Les proches de l'ancien premier ministre sont trop peu nombreux pour compter. Mais ils usent plus que volontiers de leur liberté de parole.
LES VILLEPINISTES, combien de divisions ? Cinq, dix, quinze députés ? La cause est entendue : les amis de Dominique de Villepin ne sont pas nombreux. Mais la petite troupe est restée soudée. Marginalisés, moqués et même menacés, les villepinistes continuent de faire feu de tout bois et d'user de leur liberté de parole. Avant-hier encore, ils annonçaient leur intention d'« avoir une réflexion sur les institutions » et de « travailler sur d'autres propositions » que celles formulées par le comité Balladur.
Avec les tests ADN, le projet de réforme de la Constitution, voire le budget 2008, François Goulard, Hervé Mariton, Georges Tron ou encore Jean-Pierre Grand ont repris du poil de la bête. Parmi la quarantaine de députés de la majorité qui ont voté contre le projet de loi sur l'immigration ou qui se sont abstenus, on retrouve sans surprise le noyau dur des élus chiraco-villepinistes.
L'Élysée et Matignon, qui ont déjà fort à faire avec le reste du groupe, plutôt remuant, préfèrent les ignorer. Nicolas Sarkozy ne leur adresse pas la parole. François Fillon était, jusqu'à présent, sur la même ligne. Jusqu'à la mi-octobre, où le premier ministre a tapé du poing sur la table et rappelé publiquement à l'ordre l'ancien ministre François Goulard, coupable d'avoir participé à un meeting anti-ADN organisé par la gauche. « La réprimande a eu lieu en mon absence. J'attends toujours qu'on me le dise en face », soupire Goulard. « Les villepinistes ? Ce sont trois ou quatre connards qui existent seulement à la salle des Quatre Colonnes », grince Patrick Balkany, l'ami du président. À l'UMP, personne ne croit réellement à la constitution d'un courant d'opposition à l'intérieur de l'UMP.
« Comme des petits poids »
Sans troupes et sans organisation, les villepinistes ne comptent pourtant pas se taire. « On a dîné entre copains il y a quinze jours. On doit se retrouver à la mi-novembre. Pour le reste, chacun agit à sa guise », admet l'ancien ministre Henri Cuq, qui préfère rester en retrait même s'il n'en pense pas moins. Si cette quinzaine d'élus partagent une même « amitié » avec Dominique de Villepin, ils voient curieusement assez peu l'ancien premier ministre. « Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit. Moi, je suis d'abord un indépendant », insiste Goulard. « La vie, ce n'est pas être dans le rang. Être député, c'est être libre. On ne va pas s'aligner comme des petits pois », ironise Hervé Mariton. « Nous sommes critiques quand il le faut, et loyaux tout le temps », se défend Jean-Pierre Grand. Pourtant, les désaccords entre villepinistes et sarkozystes se manifestent parfois jusqu'au niveau local. Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault, a ainsi créé un beau désordre en affirmant que le candidat UMP Jacques Domergue ferait un « mauvais candidat » aux municipales à Montpellier.
S'ils ne constituent pas une menace pour la cohésion de la majorité, les « snipers » villepinistes savent néanmoins appuyer là où ça fait mal et dire tout haut ce que beaucoup de parlementaires pensent tout bas. Hervé Mariton doute ouvertement de la méthode Sarkozy. « On fait des réformes à mi-chemin », regrette le député de la Drôme, en citant le service minimum et la réforme des universités. « Sur les régimes spéciaux, on en prend le chemin avec une réforme totalement inévaluable. On va économiser 100 millions d'euros sur 2,7 milliards de subventions versés par l'État », annonce-t-il, chiffres à l'appui.
L'élu de l'Essonne Georges Tron a une autre analyse. Pour lui, le président et le premier ministre ont mal apprécié « l'état d'esprit des députés ». « Ils sont restés bloqués sur le résultat du premier tour des législatives. » Et Georges Tron de prédire : « Ce groupe UMP ne sera pas facile à contrôler. On le voit avec l'ouverture qui passe mal, ou la proportionnelle qui est rejetée. » Il est vrai que ce sont des sarkozystes (Alain Gest et Bernard Debré) qui ont lancé la pétition contre la proportionnelle. Preuve que les villepinistes n'ont pas le monopole de la contestation interne.
PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a défendu mardi l'action de son gouvernement lors de la vente d'actions EADS par Lagardère et Daimler au printemps 2006 et a pointé la responsabilité des industriels.
Entendu par la Commission des finances du Sénat, il s'est montré particulièrement combatif, défendant "les principes fondamentaux" de l'action stratégique et de "l'action morale".
Il a expliqué que l'Etat attachait une grande importance à l'industrie aéronautique mais a souligné qu'il ne pouvait agir sur EADS que dans un cadre établi. Il a ajouté qu'il ne pouvait pas empêcher Lagardère et Daimler de vendre des actions et qu'une étude avait jugé impossible une préemption par l'Etat.
Les deux actionnaires industriels ont vendu chacun 7.5% du capital en avril 2006 quelques semaines avant l'annonce de nouveaux retards du programme A380, qui a provoqué une chute de 26% du cours de Bourse d'EADS en une seule séance, le 13 juin.
"L'Etat n'a pas vocation à se définir par rapport à telle ou telle occasion et donc il ne l'a pas fait", a dit Dominique de Villepin pour justifier la décision de ne pas vendre alors que, selon lui, Lagardère avait demandé à l'Etat de réduire sa part.
"C'est un mauvais procès qu'on fait à l'Etat de considérer qu'il fallait que nous sachions ce qui se passait dans les usines allemandes alors que l'état-major l'ignorait ou disait l'ignorer", a expliqué l'ancien chef de gouvernement.
"Il y a une responsabilité vraisemblablement mais je ne crois pas qu'il faille aller chercher des poux dans la tête de l'Etat parce qu'il n'y aucune raison de les trouver".
IMPRESSIONNÉ PAR LA PLUS-VALUE DE LAGARDÈRE
"En ce qui concerne les industriels, chacun doit assumer sa part de responsabilité", a-t-il dit. "Si nous posons la question aujourd'hui, il faut voir que nous sommes évidemment impressionnés par un certain nombre de faits révélés, la plus-value réalisée par le groupe Lagardère".
Il a expliqué que personne ne pouvait "se substituer à un management" pour savoir ce qui se passe dans une entreprise. "Si une information industrielle n'est pas transmise, rien ne pourra changer cette situation. Je reconnais que cela pose des questions mais cela ne pose pas de questions à l'Etat. Cela pose des questions à ceux qui ont la responsabilité industrielle.
A l'issue de l'audition, qui a duré à peine un peu plus d'une heure, Dominique de Villepin a de nouveau expliqué que la "gouvernance publique" avait bien fonctionné.
"Je crois qu'il était important de ramener les choses à de justes proportions. Aucune critique précise n'a pu être dirigée à l'Etat. L'Etat a fait ce qu'il devait. Qu'il y ait des zones d'ombres sur le plan industriel, sur la lenteur de transmission de certaines informations, c'est une chose. On ne peut pas soupçonner l'Etat dans ce dossier de ne pas avoir fait ce qu'il devait faire conformément aux principes qui ont été posés".
