainsi que six membres de familles qui possèdent au moins un château. De fil en aiguille, nous lisons même sur Internet la petite annonce passée en août 2007 par un bénéficiaire de logement social au nom riche de deux particules, qui met en location un appartement dont il est propriétaire au métro Pont-de-Neuilly…

Les cercles les plus prestigieux et fermés sont représentés : membres du Jockey Club, de l'Automobile Club de France, de l'Association sportive du Cercle du bois de Boulogne (pour ce dernier, les droits d'inscription atteignent 8 000 euros, la cotisation annuelle 800 euros). Tout comme les décorés de la Légion d'honneur, de l'Ordre national du mérite, des Palmes académiques. Autre singularité, la présence de dirigeants de société et de cadres supérieurs d'entreprise. A l'instar de Nicolas Arthus-Bertrand, pdg de la société Arthus-Bertrand, fondée en 1803, installée place Saint-Germain-des-Prés, à Paris, qui emploie 280 salariés et a réalisé 24 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006.

EN TOUTE LÉGALITÉ

Dans les logements sociaux de Neuilly, comptabilisés au titre de la loi SRU, on a encore le loisir de croiser de hauts responsables de chez, entre autres, Nissan, Total ou Veolia environnement, ou de la télévision publique. Une poignée de dirigeants de PME, d'administrateurs de société, de médecins, d'avocats, magistrats, experts-comptables, analystes financiers, inspecteurs des impôts, etc. Un ex-grand secrétaire de la Grande loge nationale française.

On remarque aussi des responsables du conseil général des Hauts-de-Seine et de l'office départemental d'HLM. Comme Hervé Bolze, bras droit du directeur de l'Office, qui fut aussi le directeur de cabinet de Patrick Balkany à la mairie de Levallois. Ou Halina Gruda-Hendzel, actuelle directrice générale adjointe du conseil général. Puis viennent des proches de l'UMP. La responsable de la communication du parti, Sabine Rozier-Deroche. Le trésorier départemental du même parti, Sami Chatila, également conseiller municipal de la majorité à Neuilly. Un ancien conseiller municipal RPR de Neuilly. Et une chargée de mission auprès du chef de cabinet de Nicolas Sarkozy.

Pascale Krémer
Source: LeMonde.fr
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26/01/2008 21:40
Les stigmatisés (6/18) (0 commentaire)

Oh, le p'tit pois, on t'a demandé ton avis ? Eh bien oui, justement, le p'tit pois - entendez le juge, dans le verbe présidentiel - se rebiffe. A la rentrée solennelle de la cour d'appel de Nîmes, le premier président Jean-Pierre Goudon s'est payé le chef de l'Etat. Revenant sur les propos de Nicolas Sarkozy comparant les magistrats de la Cour de Cassation à «des petits pois alignés, même couleur, même gabarit, même absence de saveur», Goudon a ironisé : «Ces propos venant du chef de l'Etat, garant de l'indépendance de la magistrature, ont beaucoup choqué la communauté judiciaire, mais en ce début d'année soyons zen, tout soumis à notre obligation de réserve et respectueux des institutions !» Avant de dénoncer, au passage, le «démon du spectacle, du voyeurisme ou du vedettariat»...
Ainsi va l'anti-sarkozysme, qui ne connaît plus de borne, pas même le respect dû au président ? «Ce qui s'est passé à Nîmes est hors norme, reconnaît Dominique Barella, ancien président de l'Union syndicale des Magistrats. Mais le comportement de Sarkozy entraîne cela. Lui-même ne connaissant aucune limite, mélangeant le public et le privé, n'hésitant devant aucun abus de langage, finit par déteindre.»
De fait, la rébellion des juges en rappelle d'autres. Celle des rappeurs poursuivis devant les tribunaux (La Rumeur, Sniper) . Celle d'un Lilian Thuram parti en guerre au nom de son enfance banlieusarde après la phrase sur les «racailles». Celle - qui sait ? - de journalistes las d'être taxés de voyeurisme par un exhibitionniste, ou suffoqués par le mépris déversé sur le patron de «Libération», Laurent Joffrin, lors de la conférence de presse présidentielle. «Sarko frappe quand on ne peut pas se défendre, explique Jean-Pierre Havrin, ancien patron des polices de Haute-Garonne, lui aussi stigmatisé en 2003. Taper des fonctionnaires soumis à l'obligation de réserve, c'est facile. Ou lancer au pêcheur de Guilvinec «descends si tu l'oses !» quand on est entouré de gardes du corps, ce n'est pas héroïque !» Sarko, faux dur à la langue trop bien pendue, finit par créer des envies de coup de boule ! Même dans la police...
Car Havrin en atteste : malgré la solidarité et la sympathie qui lui sont manifestées depuis quatre ans dans la grande maison rien n'est acquis au chef de l'Etat.
«En 2003, Sarko était venu me taper pour des raisons politiques parce que j'avais conçu la police de proximité. Mais en faisant cela il a trahi des policiers courageux, qui ne l'ont jamais oublié.» Havrin n'a jamais digéré la manip : «Une conseillère de Sarkozy était venue préparer sa visite. Mes hommes lui parlaient de lutte contre la délinquance, elle répondait :«Non, ça, on le sait. Le ministre veut parler de prévention !» C'est comme ça qu'un policier a évoqué des matchs de rugby avec des jeunes...» La conseillère avait exulté : «Voilà, c'est ça que vous devrez dire au ministre !» Et face à Sarkozy le malheureux policier, comme prévu, avait parlé rugby, pour se faire aussitôt reprendre de volée devant les télés complaisantes... «Les policiers me regardaient, effarés. Moi, j'étais sanglé en grand uniforme, silencieux. Le devoir de réserve, c'est une chape de plomb.» A la retraite depuis décembre, jubilant de voir Alliot-Marie redécouvrir sa police de proximité - «elle aussi, elle a une revanche à prendre sur Sarko» - et candidat sur la liste de gauche à Toulouse, il se lâche...

