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La route sera longue et parsemée d'embûches mais finalement nous pourrons conclure par ceci: "Tout vient à point à qui sait attendre..." Laetimeg

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28/02/2007 12:25
Colloque sur l'international du mardi 6 mars 2007 (0 commentaire)
Vous pensez que la France a un rôle à jouer sur la scène internationale ?
Venez participez au colloque qui se tiendra le mardi 6 mars à 17 h 30
A l’Université de Paris VIII, 2 rue de la Liberté , Saint-Denis (93) (métro Saint-Denis Université), amphithéâtre B1, sur le thème suivant :
« Rôle et positionnement de la France dans la politique internationale de prévention des conflits et de gestion des crises »
*  État des lieux du nouvel ordre mondial  et des nouveaux enjeux géostratégiques: leurs répercussions sur la physionomie des relations internationales ;
*  Nature de l’engagement de la France dans les institutions politiques et militaires internationales : ONU, PESD, RECAMP et OTAN ;
*  Objectifs stratégiques de la France : prévention, protection, projection, dissuasion ;
*  Conditions à respecter pour que la France puisse continuer à détenir une autonomie de décision et une juste suffisance des moyens militaires pour conserver une place dans le concert des nations, et défendre ses intérêts nationaux en cas de nécessité ;
*  Illustration du positionnement de la France sur des cas concrets : les conflits en Irak, au Liban, en Afghanistan, sur le continent africain …
*  La France porte-t-elle sur la scène internationale un message distinctif ? Quelles sont les valeurs qui guident et dessinent ses missions et son engagement ?
                     
Intervenants :
Spécialistes des questions internationales
Amitiés Villepinistes!
L'équipe RJVR

28/02/2007 12:00
Entretien avec le président de l’Assemblée d’Algérie (0 commentaire)

 

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Le Premier ministre a reçu Amar Saadani, président de l’Assemblée populaire nationale d’Algérie, à Matignon le 22 février


26/02/2007 17:12
Intervention du Premier Ministre (0 commentaire)

 

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Allocution lors de l’inauguration de l’Ecole d’économie de Paris

 

Madame la directrice de l’Ecole normale supérieure,
Monsieur le recteur de l’académie de Paris,
Messieurs les ministres
Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je suis très heureux de me trouver aujourd’hui parmi vous.

Je voudrais tout d’abord rendre hommage à l’Ecole normale supérieure qui nous accueille aujourd’hui et qui a pris une part substantielle à l’aventure de l’Ecole d’économie de Paris. En accueillant cette école sur le campus de Jourdan, en lui faisant une place privilégiée dans son offre pédagogique, elle lui donne non seulement des lettres de noblesses indiscutables, mais aussi une véritable garantie d’excellence et de réussite.

L’Ecole normale supérieure est une institution indispensable pour notre système d’enseignement supérieur et pour notre pays. Elle incarne le mérite républicain, une conception exigeante de l’esprit scientifique et une vision ambitieuse de la place que le savoir doit occuper au sein de la société. Cela fait plus de 200 ans que l’Ecole normale supérieure irrigue l’université, la recherche, mais aussi l’enseignement secondaire. Cela fait plus de 200 ans qu’elle est reconnue et respectée dans le monde entier.

Et pourtant, aucun équivalent de cette école n’existe dans d’autres pays. Pas même dans des pays qui nous sont proches comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. C’est d’ailleurs toujours un peu difficile d’expliquer la spécificité de cette école lorsqu’on en parle à des étrangers. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Ecole normale supérieure est une école profondément française et que la France n’est pas un pays comme les autres. La France porte, pour elle et pour le monde, une ambition unique, une ambition qui conjugue l’égalité et l’excellence.

Cette ambition, il n’y a aucune raison pour que notre pays doive y renoncer. Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée aujourd’hui pour en finir avec un certain nombre d’idées reçues. La France n’est pas un pays fatigué. La France n’est pas un pays sans avenir. Il y a dans la société française une réserve considérable d’énergie qui ne demande qu’à être libérée. En disant cela je pense en particulier aux jeunes, pour lesquels tout est de plus en plus difficile alors même qu’ils n’ont qu’une envie : réussir ici, en France.

Montrer que la France reste une terre d’excellence, qu’elle est capable de récompenser le mérite, de mettre en œuvre des projets ambitieux, voilà ce que nous prouve la création de l’Ecole d’économie de Paris. Faire en sorte que la France continue à affirmer sa voix sur les grands enjeux de la planète, et notamment les enjeux économiques, qu’elle reste l’un des grands pôles d’humanisme et de progrès, voilà la vocation qu’il nous appartient de défendre ensemble.

Pour renouer avec cette ambition française, la seule solution c’est de remettre l’éducation au cœur de l’action politique.

L’intelligence, le savoir, la recherche, l’innovation, mais aussi la formation pour tous et tout au long de la vie doivent devenir des priorités absolues. Une politique ambitieuse de l’éducation doit s’appuyer sur deux grands principes.

Le premier principe, c’est l’égalité des chances. Rien ne serait pire que de renoncer à ce principe sous prétexte qu’il faut aller vite, qu’il faut être efficace. Dans le domaine de l’enseignement supérieur il y a un retard français, il y a une urgence française. C’est une réalité indiscutable. Mais la réponse à ce retard ce n’est pas de permettre à quelques uns d’aller beaucoup plus haut. La réponse c’est de faire mieux, nettement mieux, pour tous.

C’est pour cela qu’il faut aller plus loin dans la réforme de l’éducation prioritaire, dans la lutte contre l’échec scolaire à travers un meilleur accompagnement des élèves en difficulté, dans la vérification des connaissances et des compétences à chaque étape.

Il faut aussi faire en sorte que notre système d’éducation offre une deuxième chance à ceux qui n’ont pas trouvé leur voie tout de suite. C’est ce que nous avons voulu faire en créant les centres de défense deuxième chance pour aider ceux qui sont le plus éloignés de la formation. Cela implique aussi d’inventer de nouvelles solutions pour tous ceux qui ne s’y retrouvent pas dans les filières qu’on leur propose, qu’il s’agisse de l’apprentissage ou de la formation professionnelle. Notre objectif doit être de trouver le marchepied qui permettra à chacun d’exprimer son talent, d’aller jusqu’au bout de ses ambitions.