Il a enfin défendu le fonctionnement actuel de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui a acheté une partie des actions EADS cédées par Lagardère et qui subit une moins-value latente sur cet investissement de 600 millions d'euros.
Dominique de Villepin, ardent défenseur du patriotisme économique, a défendu la possibilité pour l'Etat de donner des instructions générales mais a assuré ne pas se mêler de cas particuliers d'investissement par l'organisme public.
"Il faut bien voir que toute remise en cause du schéma tel qu'il est aujourd'hui ferait entrer l'Etat dans une suspicion qui, à mon avis, serait largement plus dommageable", a-t-il dit.
Seulement un tiers des personnes interrogées souhaite une ratification du traité par le Parlement comme le veut Nicolas Sarkozy.
Selon un sondage CSA à paraître lundi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, 68% des Français voteraient oui à un référendum.
Ratification au Parlement ou par référendum ? Alors que le président de la République s'est prononcé dès la campagne présidentielle pour un vote du parlement réuni en Congrès, de plus en plus de voix s'élèvent pour demander un référendum sur le nouveau traité européen, dit de Lisbonne. Selon un sondage CSA à paraître lundi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, une majorité de Français souhaite que le texte soit adopté par ce biais. 61% des personnes interrogées se déclarent en effet en faveur de la ratification du nouveau traité européen par référendum, contre 31% par voie parlementaire.
Si ce référendum était organisé, 68% des votes exprimés iraient toutefois au oui, selon ce même sondage, et 32% au non. Mais il y aurait 52% d'abstentions, de votes blancs ou nuls. Le 29 mai 2005, lors du référendum français sur la constitution européenne, le non l'avait emporté par 54,67%. Il y avait eu 30,62% d'abstention et 2,52% de votes blancs ou nuls.
Alors que le Parti socialiste peine à adopter une position commune sur le sujet, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius a souligné dimanche que "ce qui a été décidé par référendum ne peut être réexaminé que par référendum". Dans une interview paru dans le Parisien-Aujourd'hui en France, le député de Seine-Maritime estimait qu'"une autre procédure [que le référendum] ne serait pas vraiment démocratique". De son côté, Jack Lang a estimé qu'un référendum n'est "pas nécessaire", lui préférant un vote parlementaire "comme les autres pays démocratiques d'Europe".
"Quand on saura qui, on verra bien que je n'avais rien à voir avec ce dossier", a-t-il expliqué.
"Qui a falsifié les listings?": c'est ce que veut savoir Dominique de Villepin des juges qui instruisent l'affaire Clearstream. Interrogé sur ses attentes concernant l'instruction de cette affaire, l'ancien Premier ministre a en effet répondu, vendredi 26 octobre: "une chose très simple, très très simple: que l'on sache, que je sache, que tous les Français sachent qui a falsifié ces listings".
"Une donnée très simple"
"Je crois qu'au-delà des rumeurs, au-delà des fuites et de la rupture du secret de l'instruction qui alimente toutes ces rumeurs, il y a une donnée très simple, un fait très simple: qui a falsifié ces listings?", a-t-il insisté. "Quand on saura qui, on verra bien que je n'avais rien à voir avec ce dossier", a-t-il ajouté.
Dans son édition de dimanche, le quotidien américain lance une critique acerbe de la loi française sur l'immigration. Il appelle à l'abrogation de l'amendement sur les tests ADN.
"M. Sarkozy veut être perçu comme un homme d'Etat. Il se doit alors d'agir comme tel". Dans son éditorial du 21 octobre, le New York Times appelle le président de la République à retirer l'amendement ADN de la loi immigration, qui doit être définitivement adoptée mardi par l'Assemblée nationale.
Dans un court mais incisif éditorial de six paragraphes, titré "Bigoterie pseudo-scientifique en France", le quotidien revient sur le texte qui fait polémique depuis plusieurs semaines dans l'Hexagone. Il rappelle notamment que les familles françaises, comme celles américaines, sont aujourd'hui constituées de sang et de génétique mêlés. "Les tests ADN sont utiles pour établir une culpabilité ou une innocence. Mais ils n'ont pas leur place dans une loi sur l'immigration", lance le journal, qui affirme que "les questions d'immigration font ressortir les pires instincts des hommes politiques".
Pour mieux demander au locataire de l'Elysée de supprimer un texte qu'il qualifie d"hideux", le New York Times établit un parallèle avec l'Etat français du maréchal Pétain. Il souligne que les "les notions pseudo-scientifiques de lignée pure ont été introduites en France avec des conséquences tragiques" par les Nazis et les collaborateurs de Vichy. "Les politiciens français devraient retenir les leçons de l'Histoire française récente", conclut le quotidien.
Source: lci.fr
Voici l'article de "The New-York Times" dans son intégralité:
Pseudoscientific Bigotry in France
Published: October 21, 2007
Immigration issues bring out the worst instincts in politicians who should know better. Congress showed that earlier this year. Now it is the turn of France’s Parliament. It is moving toward final approval of an ugly new law that would introduce DNA testing as a potential basis for excluding prospective immigrants hoping to reunify with family members already living in France.
DNA testing can be a useful tool in establishing criminal guilt or innocence. But it has no rightful place in immigration law. Modern French families, like modern American families, are constituted on many bases besides bloodlines and genetics. This is something most French politicians and voters should be aware of.
They should also be aware of the cautionary lessons of modern French history. Under the Nazi occupiers and their Vichy collaborators, pseudoscientific notions of pure descent were introduced into French law with tragic consequences.
The DNA provision, proposed by a member of Parliament close to President Nicolas Sarkozy, has been angrily denounced by the center-left opposition, principled members of the center-right majority and a member of Mr. Sarkozy’s cabinet. As a result, the legislation has been hedged with some cautionary language, but not enough. Meanwhile, Mr. Sarkozy, who could have intervened to stop this bill at any point, and still can, has not, and is not very likely to.
Though himself the son of a Hungarian immigrant, Mr. Sarkozy has made his political name with harsh criticism of more recent immigrants, especially North African Arabs. His pandering on this issue helped win him votes that used to go to far-right extremists like the perennial presidential candidate Jean-Marie Le Pen.
Immigrant bashing is an effective vote-getter. Unfortunately, it leads to bad laws, bad policies and needless human suffering for the individuals and families it targets and exploits. Mr. Sarkozy wants to be seen as a statesman. He should act like one.
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé mercredi que la relation entre les médias, les grands groupes industriels et le pouvoir politique en France n'était actuellement pas saine. Interrogé sur RMC sur l'opportunité d'une loi qui interdirait aux sociétés ayant des contrats importants avec l'Etat de posséder des groupes de médias, il a répondu: "C'est un vrai, vrai, vrai sujet dans notre pays. Je constate depuis des années les interférences qui existent. Je suis inquiet de ce point de vue là du fonctionnement de notre démocratie et j'estime que la relation entre le pouvoir médiatique et le pouvoir politique et le pouvoir économique n'est pas saine", a-t-il ajouté. Dominique de Villepin juge "ubuesque quand un grand patron s'exprime dans son propre journal sur un sujet particulièrement délicat" et estime que "trop souvent en écoutant tel ou tel média, on sait qui est le maître".
