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Par Nicolas Domenach. Les conseillers du Président se font canarder à l'Assemblée. Ce n'est pas encore une révolution mais déjà une fronde.
Il y a eu un lâché de «connards» hier à l'Assemblée nationale. Vous avez dit Bigard ? C'est plus que Bigard, c'est le député UMP Claude Goasguen qui a qualifié les conseillers élyséens de «connards». Jamais un élu ne s'était permis d'utiliser cette injure, un élu de la majorité de surcroît et du XVIe ! Tout fout le camp…
Et la majorité du groupe a applaudi à cette mise en cause injurieuse des serviteurs du roi qu'on a coutume, sous la Ve République, de plutôt saluer bien bas comme porteurs d'une parcelle de la majestueuse autorité. Mais il faut croire qu'à droite, on ne respecte plus rien ou pas grand-chose. En tout cas la présidence et le président n'inspirent plus la révérence et surtout plus la crainte d'autrefois. Ce n'est pas une révolution, Sire, pas encore ! C'est une fronde…
Il est vrai que l'accusation de « connardises» répondait à «des assauts en règle» de l'Elysée contre la gestion malencontreuse du groupe UMP par son chef «obsédé par sa propre carrière et ses vaniteuses ambitions pour 2007… mais pas assez soucieux de l'intendance parlementaire». Assauts menés par le chef en personne «avant de prétendre sauter 2 mètres 40 en hauteur, s'est moqué Nicolas Sarkozy lors du Conseil des ministres, il faut savoir passer 1 mètre 80». Il est vrai que la loi OGM, ce ne fut pas pour Copé une démonstration de Fosbury-flop mais un flop tout court. L'occasion était idéale pour le président et ses hommes de rabattre le caquet et la crête de ce Copé que «Nicolas n'a jamais pu saquer», comme le concède, navré, leur ami commun, Brice Hortefeux.
La coproduction une blague pour la télé Chaque fois qu'il a pu, Sarkozy a tenté de contrer ce jeune paltoquet qui, avec une morgue toute sarkozyenne, a toujours prétendu qu'à 44 ans, soit près de 10 de moins que le président, il avait le temps pour lui succéder mais qu'il s'y préparait dès à présent. Depuis qu'il s'est imposé à la tête du groupe UMP, les frictions n'ont pas manqué, sur l'ouverture à gauche, sur la commission Attali, etc. Copé s'en est bien sorti pourtant jusque-là en dépit de quelques maladresses comme son entrée dans un prestigieux cabinet d'avocats. Mais cette fois on allait le recadrer et l'encadrer. Le très sarkozyste et ministre des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, se laissait même aller à promettre à un collaborateur de Copé qu'il allait «leur trancher la gorge» ! Un boucher, ce Roger…
Sauf que Copé leur a fait un coup à la Sarkozy. Dans la difficulté, il en a rajouté. Le président de groupe a sauté et « capriquer » sur tous les hauts plateaux télévisés. On l'a vu, on l'a entendu partout trompéter une autocritique finement ouvragée de politicien madré. «J'ai failli, j'en prends ma part de responsabilité». Et hop, c'est oublié. «Je ferai mieux la prochaine fois». Aveu vaut pardon et promesse d'action, certificat d'honneur pour bonne volonté.
Copé a inventé la speed confession publique où l'on efface soi-même ses fautes, ce qui est une façon de montrer qu'on est le plus fort et que la contrition publique vous rend plus fort encore. Mais le chef du groupe qui s'était raté a fait mieux encore. Au lieu de baisser la tête, il l'a relevée pour mieux renforcer son autorité sur un groupe que le président il y a quelques jours encore avait prétendu reprendre en main de fer. «L'UMP parlementaire, c'est moi», a répliqué Copé et «vous ne pouvez pas réformer sans en passer par moi». C'est ainsi que Copé a préparé et obtenu de ses élus un sacre de solidarité. Le groupe l'a applaudi debout et longuement. Non «Jef», enfin Jean-François, tu n'es pas tout seul. Il avait les larmes aux yeux «Jef» de voir tout ce monde à ses côtés, rassemblé pour lui mais aussi contre l'Autre, contre l'hôte de l'Elysée. Car les députés ont choisi leur camp, celui de la rébellion. Ils ne se laisseront plus dicter leur conduite ni leur vote comme avant.