 

Claude Askolovitch
Le Nouvel Observateur


26/01/2008 21:37
Badiou à la mode (5/18) (0 commentaire)

Jean-François Kahn et Emmanuel Todd sont habitues a figurer sur les listes de best-sellers. Mais c'est le succès du dernier livre d'Alain Badiou (photo), «De quoi Sarkozy est-il le nom ?» (1), qui sidère aujourd'hui la planète littéraire. A ce jour, près de 20 000 exemplaires ont été écoulés. Preuve que Sarkozy ne fait pas seulement vendre des ouvrages people... Cet agrégé de philosophie, militant maoïste dans les années 1970, avait jusqu'ici multiplié les livres aux tirages confidentiels. C'est dans le cadre du séminaire qu'il anime à l'Ecole normale supérieure qu'est née au printemps dernier, au moment de la campagne présidentielle, l'idée de ce livre. De quoi Badiou est-il le nom ? D'une des expressions les plus achevées de la sarkophobie !

(1)Editions Lignes, 14 euros.

 

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


26/01/2008 16:59
Dominique de Villepin : Un mystique de la politique (0 commentaire)

mardi 22 janvier 2008,

Source : http://www.cftong.eu/politique_02_75.htm

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Troublant parallèle que celui qui tenterait certains esprits pervers à la lecture de l’ouvrage que consacre Dominique De Villepin à Napoléon, intitulé "Après les cent jours", en attendant le tome sur "le crépuscule de l’Aigle" (1807-1814) et celui sur "Sainte-Hélène". En tentant de décortiquer un destin, voire un mythe celui de Napoléon, de Lodi, où s’est amorcée la montée d’une étoile à Tilsit, l’apogée du soleil de la puissance et de la gloire, De Villepin analyse les tenants et les aboutissants des métamorphoses qui ont fait d’un obscur petit caporal, gentiment brocardé par ses soldats comme homme de main de Barras chargé en Italie d’une simple opération de diversion, un grand général puis un empereur qui a, un temps, mis l’Europe au pas.

Au fil des pages, Dominique De Villepin narre avec une poignante finesse l’épopée napoléonienne comment du Dupont de Lodi au massacre d’Eylau, de la flamboyante campagne d’Italie aux neiges de Pologne, l’Europe assiste, médusée, à l’irrésistible ascension de Napoléon Bonaparte. Comment le "petit caporal" se mue en audacieux général en 1796 puis en invincible empereur en 1807. Dans "Après les cent jours", Dominique De Villepin narre avec verve et précision, la partie glorieuse du vol de l’Aigle. Mais il décrit aussi un homme rongé par la peur et progressivement et irrésistiblement rongé puis égaré par le feu follet de la puissance et les sirènes de la gloire.

En filigrane, on ne peut ne pas constater que l’ancien Premier ministre livre aussi sa réflexion sur l’ivresse et le vertige du pouvoir.