Le deuxième principe qui doit nous guider, c’est le rassemblement de nos forces. Notre système d’enseignement supérieur est trop éclaté. Vous en savez quelque chose, vous qui depuis des années tentez de rapprocher les établissements et de faire travailler ensemble les équipes.

Nous avons besoin de cohérence, de décloisonnement, de cohésion. C’est indispensable si nous voulons faire de la dualité entre universités et grandes écoles une force et non une faiblesse comme c’est le cas aujourd’hui : les grandes écoles ont besoin des universités pour diversifier leur recrutement et acquérir plus de visibilité. Les universités ont besoin des grandes écoles pour diversifier leur offre de formation et s’ouvrir davantage sur le monde économique. Le rapprochement doit aussi se faire avec les entreprises, si nous voulons que notre université forme les jeunes à la vie professionnelle.

A quoi doit ressembler le panorama de l’enseignement supérieur des vingt années à venir ? Une dizaine d’établissements d’excellence aux meilleurs standards mondiaux, 40 universités de niveau européen, des enseignants et des chercheurs mieux rémunérés, des jeunes encouragés à s’engager dans des études longues, des passerelles renouvelées entre les filières.

Cette exigence de rapprochement, nous en avons fait un principe d’action avec les pôles de compétitivité, avec les pôles de recherche et d’enseignement supérieur, avec les réseaux de recherche avancée. Treize RTRA ont été sélectionnés. Ils fédèrent, autour de projets singuliers et innovants, ce que la science française compte de meilleur dans ses universités, ses écoles et ses laboratoires. Et je veux saluer le travail remarquable de Gilles de Robien et François Goulard, qui se sont battus pour faire avancer les choses. L’Ecole d’économie de Paris est l’un des meilleurs exemples de ce que nous avons voulu faire, puisqu’elle réunira des équipes issues de plusieurs institutions d’excellence aux statuts variés : l’Ecole normale supérieure bien sûr, l’Ecole des hautes études en sciences sociales, l’Ecole nationale des ponts et chaussées, le CNRS, l’Inra et l’université Paris I - Sorbonne, dont le concours sera précieux. Nous pouvons ainsi compter, avec le centre de Toulouse, sur deux grands pôles français dans le domaine de l’économie. Avec les réseaux qui se constitués autour des mathématiques, de la physique et des neurosciences, la France dispose désormais d’atouts majeurs pour affirmer sa vocation d’excellence.

Pour poursuivre dans cette voie, nous devons faire des choix clairs sur les grandes questions qui sont posées aujourd’hui à notre enseignement supérieur.

La question de l’orientation d’abord, qui est la meilleure réponse aux aspirations des Français, plutôt qu’une sélection systématique qui favorisera toujours les plus forts et les mieux informés. La solution pour lutter contre l’échec scolaire et universitaire, c’est une orientation plus claire et plus lisible, qui permette à chacun de choisir en fonction de ses talents, de ses ambitions et des débouchés professionnels. Nous en avons d’ailleurs posé le fondement à travers le service public de l’orientation.

Sur la question du financement, nous savons que l’enseignement supérieur a besoin de moyens bien plus importants. Bien entendu, l’Etat doit prendre toute sa part. Mais il faut que les universités explorent d’autres voies, notamment à travers le partenariat avec les entreprises. Beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur la nécessité d’augmenter les droits d’inscriptions. Il paraît normal que les étudiants et leurs familles contribuent au financement de la formation à la hauteur de leurs possibilités. Mais aucun jeune ne doit renoncer à faire des études parce que ses parents n’ont pas les revenus nécessaires. Nous devrons aussi développer massivement les bourses en remettant complètement à plat leur système. Il faut également mettre en place des prêts qui donnent à chaque étudiant la possibilité d’investir dans son avenir.

Enfin, nous devons aller vers plus d’autonomie pour nos grands établissements de recherche et d’enseignement supérieur. Ils ont besoin, nous le savons tous, de capacités de pilotage plus opérationnelles et de plus de souplesse dans la gestion de leurs ressources humaines, en particulier la répartition entre le temps consacré à l’enseignement et à la recherche, le recrutement ainsi que la rémunération.

Pour toutes ces raisons, l’Ecole d’économie de Paris constitue véritablement un exemple de ce qu’il faut faire.

Forte de la qualité des laboratoires et des équipes qui la composent, elle a vocation à rivaliser avec les plus grands établissements consacrés aux sciences économiques, qu’il s’agisse de la London School of Economics, de Harvard, ou encore de Princeton. Elle peut compter pour cela sur son prestigieux conseil scientifique, et sur les près de 300 chercheurs de très haut niveau, en particulier Thomas Piketty et Daniel Cohen dont chacun connaît la réputation. Grâce à son statut de fondation de coopération scientifique, elle pourra, en plus des 20 millions d’euros qui constituent sa dotation initiale apportée par l’Etat, lever des fonds privés et recevoir des donations pour lui permettre de se développer. Je sais que ce travail a d’ores et déjà commencé, et je tiens à saluer les partenaires privés, comme Axa et Exane qui se sont engagés à soutenir l’Ecole d’économie de Paris. Grâce à ce nouveau statut administratif et institutionnel créé dans la loi de programme pour la recherche, les RTRA peuvent faire des offres d’embauche avec la souplesse et la réactivité désormais indispensables dans la compétition internationale. Cette évolution nous permettra de faire revenir des chercheurs français expatriés et faire venir les meilleurs étudiants et enseignants étrangers. La présence parmi nous d’Esther Duflo et de Philippe Aghion, que je tiens à saluer, constitue le meilleur témoignage de cette nouvelle attractivité.

Au-delà de cet objectif académique, l’Ecole d’économie de Paris permettra de construire une doctrine économique française et européenne. Aujourd’hui, nous n’avons qu’une seule grille de lecture pour comprendre et analyser le fonctionnement de la vie économique. C’est insuffisant. D’autant plus que de nombreux peuples à travers le monde aspirent à mettre en œuvre d’autres modèles de développement économique : des modèles qui intègrent des critères de respect de l’environnement, de justice sociale, de respect des identités. Des modèles qui reconnaissent la place essentielle de l’Etat dans l’impulsion d’un développement durable et équilibré.

La France doit jouer un rôle pionnier dans la définition de cette nouvelle doctrine. Elle doit peser davantage dans les grands débats économiques internationaux, ainsi que dans les grandes institutions de gouvernance mondiale.