Dominique de Villepin dresse un portrait plutôt sombre de l'Empire. De Napoléon à Nicolas Sarkozy, l'ancien premier ministre attaque l'esprit de cour d'hier et d'aujourd'hui.
Dans son ouvrage, Villepin reprend l’histoire de Napoléon, sans oublier la politique de son temps: «Le régime présidentiel ne me paraît pas adapté à l’esprit de nos institutions.» UNE LIBRAIRIE À NANTES, LE 4 OCTOBRE 2007 Après la victoire de Nicolas Sarkozy, l'avenir de son ancien rival Dominique de Villepin semblait devoir se réduire à ses études napoléoniennes. Un exil intérieur forcé pour ce diplomate qui n'a jamais affronté le suffrage populaire.
Cinq mois plus tard, il est omniprésent. Attaqué sur tous les fronts, mis en examen dans l'affaire Clearstream, il passe à l'offensive. Au point que les Français le considèrent désormais comme l'une des figures principales de l'opposition, loin devant le socialiste François Hollande.
L'ancien premier ministre nous reçoit en jeans et veston de velours, dans son bureau situé dans une annexe du Ministère des affaires étrangères.
- Pourquoi ce nouveau livre sur Napoléon, premier d'une trilogie sur le Consulat et l'Empire?
- J'essaie de proposer un regard un peu original sur la chute de l'Empire. Ma conviction est que cette fin ne vient pas par hasard, qu'elle ne se résume pas aux déroutes militaires des dernières années. Le Corse apprivoise en quelque sorte la Révolution en dotant la France d'institutions stables, mais il le fait au mépris d'une certaine idée des libertés et surtout, au travers de l'esprit de conquête: de surenchère en surenchère, l'Empire est comme suspendu à la gloire et à la conquête. Dès que la mécanique s'enraye, dans les années 1807-1808, l'Empire révèle sa fragilité: il est miné de l'intérieur.
- Vous soulignez l'effet néfaste de l'esprit de cour, «consubstantiel à l'esprit français».
- La cour, identifiée et localisée sous la monarchie, ne disparaît pas avec la Révolution. Elle devient clandestine et se mue en esprit de cour, à travers réseaux, clans et coteries, fragilisant du même coup la capacité du pouvoir à s'affirmer clairement. En France, les relations entre le pouvoir et la société n'ont depuis jamais réussi à trouver un juste équilibre.
- La présidentialisation du régime, souhaitée apparemment par la commission Balladur chargée de dessiner des pistes de réforme des institutions, est-elle une solution?
- Le régime présidentiel ne me paraît pas adapté à l'esprit de nos institutions. D'abord, je crains le pouvoir personnel, dans un pays prompt à suspecter cette tentation. Ensuite, si ce n'est plus le premier ministre, mais le président, qui «détermine la politique de la nation», comment fera-t-on en cas de cohabitation?
- Etes-vous aujourd'hui dans l'opposition?
- Non. C'est parce que j'estime que le pays a une chance historique d'être réformé que je m'exprime. Le changement est engagé, je dis simplement qu'il faut le faire du bon pied. Il faut se concentrer sur l'essentiel, les réformes économiques et sociales, et ne pas se disperser. En envisageant des réformes institutionnelles, voire un retour dans l'OTAN, en imposant des tests ADN aux immigrés, on risque de diviser la majorité et le pays au lieu de le rassembler.
- Qu'est-ce que l'affaire Clear-stream? Un complot politique? Un scandale industriel?
- La falsification des listings me paraît d'autant moins politique qu'on sait qu'elle est intervenue dès 2003, alors que je n'ai été saisi du dossier qu'en 2004. De nombreuses personnes figurant sur les listings sont issues de groupes industriels, signe qu'il pourrait s'agir de règlements de comptes: on oublie un peu que cette affaire succède à une autre, l'affaire Lagardère-Thomson, qui avait défrayé la chronique dans les années 1990. Je veux simplement ramener cette affaire à de justes proportions et souligner que s'il y a dénonciation calomnieuse dans ce dossier, on ne saurait en aucune façon m'associer à tout ça.
- Dans le dossier EADS, connaissiez-vous dès janvier 2006, comme l'affirme Arnaud Lagardère, les intentions de son groupe de vendre une partie de sa participation dans EADS, vente qui lui a rapporté gros et qui a coûté cher à l'acheteur, la Caisse des Dépôts?
- Il y a eu une information de Matignon sur l'aspect général de cession des actifs du groupe Lagardère. En revanche, je n'ai jamais été saisi à propos du rachat de ces actifs par la Caisse des Dépôts et je n'ai pas été informé à l'époque des difficultés que rencontrait Airbus. Dans cette affaire, l'Etat a bien fait son travail.
Le soleil noir de la puissance, par Dominique de Villepin. Editions Perrin.
Dominique de Villepin court réellement et bien (contrairement à d'autres). On peut souvent le croiser au bois de Boulogne et notamment autour des lacs vers 11 h du matin le week end. Ce week end, il a participé aux 20 km de Paris et a mis 1h35 et 17 secondes pour finir le parcours (voir photos de son classement et de son arrivée ici plus bas).
Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Dominique de Villepin a vertement critiqué l'amendement autorisant le recours aux tests ADN, "une usine à gaz", qu'il "condamne". Le fait que cette mesure mêle "l'immigration et la génétique" est "condamnable", pour l'ancien Premier ministre. "Il y a un risque d'instrumentalisation, vécu comme tel par certains de nos compatriotes, perçu comme tel à l'étranger", a-t-il souligné, demandant donc sa "suppression pure et simple". Ou qu'il soit "retoqué par le Conseil constitutionnel". Si tel n'était pas le cas, "je parlerais plus fort", a-t-il menacé.
Dominique de Villepin qui était notre invité hier soir au Grand Jury n’a pas tort : « L'art de la défausse est devenu un véritable sport national ». Chacun cherche en tout domaine à se refiler le mistigri. En l’occurrence, Arnaud Lagardère s’efforçant de jeter un voile pudique sur le seul véritable problème d’EADS – le possible délit d’initié, a focalisé volontairement l’attention sur l’ancien Premier ministre en déclarant dans son propre journal, le JDD, que son groupe avait informé Matignon en février 2006 de son intention de vendre 50% de sa participation dans EADS. Mais Dominique de Villepin n’est pas demeuré en reste. Si, à la différence de ce qu’il avait précédemment déclaré, l’ancien Premier ministre a reconnu que ses services avaient bien été informés de l’intention d’Arnaud Lagardère de « monétiser » la moitié de ses actions dans EADS, il a retourné le mistigri dans deux directions pour ce qui concerne l’achat d’une grande partie des actions Lagardère par la Caisse des dépôts et Consignation et pour ce qui touche au possible délit d’initié qui aurait permis au groupe de réaliser une belle plus value au détriment de la Caisse des dépôts.