Lodi, pour Napoléon, dit Dominique De Villepin, c’est la prise de conscience d’un destin… Napoléon fera plus tard référence à l’"étoile de Lodi". Dans cette bataille pour passer un pont, il force le destin. Napoléon dira : "Je voyais déjà le monde fuir sans moi comme si j’étais emporté dans les airs". Et il ajoute : "Je ne me regardais plus comme un simple général, mais comme un homme appelé à influer sur le sort d’un peuple". Plus que le passage d’un tacticien à un stratège, Lodi est le pas sage d’un homme du commun à un homme d’exception. On ne peut ne pas faire le parallèle avec ce jour, au siège des Nations unies, où Dominique De Villepin s’est dressé face à une mégapuissance et a dit Niet à ses desiderata, contrairement à ses pairs de ces grands pays européens qu’étaient l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne… et bien d’autres.

Ce jour-là, Dominique De Villepin a incarné une France debout, tirant sa légitimité de la conscience qu’elle a de sa différence, une grande clef de l’histoire politique. Et l’Histoire, précisément, lui a donné raison d’avoir su rester digne et fort, envers et contre toutes les pressions et les chantages les plus vils.

Ce jour-là, comme Bonaparte, pas encore promu Napoléon, Dominique De Villepin a fait l’exploit de se placer et de placer la France au centre de la scène : son talent politique pour gérer les tensions et les pressions, parler aux foules du tiers monde, toucher les coeurs, à l’échelle du monde arabo-musulman, toutes obédiences confondues, limiter les horreurs de la guerre, éviter l’implication de la France dans les compromis et les compromissions, le distingue.

Nourri des blessures d’amour-propre, debout tel un roc faisant fi de l’opprobre que l’Oncle Sam et ses sbires jetaient alors sur la France, traversant les épreuves diplomatiques dans la solitude, il a, c’est ce qui se dégageait à l’époque, conscience de sa prédestination à un grand destin. Dans le monde arabe en tout cas, tout le monde en était convaincu.

Mais comme Napoléon, il ne s’est pas cru irrésistible. Il a appris, dans l’exercice des missions qui lui ont été imparties, la précarité des choses. Comme Bonaparte dans les prisons de Thermidor ou quand un boulet le frôle ou qu’un cheval est tué sous lui à Toulon, Dominique De Villepin a compris que tout peut basculer. Il a soutenu fermement et sans aucune équivoque, Sarkozy, ministre de l’intérieur quand les banlieues ont flambé à l’automne 2005. Mais sans avoir pris conscience de la volatilité des situations. Il ne l’aura compris que quand, lors de la crise du CPE, Sarkozy ne lui a pas renvoyé l’ascenseur. Alors même que là, il n’a fait qu’exécuter les diktats de l’Elysée. Mais juridique, loyal et loyaliste jusqu’au bout des ongles, cultivant le sens de l’honneur, le sens de la famille politique, il s’est livré tout seul en pâture, sans broncher sans se démarquer de sa hiérarchie à la colère des foules. Une colère savamment orchestrée par certains de sa famille politique, qui n’ont pas caché leur plaisir jubilatoire à le déstabiliser, voire à le déboulonner carrément. Mais on verra bien ce que l’Histoire retiendra de ces journées houleuses où la colère des foules était disproportionnée au motif supposé de leur colère, voire à l’alibi prétexté. Pour notre part, ce que nous avons retenu de ces événements, c’est la force intérieure, le courage et la loyauté d’un homme qui s’est sacrifié par sens de l’éthique, de respect de la déontologie et respect de ses engagements envers sa hiérarchie.

Contrairement à Bonaparte, Dominique De Villepin n’a pas su détecter à temps que le pouvoir a constamment besoin d’un sabre, et qu’il faut savoir n’être pas là dans certains moments de grande tension pour éviter l’opprobre et faire fonction de bouc émissaire. Quitte à savoir comme un certain de ses collègues d’alors transformer l’échec en succès. Il n’échappe en effet à personne que l’ex-président Chirac, ulcéré par la désertion de son ex-protégé Sarkozy en 1995 quand son disciple préféré d’alors l’avait plaqué pour Balladur, a cru offrir à Sarko un cadeau empoisonné en l’affectant Place Beauveau pour le voir y laisser des plumes. Plus malin, Sarko a su, tel un phénix, renaître perpétuellement de ses cendres et damer le pion à ses détracteurs comme à ses faux amis.

Contrairement à Dominique De Villepin, Sarkozy a toujours joué sur son sentiment de fragilité et a su ne pas être dupe de son ascension. Il a compris, lui, que la politique est souvent tapissée d’équivoque et qu’il s’agit de ne pas en sortir. Q