Enfin, l’Ecole d’économie de Paris contribuera à diffuser et à mieux faire comprendre l’économie auprès de nos concitoyens. Ce sera aussi l’objectif du Conseil pour la diffusion de la culture économique, lancé par Thierry Breton. C’est un enjeu essentiel si nous voulons être capables d’éclairer les grands enjeux économiques de notre pays, la croissance, le désendettement, l’impact de la fiscalité, l’évolution du droit du travail. C’est indispensable si nous voulons que chacun puisse comprendre, au-delà de toute idéologie, les conséquences des choix politiques et économiques faits par notre nation.

Mesdames, Messieurs,

Avant de terminer, je voudrais avec vous tirer les enseignements des deux ans que nous avons mis à fonder cette école, des blocages que nous avons rencontrés, mais aussi de l’enthousiasme que ce projet a suscité. Je voudrais en faire une question de méthode pour l’avenir français qu’il nous appartient de construire ensemble.

La première leçon, c’est qu’il y a en France des réserves d’énergie et de volonté dans tous les domaines, quels que soient l’âge, l’origine, le niveau social de ceux qui veulent faire avancer les choses. C’est bien ce que nous ont montré ces jeunes chercheurs qui, avec le soutien de leurs aînés, ont eu à cœur de faire revenir des intelligences et des talents pour les faire travailler ensemble au service d’un projet d’intérêt collectif. Dans ce domaine comme dans tous les autres, qu’il s’agisse du sport, de la culture, de la création d’entreprises, rien n’est possible sans la détermination d’un petit nombre.

La deuxième leçon que je veux tirer de cette grande réussite, c’est que pour soutenir ces projets et ces initiatives, il ne faut pas hésiter à bousculer les habitudes, à changer les mentalités et les comportements. Pour aller plus loin dans le domaine de la recherche comme ailleurs, nous avons besoin de structures nouvelles, à l’image des RTRA. Nous avons besoin aussi de nouveaux moyens de financement. Sur ce point je voudrais vous dire ma conviction : l’Etat ne peut pas et ne doit pas forcément être le financeur exclusif de ces nouvelles structures. Il doit amorcer les projets, soutenir leur lancement, trouver des solutions en cas de blocage. Mais à terme, c’est aux nouveaux organismes de nouer des partenariats, de trouver des moyens de financement innovants pour bénéficier d’une gestion plus souple et plus réactive de leurs moyens.

La troisième grande leçon que je veux tirer, c’est que l’intelligence est la première force française et européenne. Nous devons tout faire pour rester l’un des grands pôles mondiaux capable de produire des brevets, d’investir dans la recherche. Le risque et l’innovation ne sont pas l’apanage des pays anglo-saxons ou des nouvelles puissances. C’est un trait essentiel de l’identité, je dirais même du caractère européen. L’Ecole d’économie de Paris nous prouve que la créativité et l’audace peuvent naître dans les institutions les plus anciennes de la République. Et c’est une bonne nouvelle. Car ce qui se joue, ce n’est pas seulement une compétition entre les grandes universités du monde. Ce qui se joue, c’est la bataille de l’industrie et des services, c’est la croissance de demain, ce sont les emplois que nous serons capables de défendre pour nos compatriotes. Ce qui se joue c’est notre force diplomatique, notre influence dans le monde et notre capacité, à nous Français et Européens, à jouer tout notre rôle dans la construction d’un monde plus juste, plus équilibré, plus respectueux des peuples.

Je vous remercie.


26/02/2007 17:06
Allocution du Premier Ministre (0 commentaire)

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Allocution lors de l’ouverture du cycle des hautes études européennes

Madame la présidente, chère Simone Veil,
Monsieur le ministre des Affaires étrangères, cher Philippe,
Monsieur le ministre de la Fonction publique, cher Christian,
Madame la ministre, chère Catherine,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs les ambassadeurs
Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de me trouver parmi vous aujourd’hui à l’occasion de l’ouverture du cycle des hautes études européennes. Ce projet avait été lancé en décembre 2005. Je me réjouis qu’il ait été mis en place aussi vite - cela n’était pas écrit - et je souhaite remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette réussite.

Je pense d’abord à Simone Veil, qui a accepté d’appuyer cette initiative de son prestige et de la force de ses convictions européennes ;

Je pense à Christian Jacob, ministre de la Fonction publique, qui a fait de la formation aux enjeux européens une priorité de la politique de formation des fonctionnaires ;

Merci également à Philippe Douste-Blazy et à Catherine Colonna, qui ont mobilisé notre réseau diplomatique pour faire connaître ce cycle en Europe ;

Merci enfin à Antoine Durrleman, directeur de l’Ena, et à Jean-Pierre Jouyet, chef de l’Inspection générale des finances, qui ont été les maîtres d’œuvre de ce projet, deux camarades de promotion. Comme quoi, les fidélités et l’amitié restent au rendez-vous de tous les âges de la vie.

1. Ce nouveau cycle d’études s’inscrit dans notre volonté de renouveler notre approche des affaires européennes.

Nous l’avons vu lors du référendum : les Français ont le sentiment que l’Union s’est éloignée quelque peu de leurs préoccupations quotidiennes. Ils ne perçoivent plus suffisamment ce que leur apporte cette Europe dans leur vie de tous les jours. Surtout, ils se demandent quel est le sens du projet européen, quels en sont les valeurs, quels en sont les objectifs, et face à cette situation, dès mon arrivée au gouvernement, j’ai souhaité prendre des initiatives.

D’abord, j’ai voulu que nous relancions l’Europe autour de projets concrets, que chacun puisse toucher du doigt la réalité de cette Europe.

La France a toujours joué un rôle moteur dans ce domaine. Je pense à l’Europe de l’innovation, avec des projets comme Galiléo ou encore Iter. Je pense aussi à l’Europe de la sécurité ou à celle de la défense.

Qu’il s’agisse de la politique européenne de l’énergie ou de la mise en place d’un fonds européen pour accompagner les salariés victimes des restructurations, la France veut continuer à être à la pointe de cette Europe des projets.

Nous avons également réformé la méthode de travail sur les questions européennes. L’objectif, c’était de garantir aux Français que les positions que nous allions défendre à Bruxelles soient placées sous le contrôle de leurs représentants politiques. C’était indispensable dans la mesure où les décisions européennes ont des conséquences très directes sur la vie quotidienne de nos concitoyens.