Matignon n’a pas eu à connaître du rachat par la Caisse des actions d’Arnaud Lagardère, explique Dominique de Villepin qui souligne que cet organisme est indépendant. Néanmoins, « il est inconcevable – comme le souligne Daniel Lebègue qui a dirigé en son temps la CDC, « que la Caisse des dépôts ait agi de son propre chef sans consulter l’Etat à quelque niveau que ce soit ». Si donc ce n’est pas au niveau de Matignon, ne serait-ce pas au niveau de l’Elysée que le feu vert a été donné en avril 2006 ? Jacques Chirac n’entretenait-il pas des liens étroits avec Lagardère et n’avait-il pas beaucoup poussé à la nomination de Noël Forgeard à la tête d’EADS ?
Quand au délit d’initié, si l’ancien Premier ministre refuse évidemment de donner son sentiment, il souligne que là est le vrai problème et demande qui donc a eu intérêt à porter à la connaissance du Figaro la note de l’Autorité des Marchés Financiers qui demande au parquet d’enquêter sur le lien éventuel entre la connaissance des difficultés de livraisons de l’A 380 et les vente d’actions.
Et voilà le Mistigri reparti dans d’autres directions ! Décidément « L'art de la défausse est devenu un véritable sport national » et Dominique de Villepin y excelle à son tour !
PARIS - Dominique de Villepin a refusé dimanche d'endosser le costume du "bouc émissaire" dans le dossier EADS et s'est dit "prêt à rendre compte" de son action, après les déclarations d'Arnaud Lagardère assurant que son groupe avait informé Matignon "dès janvier 2006" de son intention de vendre une part de sa participation au capital d'EADS.
(Publicité) "Sur un certain nombre de dossiers, de la manière la plus évidente, on recherche des boucs émissaires", a-t-il analysé au Grand Jury RTL-"Le Figaro"-LCI. "Il y a la tentation aujourd'hui de vouloir diviser les services de l'Etat", a-t-il jugé, fustigeant un "renvoi de mistigri". "L'art de la défausse est devenu un véritable sport national."
L'ancien Premier ministre s'est dit "prêt" à "rendre compte" de l'action de Matignon dans ce dossier "à tous ceux qui auront la vocation à faire la lumière sur cette affaire", citant la justice et les commissions parlementaires. "Nous n'avons rien à cacher" et "comme Premier ministre, j'assume tout ce qui a été fait à Matignon".
Dominique de Villepin est revenu longuement sur les déclarations d'Arnaud Lagardère. Dans le "JDD", ce dernier explique que son groupe a informé "dès janvier 2006" les services de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin de son intention de vendre une partie de sa participation au capital d'EADS. Il assure notamment que son groupe a adressé à Matignon "un descriptif de l'opération".
"Qu'Arnaud Lagardère précise, qu'il donne des éléments sur les différents points, qui dise clairement les dates, les rendez-vous" et "ainsi la vérité sera faite", a sommé Dominique de Villepin.
"C'est vrai que les services d'Arnaud Lagardère sont venus voir Bercy, puis Matignon (...) pour leur dire: 'voilà, nous envisageons, nous avons l'intention de céder ces titres'", a-t-il dit. "M. Lagardère est d'ailleurs venu à Matignon lui-même pour rencontrer mon directeur de cabinet sur cette opération de cession", a-t-il poursuivi, datant cette rencontre du "début de l'année, en février je crois 2006".
"Le point qui inquiétait et qui interpellait le groupe Lagardère, c'était de savoir si l'Etat lui-même était prêt à vendre, et c'est sur ce point que nous avons nous été interrogés", a-t-il développé. "Je suis moi allé le saluer, je lui ai indiqué de la façon la plus claire que l'Etat n'entendait pas modifier sa stratégie au sein d'EADS".
Pour ce qui concerne la cession des titres de Lagardère dans EADS, "nous ne nous sommes, nous Matignon, jamais intéressés à l'instruction technique de ce dossier, tout simplement parce que ce n'est pas notre responsabilité", a certifié l'ancien hôte de Matignon.
De même, concernant les conditions d'achat de ces titres par la Caisse des dépôts et consignations, "je redis ce que j'ai dit, nous n'avons jamais été informés" par la CDC, a-t-il martelé. "C'est vrai qu'il y a une note mémorandum" du groupe Lagardère "à Bercy au début de l'année 2006, comme aux services de Matignon", a-t-il consenti. "Alors on peut évidemment considérer à partir de cette note que Matignon était informé de l'opération de la Caisse des dépôts. Je trouve ça abusif".
Enfin, concernant l'A380, "à aucun moment nous n'avons été informés de ces difficultés industrielles", a garanti Dominique de Villepin. AP
L'affrontement à distance entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin s'est poursuivi ces derniers jours sur le terrain de l'affaire EADS, l'ex-Premier ministre dénonçant une volonté "d'occulter" le fond du dossier en cherchant des "boucs émissaires faciles".
De son côté, Arnaud Lagardère, un proche du président de la République, a mis en cause dimanche M. de Villepin en déclarant dans un de ses journaux, le JDD, que Matignon et son locataire d'alors étaient au courant, dès début 2006, de son intention de vendre une partie de ses actions EADS et de leur possible rachat par la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
"Matignon a suivi l'opération depuis le début", a-t-il affirmé.
Le ministre du Budget, Eric Woerth, qui avait été congédié du gouvernement en juin 2005 lors de l'arrivée à Matignon de M. de Villepin, s'est montré dimanche sur Radio J circonspect sans toutefois rien exclure.
A la question: "vous dites que Bercy ne savait pas, est-il possible que Matignon ait su?", M. Woerth a répondu: "tout est possible".
Tout en reconnaissant dimanche soir que Matignon avait été prévenu par M. Lagardère de son intention de céder des titres EADS, M. de Villepin a souligné qu'il fallait distinguer cette "première étape" d'"information préalable" de la "deuxième opération" concernant "les conditions d'achat par la CDC de ces titres".
"Il ne m'appartient pas de dire qui tire les ficelles, de faire des procès d'intention. Ce n'est pas mon rôle, c'est le rôle de la presse (...). Nous saurons sans doute au bout où est la vérité", a-t-il encore déclaré lors du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI.
"Il est très intéressant d'observer dans cette affaire EADS que la polémique autour du rôle de l'Etat occulte complètement le fond du dossier", qui est de savoir qui a profité de l'éventuel délit d'initiés, avait-il déjà lancé mercredi.
Et de tacler le chef de l'Etat et ses proches, en glissant qu'"on rappelle que M. Sarkozy est très proche d'Arnaud Lagardère" et que l'actuelle garde des Sceaux Rachida Dati "a travaillé pour le groupe Lagardère".
Encore plus précis, le député UMP villepiniste François Goulard appelle à "regarder objectivement les faits": "Qui, en 2006, profite de l'opération de vente d'actions EADS? Arnaud Lagardère. Qui, en 2006, a de gros intérêts dans les médias? Toujours Arnaud Lagardère. Qui, en 2006, est le probable candidat de l'UMP à la présidentielle? Qui est un proche d'Arnaud Lagardère?".