D’abord, nous avons instauré des comités interministériels sur l’Europe que je préside chaque mois. J’ai même souhaité que l’un d’entre eux soit retransmis en direct à la télévision. Il était important que chacun puisse voir, en toute transparence, comment se prennent nos décisions sur des sujets aussi sensibles, aussi complexes que la directive sur le temps de travail, par exemple.

Par ailleurs, un débat est désormais organisé au Parlement avant chaque Conseil européen. Pour les parlementaires, c’est une occasion privilégiée de se saisir des grandes orientations de l’Union européenne.

Enfin, nous avons souhaité que les décisions gouvernementales sur les questions européennes fassent l’objet d’une concertation la plus large possible. J’ai demandé aux ministres de consulter les partenaires sociaux, les représentants des collectivités territoriales et l’ensemble des responsables de la société civile, sur les projets de législation européenne afin que leur avis puisse être pris en compte en amont des négociations.

2. Avec ce nouveau cycle, nous disposons désormais d’un atout supplémentaire pour mieux faire connaître l’Europe à l’ensemble de nos concitoyens.

Au cours des prochains mois, vous allez acquérir une connaissance approfondie de l’Union européenne.

Vous allez vous initier aux rouages et aux mécanismes de l’Union, à Bruxelles, bien sûr, mais aussi à Strasbourg.

Surtout, vous allez toucher du doigt la réalité de l’Europe. A travers les nombreux déplacements que vous serez amenés à faire, vous allez prendre conscience de la richesse mais aussi de la diversité des 27 Etats membres.

Cette expérience que vous allez acquérir, elle doit vous permettre de devenir de véritables relais d’opinion auprès de nos concitoyens. En tant qu’élus, en tant que hauts fonctionnaires, en tant que journalistes ou encore cadres dirigeants d’entreprise, vous êtes les mieux placés pour sensibiliser les Français à l’Europe. Vous avez un rôle majeur pour expliquer à ces différents représentants de l’Union les enjeux de la politique européenne.

Cette expérience, elle doit aussi vous permettre, dès cette année, de devenir des forces de proposition au service de l’Europe. Vous aurez notamment l’occasion de réfléchir sur le thème retenu pour la session 2007, " quelles stratégies nouvelles pour le marché intérieur ? ". Question tout à fait romantique, vous en conviendrez.

Cette question, elle est bien au cœur des défis auxquels l’Union est confrontée. Si nous avons fait le choix de construire un marché intérieur qui rassemble près de 500 millions d’habitants, ce n’est pas pour mettre en place une simple zone de libre-échange. Pas besoin de se donner autant de mal. C’est bien pour bâtir un véritable projet politique, une Europe capable d’unir ses forces pour mieux protéger ses citoyens.

Aujourd’hui, c’est cette dimension politique de l’Europe que nous devons retrouver. Comment faire pour nous donner ensemble les moyens d’être à la pointe de la recherche et de l’innovation ? Comment construire une Union dans laquelle croissance économique et progrès social puissent aller de pair ?

Nous sommes, ici en France, à quelques mois d’échéances électorales majeures. Le débat actuel porte pour l’essentiel sur des questions nationales, ce qui est naturel. En matière de chômage, de croissance, de pouvoir d’achat, les Français attendent de notre part des réponses concrètes, précises. A nous, bien sûr, de leur proposer une vision, pour permettre à chacun s de vivre mieux dans notre pays.

Mais nous n’oublions pas que le destin de la France se joue nécessairement en Europe. La réussite de notre pays se joue, nous en sommes tous conscients, à l’échelle du continent.

Il ne faut pas simplement mieux faire fonctionner l’Union. Il ne faut pas simplement lui donner les instruments pour décider plus vite et plus efficacement.

Il faut aussi mieux faire vivre cette Europe, lui donner un sens et une mission dans un monde qui est toujours plus ouvert et toujours plus mobile. L’Europe doit valoriser nos intérêts économiques respectifs. L’Europe doit protéger toujours mieux ses consommateurs. L’Europe doit porter une vision de paix et de justice dans le monde et se doter des moyens politiques, diplomatiques, militaires nécessaires.

Je souhaite que l’Europe, qui accompagne aujourd’hui chacune des grandes décisions nationales, ne soit pas la grande absente du débat politique français. Je souhaite qu’elle en soit au contraire l’un des moteurs et l’une des sources de réflexion et d’inspiration.

Vous me permettrez de terminer par trois convictions, puisque, dans un cycle consacré à l’Union européenne, je crois que l’essentiel, dans le fond, ce qui nous rassemble, c’est nos motivations.

La première conviction, c’est que l’Europe est fondée sur un sentiment, celui de l’insatisfaction créatrice.

Ce sentiment aujourd’hui, nous pose un peu problème. Ce qui explique la force de l’Europe à travers le monde, c’est que l’Europe n’a jamais été, tout au long de son histoire, satisfaite d’elle-même. Elle a toujours eu le sentiment qu’elle pouvait faire mieux, qu’elle pouvait aller plus loin, qu’elle avait quelque chose à inventer, qui n’était pas suffisamment fort dans l’histoire de notre continent. Longtemps, nous nous sommes heurtés à ce grand défi, cette muraille de Chine, qu’est la guerre et nous avons réussi, ensemble, à inventer le chemin de la paix. Aujourd’hui, c’est comment mieux partager nos richesses, comment inventer non seulement un espace de paix mais de prospérité, et comment faire partager les valeurs qui sont les nôtres, très au-delà de l’Europe.

Malheureusement, nous gardons l’insatisfaction mais nous avons un peu perdu l’aspect créateur. Nous sommes dans l’insatisfaction mais nous n’avons pas le moteur de la création. La création, c’est, somme toute, d’être capable de rassembler des énergies, des enthousiasmes, des imaginations et c’est bien ce qui nous fait défaut aujourd’hui, tant l’Europe semble trop souvent engluée dans des procédures, dans des techniques, dans des institutions qui se regardent elles-mêmes, et qui ont du mal à retrouver le souffle indispensable. Donc, aujourd’hui, ce moteur qui est l’insatisfaction créatrice, doit se donner un nouvel élan, une nouvelle raison de regarder plus loin.

Deuxième conviction, l’Europe est une nécessité.

L’Europe c’est une chance pour chacun de nos Etats, et je crois qu’il est très important pour nous, Européens, de faire cet effort indispensable de regarder au-delà de nous pour comprendre ce que nous sommes, et les devoirs que nous avons vis-à-vis de la planète. Trop souvent, nous avons tendance à nous enfermer sur nos problèmes, nous avons tendance à passer notre temps à regarder sous le capot du moteur et à voir ce qui ne fonctionne pas. On défait le moteur, on refait le moteur, on imagine qu’on pourrait le monter différemment, pour faire en sorte que notre voiture aille plus vite... Mais la vérité, c’est que si nous nous éloignons un instant de nos propres problèmes pour regarder l’Europe avec les yeux du monde, avec l’œil d’un citoyen chinois, l’œil d’un citoyen sud-américain, l’œil d’un citoyen africain, nous nous rendons compte que l’aventure que nous sommes en train de vivre ensemble est une aventure unique. Jamais, nulle part, dans l’histoire du monde, aucun continent, aucune région ne s’est donnée pour objectif de bâtir une union d’Etats et de peuples comme nous le faisons aujourd’hui. Et nous voyons toute l’actualité, toute la modernité de ce projet, puisqu’il s’agit, au-delà des Etats, de voir ce que nous pouvons faire ensemble, et de voir ce que nous ne pouvons pas aujourd’hui faire sans inventer une nouvelle façon de faire de la politique. Chacun d’entre nous a des réponses à apporter à ses concitoyens mais nous voyons bien qu’entre les uns et les autres, il y a des problèmes que nous ne pouvons pas traiter.

Personne, en Europe, n’imagine qu’un Etat seul ait la clef, la réponse au problème de l’immigration. Nous savons que c’est à l’échelle de l’Europe qu’il faut trouver une réponse aux questions de l’immigration. Aucun Etat seul ne peut apporter une réponse aux grandes questions de sécurité, de terrorisme, de prolifération. Aucun Etat seul ne peut apporter une réponse satisfaisante aux problèmes de justice internationale, aucun Etat seul ne peut apporter de réponse aux questions pourtant brûlantes comme celle de la paix, comme celle de la faim, comme celle du développement. Donc c’est bien la somme de nos Etats et de nos peuples qui peut nous donner l’énergie nécessaire pour forcer, en quelque sorte, les choses, et apporter des réponses à ces questions essentielles. L’Europe peut faire basculer le monde et nous voyons bien que le silence, trop souvent, de l’Europe, l’absence, trop souvent, de l’Europe, c’est véritablement aujourd’hui le grand défi des relations internationales.

Ma conviction, c’est qu’une Europe plus présente, une Europe plus engagée, une Europe plus capable de prendre des décisions, cela peut faire la différence dans tous les grands dossiers du monde d’aujourd’hui. C’est vrai de l’Iran, c’est vrai du Proche-Orient, c’est vrai de l’Afrique, qu’il s’agisse du développement, de sécurité en Afrique, d’immigration, c’est vrai de tous les grands enjeux de la planète, comme celui de l’environnement. Une Europe rassemblée, une Europe capable de peser d’une seule voix, une Europe capable de réunir ses forces pour résoudre des problèmes aussi graves que celui qui a été évoqué tout à l’heure, cinq infirmières bulgares, un médecin palestinien retenu aujourd’hui en Libye, depuis huit ans, huit ans ! Je crois qu’il faut qu’on mesure à l’échelle du temps européen ce que cela représente. Vu de certains pays, huit ans, c’est très court, pour un Européen, pour une infirmière, huit ans, c’est une éternité. Alors, qu’attendons-nous ? Attendons-nous que le désespoir finisse par l’emporter ? Que le sentiment d’abandon finisse par l’emporter ? Nous avons des rendez-vous européens, mettons ces rendez-vous européens au service de ces infirmières bulgares, au service de la volonté de la Bulgarie de retrouver ses citoyennes. Je crois que c’est avec des calendriers, c’est avec de l’unité dans nos approches diplomatiques, nous avons réussi au fil des dernières années à retisser les fils d’une relation avec la Libye. Eh bien mettons chacun nos bonnes volontés, nos savoir-faire, nos relations, mettons la relation que nous avons en matière transatlantique au service de cette ambition et au service d’une imagination pour trouver la juste solution qui est aujourd’hui si nécessaire, dans le respect des uns et des autres, avec la Libye, qui est désireuse, nous le savons, de reprendre sa place sur la scène internationale.

Enfin, dernière conviction, l’Europe, c’est l’évidence, a besoin d’un moteur.

Le moteur traditionnel de l’Europe, c’est le franco-allemand. Je reste persuadé que rien n’a remplacé ce moteur-là, la preuve. Je reste persuadé aussi qu’il faut imaginer un moteur qui puisse permettre d’associer toutes les bonnes volontés. Je crois que, si nous n’y prenons garde, la mondialisation fera lentement dériver les intérêts des Etats européens, et que l’un des grands défis aujourd’hui, c’est de maintenir l’unité de l’ambition européenne, mais aussi l’unité des volontés européennes. La France, l’Allemagne, bien sûr, tous ceux qui le souhaitent, nous avons besoin d’agir davantage ensemble, de façon très pragmatique. D’où l’idée de l’Europe des projets, pour tout simplement avoir des résultats. Je ne connais pas d’ambition humaine qui ne puisse progresser sans avoir des résultats. Vous savez, prenez le meilleur étudiant du monde, si, année après année, il n’obtient pas les résultats qu’il attend, à ses examens, dans ses ambitions de la vie simple, celle de tous les jours, il désespère. Eh bien l’Europe, c’est pareil. L’Europe, c’est une famille, si l’Europe n’obtient pas de résultats, elle désespèrera, et croyez-le, et croyez-moi, les citoyens de l’Europe désespèreront.