Dans ce contexte, "laisser entendre que cette opération a pu être dirigée par Villepin est tout simplement absurde", a déclaré à l'AFP M. Goulard.
Selon une source parlementaire, "c'est clair comme de l'eau de roche: Sarkozy a donné l'ordre d'ouvrir les parapluies, quitte à enfoncer un peu plus un Villepin déjà empêtré dans l'affaire Clearstream, pour ne pas que cette affaire puisse s'approcher de lui".
M. de Villepin a reçu dimanche le renfort inattendu du député PS Arnaud Montebourg qui, sur Canal+, a dénoncé "une sorte de rideau de protection" autour d'Arnaud Lagardère, "une personnalité qui a beaucoup d'influence dans la République à cause de ses connivences entre des intérêts publics et privés".
"Il y a des chances qu'un certain nombre de responsabilités soient engagées (...). Au gouvernement (en 2006), il y avait Nicolas Sarkozy qui, d'ailleurs, à l'époque, fréquentait assidûment Arnaud Lagardère", a-t-il martelé.
Ce livre doit-il être considéré comme un événement ou bien relève-t-il d'un jugement critique ordinaire ? Les données immédiates nous inciteraient à retenir la première hypothèse : un ministre de la République, actuellement chargé des plus graves affaires internationales, publie sous la couverture blanche de Gallimard un essai de 800 pages sur la poésie. Nous disons bien un essai. Et non pas une compilation de seconde main ou un travail universitaire reconverti. ... "Eloge des voleurs de feu" est, indubitablement, un livre personnel, intime même, réfléchi, risqué. L'oeuvre d'une vie, dirait-on. ... En fait, une intention déraisonnable, encouragée par un désir aussi sincère que naïf, semble animer l'auteur et tenir et faire voler sa plume intarissable, tempétueuse : rassembler, unir, fédérer la totalité des poètes de tous les temps et de (presque) toutes les contrées en un vaste et très improbable ensemble qui se nommerait : la Poésie.
Présentation de l'éditeur
Cet Eloge s'imposa il y a bien longtemps. J'avais seize ans, et toi mon frère dix-huit, quand nous marchions dans les rues de New York à l'heure où le soleil couchant éclaboussait les tours. Tu scrutais le paysage, les visages blafards à six heures, la fumée qui jaillissait partout, luttant contre les ombres. Je compris que, hors de ce quotidien aveugle et sourd, il te fallait des mots, comme des ballons de couleur, pour toucher au cœur. Des mots de ces fous, qui s'en sont allés quérir au fond du désespoir la lueur qui ouvre le chemin, la passion qui fait sauter les verrous de la langue. Des mois durant ils agrandirent la vie. Toi parti, il me restait ce devoir de l'aînesse : dire après la catastrophe, apprivoiser la parole pour les enfants de la peine. Oui, la poésie, pour vivre encore. Contre le naufrage de la mémoire, contre les forces vaines, choisissons le combat qui grandit. Et partageons les mots de Rimbaud, d'Artaud ou de Duprey, de tous ces voleurs de feu qui allumèrent les brasiers de l'âme, pour ne bâtir d'autre empire qu'à l'intérieur de soi. Tourne et craque la terre dans l'obscur mystère où se débattent voix et masques, victimes et bourreaux ! Derrière l'urgence de chaque jour, je rêve d'une parole qui défriche, d'une parole qui sauve. Alors cet ouvrage, pour refuser la fatalité et le vertige, pour exorciser la peur qui crie au fond de nous ! D. V.
Jeudi, Dominique de Villepin, n'a pas ménagé l'ancien conseiller juridique de Jacques Chirac à l'Élysée.
Les juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy décideront-ils d'interroger Laurent Lemesle, le procureur général de Paris ? Jeudi, Dominique de Villepin, n'a pas ménagé l'ancien conseiller juridique de Jacques Chirac à l'Élysée. Selon l'ancien premier ministre, lors du deuxième semestre 2004, Laurent Lemesle « considérait qu'il n'y avait pas d'urgence à prendre des initiatives compte tenu de l'enquête » sur les listings du juge Van Ruymbeke. Dominique de Villepin a également déclaré que, selon le conseiller du chef de l'État, « des sources bancaires laissaient entendre qu'il pouvait y avoir des éléments vrais mêlés à des informations erronées. »
Les juges Pons et d'Huy qui ont pressé de questions l'ancien chef du gouvernement sur le rôle du patron du parquet général, pourraient être désormais tentés de lui demander ce qu'il savait exactement du dossier.
L'apparition de Laurent Lemesle brouille en tout cas un peu plus le dossier, dans la mesure où il est amené à prendre des réquisitions tout au long de la procédure. C'est par exemple le parquet général qui a requis lors du débat sur le contrôle judiciaire de Dominique de Villepin...
Pour le reste, jeudi, l'ancien premier ministre a longuement expliqué qu'en juillet 2004 il avait demandé une enquête à la DST, après en avoir informé le président de la République et son premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Une version connue que ce dernier a déjà corroborée sur procès-verbal en octobre 2006.
Enfin en ce qui concerne la fameuse « instruction » qu'il aurait donnée à Gergorin de transmettre les listings falsifiés, Villepin a encore vigoureusement démenti, chargeant un peu plus l'ancien vice-président d'EADS.
La dépénalisation du droit des affaires prônée par Nicolas Sarkozy risque-t-elle d'entraver les poursuites qui visent les « patrons voyous » ? Le juge Halphen répond « oui » et dit redouter « un enterrement » des dossiers financiers .
Pendant sa campagne électorale, le candidat Nicolas Sarkozy fustigeait les « patrons voyous ». Quelques mois plus tard, devenu chef de l'Etat, le voilà qui déplore, dans le cadre de l'université d'été du Medef, que « tant et tant de contentieux qui pourraient être réglés au civil (...) viennent embarrasser nos juridictions correctionnelles et notre droit pénal ». La semaine dernière, deux scandales financiers éclatent : on parle de millions d'euros en espèces retirés par le numéro deux du Medef, Denis Gautier-Sauvagnac, des comptes de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). On évoque également un possible délit d'initiés, au sein d'EADS, portant sur des millions d'euros. Dans le même temps, sous la houlette de la ministre de la Justice, Rachida Dati, un « groupe de travail sur la dépénalisation de la vie des affaires » est mis en place. Au coeur de sa réflexion, l'éventuelle réforme de deux outils phares de la lutte contre les « affaires » : l'abus de bien social (ABS) et la dénonciation anonyme. Les chefs d'entreprise se félicitent. La plupart des avocats d'affaires applaudissent. Mais les enquêteurs spécialisés, eux, s'inquiètent : si l'on adoucit les dispositions de la loi, tout un pan de leur action risque de se retrouver menacé. Les magistrats, de leur côté, font grise mine : l'ABS et la dénonciation anonyme sont les deux piliers du droit financier. Sans eux, nombre d'affaires retentissantes n'auraient jamais vu le jour.