Or, aujourd’hui, nous avons une chance nouvelle. Cette chance, c’est que l’Europe elle a existé, bien sûr, à travers les pères fondateurs, et ici, nous pouvons le dire devant la haute figure de R. Schuman et de beaucoup d’autres qui se sont levés en Allemagne, en Italie, un peu partout en Europe pour créer un chemin. L’Europe, elle a connu le temps des Etats. Souvent des chefs d’Etat et de gouvernement, qui se sont relayés, pour faire en sorte que cette énergie européenne soit fortifiée, et permette de franchir les obstacles. Moi, ma conviction aujourd’hui, c’est que la seule chose qui peut sauver l’Europe, ce sont les peuples européens. Parce que les peuples européens attendent quelque chose de l’Europe. Les peuples européens ont vraiment au cœur l’envie que cette Europe s’affirme. Ils n’ont pas envie de vivre un monde dominé par la consommation à tout va, dominé par la revanche de certains Etats sur d’autres Etats, dominé par une puissance ou, au contraire, une jungle mondiale. Or nous le voyons, nous sommes à un temps très particulier du monde, nous ne sommes pas dans un monde unipolaire. Nous avons vu qu’une seule puissance ne peut pas organiser la planète, nous ne sommes pas encore tout à fait dans un monde multipolaire, puisque la multipolarité voudrait dire une organisation du monde ; ce monde n’est pas suffisamment organisé pour prétendre aujourd’hui être véritablement multipolaire. Pour le devenir, ce monde a vraiment besoin de l’Europe. Seule l’Europe permettra de bâtir un monde organisé, permettra de bâtir une gouvernance mondiale, permettra de mettre ensemble des forces, permettra d’additionner des volontés de façon à apporter des solutions aux problèmes du monde.

Donc vous le voyez bien, aujourd’hui, l’Europe revient à ce qu’elle était à l’origine sous la férule de quelques grands révolutionnaires, l’Europe reste le plus grand projet révolutionnaire de notre temps. Contrairement à ce que certains ont pu penser, le "non" de la France, non pas à l’Europe mais au projet qui leur était soumis, ce "non" porte en lui l’aspiration à cette révolution. Une Europe qui serait à nouveau proche des citoyens, une Europe qui se fixerait enfin autre chose qu’un simple bricolage institutionnel, une Europe qui ne serait pas la simple addition de compétences techniques et de vouloirs techniques, mais qui porterait en elle ce qui fait le caractère incomparable de l’Europe, son souffle humaniste et universaliste, ce partage de valeurs, et qui doit commencer par la genèse de l’Europe, qui doit commencer par des projets très concrets - nous l’avons, les uns et les autres évoqué à travers la réussite d’Erasmus - et qui doit prendre aujourd’hui des forces beaucoup plus grandes. Chaque Européen, qu’il soit lycéen ou universitaire doit pouvoir partager un temps de son expérience dans un autre pays de l’Europe, l’Europe doit vraiment faire tomber les limites linguistiques, les limites frontalières encore trop présentes dans la vie de tous les jours pour être véritablement cet espace qui crée l’envie, crée l’appétit, crée le désir.

Je me rappelle, jeune enfant débarquant aux Etats-Unis, rien ne me frappait plus que le fait que débarquant à l’aéroport Kennedy, ou à Los Angeles, ce qui était le plus palpable quand on montait dans une voiture, et on avançait sur ces grands high ways, c’était ce sentiment de liberté. On pouvait alors faire non pas un projet mais dix projets et tous paraissaient faciles, tous paraissaient possibles. Ce qui a toujours manqué à l’Europe, et ce qui explique que l’histoire de l’Europe soit jalonnée de guerres fratricides, civiles, religieuses, c’est l’espace. L’aventure révolutionnaire européenne doit régler ce problème de l’espace européen, où un Français doit se sentir chez lui en Lituanie, un Lituanien doit se sentir capable d’entreprendre en France, à Londres, un espace où nous réconcilions Shakespeare, Molière, Dante, Hölderlin. Cela, c’est la grande Europe que nous voulons bâtir. Une Europe qui, dans nos têtes, agrandit notre capacité à rêver, agrandit notre capacité à aimer.

Alors, mélangeons-nous, croissons, inventons, et faisons en sorte que cette Europe, ce soit bien une Europe au service du monde.

Je vous remercie.


19/02/2007 13:41
Discours du 14 février à l'ONU (0 commentaire)

« Je remercie MM. Blix et El Baradeï pour les indications qu'ils viennent de nous fournir sur la poursuite des inspections en Irak. Je tiens à nouveau à leur exprimer la confiance et le plein soutien de la France dans leur mission. Vous savez le prix que la France attache, depuis l'origine de la crise irakienne, à l'unité du Conseil de sécurité. Cette unité repose aujourd'hui sur deux éléments essentiels : Nous poursuivons ensemble l'objectif d'un désarmement effectif de l'Irak. Nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Ne mettons pas en doute notre engagement commun en ce sens. Nous assumons collectivement cette lourde responsabilité qui ne doit laisser place ni aux arrière-pensées, ni aux procès d'intention. Soyons clairs : aucun d'entre nous n'éprouve la moindre complaisance à l'égard de Saddam Hussein et du régime irakien. En adoptant à l'unanimité la résolution 1441, nous avons collectivement marqué notre accord avec la démarche en deux temps proposée par la France : le choix du désarmement par la voie des inspections et, en cas d'échec de cette stratégie, l'examen par le Conseil de sécurité de toutes les options, y compris celle du recours à la force. C'est bien dans ce scénario d'échec des inspections, et dans ce cas seulement, que pourrait se justifier une seconde résolution. La question qui se pose aujourd'hui est simple: considérons-nous en conscience que le désarmement par les missions d'inspections est désormais une voie sans issue ? Ou bien, estimons-nous que les possibilités en matière d'inspection offertes par la résolution 1441 n'ont pas encore été toutes explorées ? En réponse à cette question, la France a deux convictions : la première, c'est que l'option des inspections n'a pas été conduite jusqu'à son terme et peut apporter une réponse efficace à l'impératif du désarmement de l'Irak ; la seconde, c'est qu'un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu'il ne saurait être envisagé qu'en dernière extrémité. Or que venons-nous d'entendre, à travers le rapport de MM. Blix et El Baradeï ? Nous venons d'entendre que les inspections donnent des résultats. Bien sûr, chacun d'entre nous veut davantage et nous continuerons ensemble à faire pression sur Bagdad pour obtenir plus. Mais les inspections donnent des résultats. Lors de leurs précédentes interventions au Conseil de sécurité, le 27 janvier, le président exécutif de la CCVINU et le directeur général de l'AIEA avaient identifié précisément les domaines dans lesquels des progrès étaient attendus. Sur plusieurs de ces points, des avancées significatives ont été obtenues: Dans les domaines chimiques et biologiques, les Irakiens ont remis de nouveaux documents aux inspecteurs. Ils ont aussi annoncé la création des commissions d'investigation, dirigées par les anciens responsables des programmes d'armements, conformément aux conclusions de M. Blix. Dans le domaine balistique, les informations fournies par l'Irak ont permis aux inspecteurs de progresser également. Nous détenons avec précision les capacités réelles du missile Al-Samoud. Maintenant, il convient de procéder au démantèlement des programmes non autorisés, conformémement aux conclusions de M. Blix. Dans le domaine nucléaire, des informations utiles ont été transmises à l'AIEA sur les points les plus importants évoqués par M. El Baradeï le 27 janvier : l'acquisition d'aimants susceptible de servir à l'enrichissement d'uranium et la liste des contacts entre l'Irak et le pays susceptible de lui avoir fourni de l'uranium. Nous sommes là au coeur de la logique de la résolution 1441, qui doit assurer l'efficacité des inspections grâce à une identification précise des programmes prohibés, puis à leur élimination. Nous sommes tous conscients que le succès des inspections suppose que nous aboutissions à une coopération pleine et entière de l'Irak. La France n'a cessé de l'exiger. Des progrès réels commencent à apparaître : l'Irak a accepté le survol de son territoire par des appareils de reconnaissance aérienne ; il a permis que des scientifiques irakiens soient interrogés sans témoins par les inspecteurs ; un projet de loi prohibant toutes les activités liées aux programmes d'armes de destruction massive est en cours d'adoption, conformément à une demande ancienne des inspecteurs ; l'Irak doit fournir une liste détaillée des experts ayant assisté en 1991 aux destructions des programmes militaires. La France attend bien entendu que ces engagements soient durablement vérifiés. Au-delà, nous devons maintenir une forte pression sur l'Irak pour qu'il aille plus loin dans la voie de la coopération. Ces progrès nous confortent dans la conviction que la voie des inspections peut être efficace. Mais nous ne devons pas nous dissimuler l'ampleur du travail restant à accomplir : des questions doivent être élucidées, des vérifications doivent être conduites, des installations ou des matériels doivent sans doute encore être détruits. Pour ce faire, nous devons donner aux inspections toutes les chances de réussir. J'ai fait des propositions le 5 février devant le Conseil. Depuis lors, nous les avons précisées dans un document de travail adressé à MM. Blix et El Baradeï et communiquées aux membres du Conseil. Quel est leur esprit ? Il s'agit de propositions pratiques et concrètes, qui peuvent être mises en oeuvre rapidement et qui sont destinées à renforcer l'efficacité des opérations d'inspection. Elles s'inscrivent dans le cadre de la résolution 1441 et ne nécessitent par conséquent aucune nouvelle résolution du Conseil. Elles doivent venir à l'appui des efforts menés par MM. Blix et El Baradeï, qui sont naturellement les mieux à même de nous dire celles d'entre elles qu'ils souhaitent retenir pour assurer la meilleure efficacité de leurs travaux. Dans leur rapport, ils nous ont fait des commentaires utiles et opérationnels. La France a déjà annoncé qu'elle tenait des moyens supplémentaires à la disposition de MM. Blix et El Baradeï, à commencer par ses appareils de surveillance aérienne Mirage IV. Alors oui, j'entends bien les critiques : il y a ceux qui pensent que, dans leur principe, les inspections ne peuvent avoir aucune efficacité. Mais je rappelle que c'est le fondement même de la résolution 1441 et que les inspections donnent des résultats. On peut les juger insuffisants mais ils sont là. Il y a ceux qui croient que la poursuite du processus d'inspection serait une sorte de "manoeuvre de retardement" visant à empêcher une intervention militaire. Cela pose naturellement la question du temps imparti à l'Irak. Nous sommes là au centre des débats. Il y va de notre esprit de responsabilité. Ayons le courage de mettre les choses à plat. Il y a deux options : l'option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l'unité de l'Irak, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l'intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a une autre option offerte par les inspections, qui permet d'avancer de jour en jour dans la voie d'un désarmement efficace et pacifique de l'Irak. Au bout du compte, ce choix-là n'est-il pas le plus sûr et le plus rapide ? Personne ne peut donc affirmer aujourd'hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu'il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d'un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? Donnons pas conséquent aux inspecteurs des Nations unies le temps nécessaire à la réussite de leur mission. Mais soyons ensemble vigilants et demandons à MM. Blix et El Baradeï de faire régulièrement rapport au Conseil. La France, pour sa part, propose un nouveau rendez-vous le 14 mars au niveau ministériel, pour évaluer la situation. Nous pourrons alors juger des progrès effectués et de ceux restant à accomplir. Dans ce contexte, l'usage de la force ne se justifie pas aujourd'hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l'Irak par les inspections. De plus, un recours prématuré à l'option militaire serait lourd de conséquences. L'autorité de notre action repose aujourd'hui sur l'unité de la communauté internationale. Une intervention militaire prématurée remettrait en cause cette unité, ce qui lui enlèverait sa légitimité et, dans la durée, son efficacité. Elle pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d'injustice, aggraverait les tensions et risquerait d'ouvrir la voie à d'autres conflits. Nous partageons tous une même priorité, celle de combattre sans merci le terrorisme. Ce combat exige une détermination totale. C'est depuis la tragédie du 11 septembre, l'une de nos responsabilités premières devant nos peuples. Et la France, qui a été durement touchée à plusieurs reprises par ce terrible fléau, est entièrement mobilisée dans cette lutte qui nous concerne tous et que nous devons mener ensemble. C'est le sens de la réunion du Conseil de sécurité qui s'est tenue le 20 janvier, à l'initiative de la France. Il y a dix jours, le secrétaire d'Etat américain, M. Powell, a évoqué des liens supposés entre Al Quaïda et le régime de Bagdad. En l'état actuel de nos informations et recherches menées en liaison avec nos alliés, rien ne nous permet d'établir de tels liens. En revanche, nous devons prendre la mesure de l'impact qu'aurait sur ce plan une action militaire contestée actuellement. Une telle intervention ne risquerait-elle pas d'aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ? La France l'a toujours dit : nous n'excluons pas la possibilité qu'un jour il faille recourir à la force, si les rapports des inspecteurs concluaient à l'impossibilité pour les inspections de se poursuivre. Le Conseil devrait alors se prononcer et ses membres auraient à prendre toutes leurs responsabilités. Et, dans une telle hypothèse, je veux rappeler ici les questions que j'avais soulignées lors de notre dernier débat le 4 février et auxquelles nous devrons bien répondre : en quoi la nature et l'ampleur de la menace justifient-elles le recours immédiat à la force ? Comment faire en sorte que les risques considérables d'une telle intervention puissent être réellement maîtrisés ? En tout état de cause, dans une telle éventualité, c'est bien l'unité de la communauté internationale qui serait la garantie de son efficacité. De même, ce sont bien les Nations unies qui resteront demain, quoi qu'il arrive, au coeur de la paix à construire.
Monsieur le président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l'incompréhension, de la suspicion ou de la peur. Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'Occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèles à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Dominique de VILLEPIN