Aux Etats-Unis, le libéralisme s'accompagne d'un droit pénal financier extrêmement rigoureux et les patrons tricheurs sont renvoyés, parfois durant des années, derrière les barreaux. En France, où les marchés ne cessent de s'ouvrir à la concurrence, c'est encore rarissime. « Les années 1990, marquées par les affaires, ont été vécues comme un traumatisme par les chefs d'entreprise, décrypte le juge Halphen. On aurait pu espérer que certains comportements changent. Ce n'est pas le cas. » Dans nos colonnes le magistrat qui avait osé convoquer Jacques Chirac, alors président, dans le cadre de l'instruction sur les HLM de Paris dénonce une tentative « d'enterrement des affaires ».
L'audition de l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin mis en examen dans l'affaire Clearstream s'est achevée hier soir peu après 23H00, après 11 heures d'interrogatoire avec les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.
"J'ai eu le souci d'éclairer le plus complètement possible les juges sur la façon dont l'Etat a fonctionné dans la gestion de cette affaire Clearstream dans le courant de l'année 2004", a-t-il déclaré à l'issue de son audition.
"J'ai marqué que l'Etat avait répondu comme il devait face aux menaces et face à cette crise et j'ai souhaité répondre à l'ensemble des questions des juges", a-t-il ajouté.
Les juges de l'affaire Clearstream ont interrompu ce soir vers 20H00 pour quelques dizaines de minutes l'audition de Dominique de Villepin entamée dans la matinée, a annoncé l'ex-Premier ministre à sa sortie du pôle financier. "J'ai pu m'expliquer aujourd'hui et expliquer aux magistrats la façon dont l'Etat a été amené à gérer cette affaire à partir du mois de juillet (2004)", a déclaré à la presse Dominique de Villepin. "J'ai indiqué que cette action avait été à mon sens irréprochable et qu'on ne saurait à aucun moment m'impliquer dans une affaire de dénonciation calomnieuse", a-t-il affirmé. "Les magistrats ont souhaité faire une pause -une demi-heure, quarante minutes- pour reprendre brièvement après cette audition", a ajouté M. de Villepin qui est parti en voiture avec ses avocats.
L'ancien Premier ministre est de plus entendu ce jeudi par les juges, dans le cadre de l'affaire Clearstream.
Dominique de Villepin ne prend plus de gants contre Nicolas Sarkozy. Tout est bon pour tacler le président de la République, y compris l'affaire des délits d'initiés d'EADS. "D'un côté, on rappelle que M. (Nicolas) Sarkozy est très proche d'Arnaud Lagardère", a-t-il commenté. D'un autre, "on rappelle que Mme Dati a travaillé pour le groupe Lagardère", a-t-il glissé à propos de la ministre de la Justice lors de l'émission Question d'info LCP-France Info-AFP, mercredi 10 octobre.
Sur le fond du dossier, celui qui était Premier ministre à l'époque où la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a acheté une partie des titres EADS avant une forte baisse boursière, assure qu'il n'a "jamais été saisi de ce dossier, ni par M. Lagardère, ni par le directeur de la Caisse des dépôts". Il a aussi jugé "possible" que son ministre des finances, Thierry Breton, n'ait pas été informé de l'affaire. Il se déclare "prêt, demain, à apporter mon témoignage, tous mes collaborateurs de Matignon sont prêts à apporter leur témoignage".
Par ailleurs, Dominique de Villepin est entendu à nouveau ce jeudi 11 octobre par les juges dans le cadre de l'affaire Clearstream, dans laquelle il est mis en examen.
MOSCOU (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy s'est attiré les moqueries de la presse russe jeudi au lendemain de sa première visite officielle à Moscou, qui n'a débouché sur aucun résultat concret, notent plusieurs journaux.
"Sarkozy s'est réveillé et a vu la Place Rouge", ironise le journal Gazeta comme quasiment l'ensemble de la presse, le président français s'étant félicité devant Vladimir Poutine de s'être réveillé sur la Place Rouge, alors que l'hôtel dans lequel il avait dormi ne s'y trouvait pas.
"Cela fait très longtemps que j'avais envie de venir ici. Se réveiller sur la Place Rouge, ce n'est pas rien pour moi", avait déclaré M. Sarkozy en arrivant au Kremlin.
"On a commencé à se demander où le président Sarkozy avait bien pu se réveiller pour voir alors la Place Rouge", se moque même le journal d'opposition Kommersant, rappelant que l'hôtel National, où logeait M. Sarkozy, est certes proche de la Place Rouge mais que celle-ci n'est pas visible de ses fenêtres.
"On peut voir la Place Rouge depuis la fenêtre du Mausolée (de Lénine, au milieu de la place). Mais le Mausolée n'a pas de fenêtre", ajoute-t-il.
Inhabituellement féroce, la presse russe s'attache essentiellement à des détails comme les mimiques du président français, le fait qu'il ait tutoyé M. Poutine ou qu'il porte des chaussures à talonnettes.
Elle note cependant aussi le pragmatisme de M. Sarkozy, soucieux de montrer que "l'amitié" franco-russe ne s'est pas arrêtée avec le départ de Jacques Chirac, son prédécesseur à l'Elysée, qui était un allié du président Poutine en Europe.
"Le Kremlin et la vision de la Place Rouge lui ayant donné des ailes, Sarkozy a parlé lors de la conférence de presse du souhait des investisseurs français d'entrer dans le capital de Gazprom", le géant gazier russe, poursuit Nezavissimaïa Gazeta, titrant: "Rêves et fantaisies de Nicolas Sarkozy".
Les déclarations du président Sarkozy sur Gazprom "constituent la principale sensation de la visite", écrit le quotidien économique RBK Daily, avant d'ajouter que "l'entrée du capital français dans le secteur énergétique russe n'est pas pour demain".
"Les négociations à Moscou entre les présidents russe et français ont montré que les relations entre ces pays vont se construire sur des bases pragmatiques", écrit le journal des affaires Vedomosti.
"Il n'y a eu aucun résultat", note-il cependant, évoquant l'absence d'annonces concrètes, sur l'Iran, le Kosovo ou la coopération économique.
Le journal Izvestia, ouvertement pro-pouvoir, se moque pour sa part des "avances" du président Sarkozy à son homologue russe, et relève la froideur de ce dernier.
La France est aux prises avec la tentation "récurrente" d'"instrumentaliser l'immigration", a estimé mercredi Dominique de Villepin, marquant son accord avec Fadela Amara, en des termes toutefois plus nuancés.
"Je n'emploierai certainement pas le même mot que Fadela Amara, mais je respecte profondément la position qui est la sienne sur le fond parce que je la partage", a expliqué l'ancien Premier ministre lors de l'émission "Question d'info" sur LCP et France-Info. La secrétaire d'Etat à la Ville avait jugé "dégueulasse" lundi soir le fait d'"instrumentaliser" l'immigration.
"Nous avons la tentation dans notre pays d'instrumentaliser l'immigration. C'est une tentation qui est récurrente", a déclaré Dominique de Villepin.
Il a ajouté qu'il trouvait "dangereux" de "mélanger le débat sur l'immigration avec la question des tests ADN". "Il faut tout faire pour en revenir à une vision plus républicaine du sujet", a-t-il soutenu, appelant à la "sérénité" du débat. AP
L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin affirme, dans une note de synthèse adressée mercredi aux juges de Clearstream et que l'AFP a pu consulter, avoir saisi la DST dès la révélation de l'affaire en juillet 2004, en liaison avec Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin.
Dans une nouvelle note de 19 pages accompagnée d'une vingtaine d'annexes présentant sa ligne de défense, M. de Villepin, mis en examen dans cette affaire notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", s'attache à montrer qu'il a agi en toute transparence.
Les juges le soupçonnent d'avoir participé à une manipulation consistant à dénoncer la présence de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, par le biais d'un faux listing bancaire de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream.
Lorsque l'affaire est révélée dans la presse début juillet 2004, Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, explique avoir saisi la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour éviter les risques "d'amalgames, de dérapages et de manipulations".
Cette saisie faisait suite aux révélations de l'hebdomaire Le Point selon lesquelles les noms d'anciens ministres français, d'anciens préfets, patrons et membres des services secrets figuraient sur ces listings, dont le caractère contrefait n'avait à l'époque pas encore été démontré.
"J'évoque le dossier avec le Premier ministre (Jean-Pierre Raffarin) et le président de la République (Jacques Chirac) dès les premiers jours de juillet, la saisine de la DST s'impose à tous", écrit-il dans sa note aux juges, transmise aux parties civiles.
M. de Villepin se défend également de tout cloisonnement ou d'enquête parallèle. La "mission d'évaluation" qu'il a confiée le 9 janvier 2004 au général Philippe Rondot, et dont il dit ne pas avoir été tenu informé, a cessé dès la saisine de la DST, affirme-t-il.
"Je lui ai fait valoir le 19 juillet et à nouveau le 27 juillet que, s'il disposait d'éléments particuliers, il devait les adresser à la DST", raconte-t-il dans sa note.
Avant juillet, Dominique de Villepin rappelle avoir informé "en termes généraux le président de la République" de la mission du général Rondot. Une fois l'affaire révélée et la DST saisie, le Premier ministre et le président ont été "tenus informés des développements du dossier".
L'enquête administrative de la DST s'est orientée "très vite", selon lui, vers "l'hypothèse d'un +montage+ complet ou partiel, mais sans être en mesure d'en décrire le mécanisme".
"Les doutes émis par la DST, comme par le général Rondot (sur la véracité des listings, ndlr), indiquant qu'il y avait sans doute +du vrai et du faux+, n'ont été étayés que plus tard", ajoute-t-il.
Dominique de Villepin revient également dans sa note sur la "tension" avec Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé à la fin de l'été 2004 qu'un "rapport d'enquête de la DST l'innocentant avait été occulté".
Démentant à nouveau cette information, M. de Villepin estime dans sa note que "s'il n'y a pas eu d'inspiration politique au moment des faits, force est de constater qu'il y a eu par contre exploitation politique de ce dossier à partir du mois de juillet quand on a voulu désigner le président de la République et moi-même comme boucs émissaires".
Dominique de Villepin doit à nouveau être entendu jeudi par les juges d'Huy et Pons au pôle financier.
Impliqué dans l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, sera à nouveau entendu jeudi par les juges en charge du dossier.
Le chef de l'Etat enregistre une baisse de 7 points et passe à 57%, selon le baromètre TNS-Sofres. L'ancien Premier ministre gagne 6 points.
Selon le baromètre TNS-Sofres pour le Figaro Magazine à paraître samedi, rendu public jeudi 4 octobre, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy enregistre une baisse de 7 points par rapport au mois de septembre, tandis que celle de François Fillon régresse d'un point. Le président de la République voit la confiance placée en lui pour "résoudre les problèmes qui se posent à la France" passer de 64% en septembre à 57% en octobre. Le taux de ceux qui ne lui font pas confiance grimpe de 8 points à 40%. 3% ne se prononcent pas (-1). Le Premier ministre, qui bénéficiait d'une cote de confiance de 53% le mois dernier, enregistre une baisse d'un point à 52%. Ceux qui ne lui font pas confiance passent à 42% (+3). 6% ne se prononcent pas (-2).
Villepin en hausse, Dati en baisse
Alors que Dominique de Villepin ne cesse de lancer des attaques contre la présidence de Nicolas Sarkozy, il voit sa cote de confiance gagné 6 points. En revanche, les principaux membres du gouvernement connaissent une baisse importante. Rachida Dati, ministre de la Justice, perd 6 points, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères perd 4 points, et Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie enregistre une baisse de 3 points comme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement ou de la recherche.
- Sondage réalisé les 26 et 27 septembre en face à face à leur domicile auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas).
L'ancien premier ministre a écrit aux juges pour qu'ils entendent trois dirigeants d'EADS sur une éventuelle caisse noire.
ALORS qu'il doit être entendu, la semaine prochaine, par les juges de l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin a choisi une nouvelle fois de passer à l'offensive. Dans une note transmise aux magistrats, Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, l'ancien premier ministre demande que deux actes soient ordonnés au plus vite. Le premier concerne une confrontation entre Dominique de Villepin et Jean-Louis Gergorin, l'ancien vice-président d'EADS. Celui-ci a en effet déclaré avoir transmis les fameux listings falsifiés de Clearstream au juge Renaud Van Ruymbeke, sur « instruction » de Dominique de Villepin. Gergorin a également affirmé avoir eu, avec lui, plusieurs rendez-vous sur ce sujet au cours du premier semestre 2004. Des déclarations que l'ex-chef du gouvernement conteste de façon catégorique. Du coup, la confrontation entre les deux hommes semble depuis longtemps inéluctable et la requête de Dominique de Villepin ne devrait pas perturber les magistrats. Ceux-ci devraient d'ailleurs y ajouter un autre acte que l'ex-ministre n'a pas sollicité : une confrontation avec le général Philippe Rondot qui a largement confirmé les propos de Gergorin. La seconde requête formulée par Dominique de Villepin est plus délicate. Il demande en effet que soient interrogés comme témoins : Arnaud Lagardère, coprésident du conseil d'administration d'EADS, Philippe Camus, l'ancien coprésident d'EADS, et Pierre Leroy, l'ex-secrétaire général du groupe aéronautique. Dominique de Villepin et ses conseils, Mes Olivier d'Antin et Luc Brossolet, justifient cette initiative par « le budget très important »dont disposait Jean-Louis Gergorin au sein d'EADS. Il écrit également qu'au moins « 3 millions d'euros » auraient été versés à un cabinet de conseil anglais, une dépense « en relation directe avec l'affaire Clearstream ». Dominique de Villepin demande encore aux juges Pons et d'Huy de déterminer qui avait le contrôle de ces sommes spécialement allouées à Jean-Louis Gergorin et si ces montants étaient officiellement justifiés au sein du groupe EADS. En clair, l'ex-premier ministre sollicite des investigations judiciaires sur une éventuelle « caisse noire » à l'intérieur du groupe aéronautique. Devant les juges jeudi prochain La demande de Dominique de Villepin qui, hasard du calendrier, intervient le jour de la mise en cause des dirigeants d'EADS dans une affaire de délits d'initiés (lire Le Figaro économie pages 18 e t 19), risque de semer un peu plus la confusion. Mais rien n'indique que les juges répondront favorablement à sa demande. « Ils n'y sont pas tenus, dit une source proche du dossier, mais ils peuvent également être tentés de traquer une hypothétique caisse noire... » Pour l'heure, les deux juges, toujours très isolés au sein du pôle financier, ne semblent pas vouloir modifier leur calendrier. Vendredi, ils ont prévu d'entendre une nouvelle fois le général Rondot. Jeudi prochain, ce sera donc au tour de Dominique de Villepin de répondre aux magistrats puis, la semaine suivante, Imad Lahoud le falsificateur présumé des listings Clearstream devra se rendre à la convocation des juges. Le feuilleton Clearstream semble encore loin de son épilogue.