07/02/2007 13:28
Villepin : (1 commentaire)

Pour le premier ministre, la seule solution à la crise est un retrait de l’armée américaine d’ici un an. Washington et Londres ont immédiatement rejeté ce calendrier.

Villepin/Bush : acte II. Le premier ministre français a une nouvelle fois exprimé son désaccord avec la politique américaine en Irak, dans une interview publiée mercredi par le quotidien britannique Financial Times. «Le diagnostic est cruel. Les Etats-Unis ont échoué en Irak. Plus de 3.000 soldats américains ont été tués depuis 2003 et 12.000 civils irakiens sont morts en 2006. En 2003, nous avons dit fermement avec le président Chirac qu'il n'y avait pas de solution militaire en Irak. Ce que nous disions en 2003 est toujours vrai en 2007», constate Dominique de Villepin qui juge indispensable de fixer « un horizon clair quant au retrait des troupes étrangères et au retour à la pleine souveraineté de l'Irak». «Si l'on ne dit pas que, dans un an, il n'y aura plus de soldats américains et britanniques sur le sol irakien, rien ne se passera en Irak si ce n'est davantage de morts et de crises», assène le chef du gouvernement devenu en février 2003 la bête noire de l’administration Bush après son discours à l'ONU, en tant que chef de la diplomatie française, contre une intervention militaire à Bagdad. «Dire que les troupes étrangères quitteront le pays quand l'Irak sera démocratique et pacifié est absurde. Ca ne se produira jamais», ajoute-t-il.

La Maison-Blanche pas surprise

Mardi soir sur I-Télé, le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, lui a emboîté le pas, déclarant que «la seule solution (...) c'est qu'à l'horizon 2008 il y ait un retrait des forces étrangères en Irak».

La Maison-Blanche a rapidement réagi, rejetant toute idée d'une échéance pour un retrait. Elle a aussi dit ne pas être surprise par ces déclarations françaises. «Ces propos sont dans la logique de leurs déclarations antérieures», a commenté le porte-parole du Conseil de la sécurité nationale. En guise de réponse, Londres s’est de son côté contenté de rappeler sa position «engagée» en Irak.


02/02/2007 21:12
A Bucarest, Villepin donne à des étudiants une leçon d'enthousiasme européen (0 commentaire)

BUCAREST (AFP) - "Bienvenue dans cette famille qui est la vôtre!": Dominique de Villepin a offert jeudi une leçon enflammée d'enthousiasme européen à quelques centaines d'étudiants roumains venus l'écouter à l'Académie des sciences de Bucarest.

Au long d'une allocution improvisée et volontiers lyrique, le Premier ministre français a eu des accents rappelant son intervention à l'ONU en 2003 contre la guerre en Irak.

Avec l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne le 1er janvier, a-t-il dit, "je sens bien qu'il y a là quelque chose d'essentiel qui se passe, et qui doit être saisi comme une chance par l'ensemble d'entre vous".

Comme un étudiant lui demandait, dans un français parfait, ce que l'entrée dans l'Europe unie allait "changer" pour son pays, M. de Villepin a pris quelques secondes avant de répondre, dans le silence: "le retour de la Roumanie dans la famille européenne change tout". "Là où vous aviez une possibilité, vous en avez dix", a-t-il continué. "Là où vous aviez un ami, vous en avez 26". Et dans le monde, la Roumanie va se découvrir "un rôle qui, au fur et à mesure, va devenir très différent".

Le voyage du Premier ministre français, en Roumanie jeudi et en Bulgarie vendredi, visait, selon son entourage, à "instaurer, dans cette phase d'entrée, un dialogue aussi fréquent, direct et souple que possible".

Devant les étudiants, Dominique de Villepin s'est attaché à montrer que les nouveaux membres partagent déjà pleinement les "responsabilités" de l'Europe.

"Responsabilité" pour la paix d'abord, car "sans l'Europe, il n'y aura pas de monde juste" ni "de paix". Et "le vrai enjeu européen (...) c'est de bâtir l'ordre mondial". "Nous pouvons changer l'ordre planétaire", a-t-il expliqué, "et l'Europe doit pour cela dépasser ses égoïsmes."

"Une grande politique européenne de l'immigration, c'est vous qui allez la bâtir". Elle ne devra pas consister à "élever des murs", mais à être "généreux", "dans le codéveloppement" avec les pays pauvres, notamment d'Afrique.

M. de Villepin a exhorté les jeunes Roumains à relancer l'idéal européen, évoquant un "projet de traité amélioré" et "qui serait proposé à l'ensemble des peuples européens au même moment".

"Remettre l'Europe sur des rails, c'est remettre l'Europe au service des citoyens", selon lui. Il a souhaité que "le plus possible de jeunes Roumains puissent venir faire une année d'études à Paris"

L'Europe, a-t-il encore expliqué, doit "apporter des réponses aux angoisses des citoyens". Sur les questions sociales ou d'environnement en particulier, a-t-il dit, "il faut donner la preuve aux Européens que l'Europe a bien ce rôle de protection nécessaire"

Pressé de dire ce que signifie être européen, Dominique de Villepin l'a résumé d'une formule: cela change "l'espace de la vie".

En marge de cette rencontre, le politologue Christian Parvulescu avait expliqué à des journalistes que l'effet le plus immédiatement ressenti de l'adhésion par les Roumains, c'est "le droit de circuler hors de Roumanie".

Pour autant, a-t-il tempéré, ils "attendent d'abord des résultats économiques".





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