INFO FIGARO. Selon l'ancien premier ministre, au moins « 3 millions d’euros » auraient été versés à un cabinet anglais, une dépense « en relation directe avec l’affaire Clearstream ».
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Dominique de Villepin vient une nouvelle fois d’écrire aux deux juges de l’affaire Clearstream. Dans ces notes dont le Figaro a pu prendre connaissance l’ancien Premier ministre demande l’audition d’Arnaud Lagardère co-président du conseil d’administration d’EADS, de Philippe Camus l’ancien co-président d’EADS et Pierre Leroy, l’ex secrétaire génal du groupe aéronautique.
Dominique de Villepin et ses conseils justifient cette requête par « le budget très important » dont disposait Jean-Louis Gergorin au sein d’EADS. Il écrit également qu’au moins « 3 millions d’euros » auraient été versés à un cabinet anglais, une dépense « en relation directe avec l’affaire Clearstream ».
Dominique de Villepin demande aux juges Henri Pons et Jean-Marie d’Huy de déterminer qui avait le contrôle de ces sommes spécialement allouées à Jean-Louis Gergorin et si ces montants étaient officiellement justifiés au sein du groupe EADS. En clair, l’ex Premier ministre sollicite des investigations judiciaires sur une éventuelle « caisse noire » dont Jean-Louis Gergorin aurait eu la haute main.
Par ailleurs l’ancien chef du gouvernement demande aux magistrats de procéder à une confrontation entre lui et Jean-Louis Gergorin dont les déclarations sur leur rôle dans l’affaire Clearstream sont largement divergentes.
Les deux juges ne sont pas tenus de répondre favorablement à ces requêtes mais de source proche du dossier on souligne qu’il leur sera « malgré tout très difficile de justifier une refus » d’enqueter sur d’éventuels fonds occultes.
Ce n’est pas la première fois que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac s’en prend à la politique de Nicolas Sarkozy, notamment sur le projet de loi controversé sur l’immigration. Mardi, il a réaffirmé que «ce type de législation n'a pas de place dans notre pays», sur LCI.
Charlie Hebdo publie le texte de la pétition dans son édition datée du 3 octobre. Selon l’hebdomadaire, la société civile «s'oppose à l'amendement Mariani dont les implications sont jugées inacceptables». «Chacun peut y voir une dérive inquiétante dans la manière de traiter les questions d'immigration», ajoute Charlie Hebdo.
Dans un éditorial, Philippe Val, directeur de l'hebdomadaire, affirme que «cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d'immigration». S. C.
« Je crois que les Français ont le goût de l’aventure collective. Ils sont bien sûr fortement individualistes mais ils ont besoin de rêver, ils ont besoin de partager. Or, nous partageons par l’aventure collective que nous vivons et quand cette aventure nous exalte, quand elle sollicite le meilleur de nous-mêmes, quand elle s’appuie sur de grands idéaux, eh bien elle nous grandit. Quand au contraire, elle s’appuie sur des peurs, quand elle s’appuie sur des rivalités, quand elle s’appuie sur des égoïsmes, eh bien elle nous abaisse et elle nous flétrit ! »
Le véritable chef de l'opposition, c'est lui ! Le plus actif, en tout cas. Il est partout, dans toutes les émissions, sur toutes les chaînes. Dominique de Villepin était dimanche 30 septembre l'invité de Laurence Ferrari, sur Canal+. L'ancien premier ministre avait, une fois de plus, énormément de critiques à formuler à l'égard de Nicolas Sarkozy et de sa manière de gouverner. Par les temps qui courent, c'est plutôt rafraîchissant.
L'UMP ? Elle n'a plus de chef. Elle ne peut plus, du coup, jouer son rôle, et c'est dommage. Les ministres d'ouverture ? "Ils se font peu entendre et une partie de leur différence s'est perdue en chemin." La réforme institutionnelle ? Ce n'est certainement pas le moment d'y songer. "Nous avons des institutions qui marchent bien, à condition que le président de la République joue tout son rôle et que le premier ministre joue aussi tout son rôle."
La tâche est rendue plus ardue pour ce dernier avec tous ces conseillers qui s'expriment sur tout et sur n'importe quoi. "Les ministres éprouvent alors plus de facilité à se rendre directement à l'Elysée plutôt qu'à se rendre aux arbitrages du premier ministre." Les porte-parole de l'Elysée et de Matignon ont des rendez-vous hebdomadaires obligés sur certaines chaînes ? C'est curieux, et même "intriguant". Est-ce que le président lui-même parle trop ? "La question est de savoir si on ne s'éparpille pas, et si on ne divise pas sa parole en lançant tous les chantiers en même temps." Finalement, Nicolas Sarkozy est-il un bon président ? "Il se donne beaucoup de mal." Fermez le ban ! Moyennant quoi, Dominique de Villepin souhaite chaleureusement au président de réussir. Qu'est-ce que cela serait s'il espérait son échec ?
Laurence Ferrari lui demandait alors si toutes ces attaques n'avaient pas simplement pour but de faire oublier l'affaire Clearstream. L'ancien premier ministre a été mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse", "complicité d'usage de faux", "recel d'abus de confiance" et "recel de vol" dans cette sombre histoire de faux comptes bancaires au Luxembourg. Nicolas Sarkozy, dont le nom a été introduit sur les listings falsifiés, s'est porté partie civile. Ceci n'explique-t-il pas cela ? "C'est ridicule", rétorque Dominique de Villepin. "Je n'ai jamais participé, ni de près ni de loin, à aucune dénonciation calomnieuse", dit-il. Il regrette une fois de plus la "confusion" qui existe du fait que Nicolas Sarkozy est à la fois président de la République ayant autorité sur la magistrature, et partie civile dans cette affaire. Mais sauf "erreur judiciaire" qu'il n'ose imaginer, l'ancien premier ministre affirme qu'il sortira "complètement blanchi" de la procédure en cours.