La coproduction législative qu'ambitionne Copé - «une blague pour plateau télé», selon l'Elysée - ils l'ambitionnent, ils la veulent tout de suite. Sans attendre une réforme constitutionnelle dont ils doutent. Ca promet pour les textes à venir comme la loi de modernisation de l'économie. Voilà les députés qui, eux aussi, prétendent entrer dans la modernité, dans une ère démocratique où ne s'appliquerait plus ce vieux principe : «quand tu es dans la majorité, c'est ferme ta gueule quand tu es dans l'opposition, c'est cause toujours».
Source: Marianne.fr
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Le député ex-UMP annonce son intention de constituer des listes pour les élections européennes de 2009 et de "rassembler les Français qui ont été trahis par le traité de Lisbonne".
livier-Yerres : Comment jugez-vous l'ampleur de la mobilisation aujourd'hui, dans l'éducation nationale et plus généralement dans le service public ?
Nicolas Dupont-Aignan : Cette mobilisation est compréhensible dans la mesure où la réforme de l'Etat est importante. Toute la difficulté est de bien doser, ministère par ministère, les efforts à fournir. Attention à ne pas affaiblir l'Etat.
Je doute que l'objectif du gouvernement soit faisable : ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux, dans certains services, et notamment à l'éducation nationale, posera vite des problèmes.
Encore une fois, après des années d'immobilisme, évitons l'excès inverse d'une vision trop idéologique du "moins d'Etat".
Stravigor : Que pensez-vous de la réaction du député UMP François Grosdidier qui persiste et signe quant au rejet du projet de loi sur les OGM ?
Nicolas Dupont-Aignan : Il a raison. Pour ma part, je voterai contre ce projet, qui obéit, certes avec quelques précautions de forme, aux diktats de la Commission de Bruxelles et de ses donneurs d'ordre, les semenciers américains.
Ce projet de loi représente un vrai danger pour notre environnement. Le gouvernement et la majorité ne se rendent pas compte de la responsabilité qu'ils prennent devant l'histoire.
Je ne suis pas, bien évidemment, hostile aux progrès scientifiques, il faut poursuivre les recherches sur les OGM, mais il ne faut surtout pas autoriser aujourd'hui, en l'état des connaissances, les cultures en plein champ.
Encore une fois, il y a un manque de cohérence entre les avancées remarquables du Grenelle de l'environnement et les actes concrets du gouvernement.
D'une manière générale, c'est ce décalage entre les discours du président de la République et la pratique de ses décisions qui devient de plus en plus insupportable aux Français, et même à bon nombre de députés de la majorité.
étudiant_38 : Les mesures de la commission Balladur pour réformer nos institutions sont-elles suffisantes à vos yeux ?
Nicolas Dupont-Aignan : Tout d'abord, sincèrement, je ne crois pas que la révision de la Constitution soit une priorité pour les Français. La vraie question aujourd'hui, c'est la guerre économique que nous sommes en train de perdre, avec ses dommages collatéraux en termes de délocalisations et de régression sociale.
Pour autant, pourquoi pas une réforme institutionnelle si, là aussi, il y a cohérence et honnêteté intellectuelle ? Malheureusement, le projet de loi de révision me paraît être davantage un coup de pub qu'une réforme sérieuse et profonde.
On nous parle de droits renforcés pour le Parlement et de démocratisation de notre pays. Mais au même moment, le projet supprime l'obligation de référendum pour l'élargissement de l'Union européenne. Où est le progrès ?
Par ailleurs, comment imaginer renforcer les droits du Parlement si l'on n'aborde pas la question clé du mode de scrutin ? Je ne suis pas favorable à une proportionnelle intégrale, mais je crois sincèrement qu'une dose de proportionnelle sur 10 % ou 20 % des sièges ne remettrait en rien en cause la stabilité de la Ve.
N'oubliez pas que cela ne sert pas à grand-chose de renforcer les droits du Parlement si un seul parti, aujourd'hui de droite, l'UMP, hier ou demain de gauche, détient la majorité parlementaire et prend ses ordres à l'Elysée.
Enfin, il serait temps d'aborder la question essentielle de la diversité des médias et de leurs liens avec certains milieux d'affaires, dépendant des commandes de l'Etat, pour garantir, comme dans les autres pays occidentaux, une vraie pluralité d'opinions.
Enfin, je regrette que le président de la République refuse l'usage du référendum, qui est un élément essentiel de respiration démocratique voulu par le général de Gaulle. Vous le comprenez, je voterai contre cette réformette constitutionnelle.
bobby : Que pensez-vous de la première année de présidence de Sarkozy ?
Nicolas Dupont-Aignan : Comme beaucoup de Français, je suis plus que déçu. Jamais le décalage n'a été aussi grand dans notre pays entre les discours, les promesses et les actes.
Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait pointé du doigt, avec raison, les origines profondes de nos difficultés (euro cher, libre-échange déloyal, manque de volontarisme industriel, immigration incontrôlée, etc.). Une fois élu, il s'est résigné à subir le carcan de Bruxelles et s'est engagé dans une politique, notamment économique, peu efficace (le fameux paquet fiscal).
Je ne méconnais pas sa volonté de réforme, mais ce ne sont pas des réformes en désordre qui permettront d'obtenir les résultats qu'attendent les Français.
Enfin, et c'est peut-être là le plus grave, le président a engagé une réorientation de la politique étrangère et de défense dont il n'avait jamais parlé pendant la campagne (réintégration dans l'OTAN, envoi de soldats en Afghanistan), qui porte un tort considérable à l'image de notre pays dans le monde. Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe.
Et tous ceux qui, comme moi, croient à une certaine idée de la France sont profondément tristes de l'occasion perdue de 2007.
Denis : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre positionnement politique ? Sous la bannière de la majorité présidentielle UMP, il y a encore peu de temps, interviewé dans Minute en décembre, votant la censure en avril... où vous situez-vous ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je suis gaulliste, républicain. Je ne peux pas accepter la dérive atlantiste dont je vous parlais il y a un instant. Je refuse cette soumission à l'ordre des lobbies de Bruxelles. Je siège, vous l'avez compris, aux non-inscrits.
Je ne crois pas pour autant que le Parti socialiste ferait une politique fondamentalement différente de celle engagée par Nicolas Sarkozy. Et je crois que les Français sont lassés de ce jeu hypocrite entre deux partis dominants qui, sur le fond, ne font que gérer les affaires courantes d'un ordre mondial qui prend ses décisions ailleurs.
Mon mouvement politique Debout la République a, il est vrai, penché pour Sarkozy à la présidentielle, car ce dernier avait repris bon nombre de nos thèmes de campagne. Ce n'était qu'illusion, certes, nous le découvrons maintenant. Cela ne doit pas nous empêcher, pour l'avenir, de préparer l'après-Sarkozy et de proposer une offre politique nouvelle.
Source: LeMonde.fr
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Augustin-de-V : Subissez-vous des pressions de la part de l'UMP ? La vie d'un député indépendant est-elle impossible ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je ne subis pas de pressions de l'UMP, car ils savent qu'elles n'auraient aucun effet. La vie d'un député indépendant dans un système de quasi-bipartisme est extrêmement difficile.
Pour autant, devrais-je renoncer à ce que je crois de plus important pour mon pays : l'indépendance nationale, une Europe des nations, une république intègre, une économie croissante au service du partage social.
Non, bien sûr. Car tous les jours Debout la République reçoit des adhésions d'anciens UMP, d'anciens chevénementistes, de citoyens sans étiquette, qui sont convaincus que le système actuel court à sa perte.
Les Français, et j'en fais partie, je ne le renie pas (même si, vous le savez, j'avais émis des doutes en voulant me présenter à la présidentielle), ont cru que Nicolas Sarkozy pouvait incarner le sursaut. Malheureusement, ils comprennent aujourd'hui qu'il accélère la "normalisation" de la France, une sorte de Länder de l'Europe supranationale sous influence américaine. Les Français, j'en suis convaincu, réagiront d'une manière ou d'une autre et ne se laisseront pas faire, à la condition bien sûr qu'une autre politique existe.
Romain : Si la droite nationale rassemblant les partis du FN, du MNR et du MPF décidaient de lancer une nouvelle formation rassemblant tous les patriotes dans une véritable alternative à Nicolas Sarkozy, accepteriez-vous d'y participer ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je ne vois pas ceux qui n'ont pas été capables de le faire au cours des dix dernières années s'y mettre aujourd'hui. En revanche, il va de soi que les républicains, de gauche comme de droite, et les patriotes, de gauche comme de droite, devraient davantage unir leurs forces politiques.
C'est pourquoi je proposerai dans les semaines qui viennent la constitution de listes pour les élections européennes de juin 2009. Il ne s'agira pas de regrouper les groupuscules de M. X ou de Mme Y, mais, à partir d'un vrai projet pour l'Europe du XXIe siècle, de rassembler les Français qui ont été trahis par le traité de Lisbonne, qui a repris, vous le savez, la Constitution européenne pourtant rejetée par le peuple le 29 mai 2005.
Car, ne l'oublions pas, il ne peut y avoir de redressement de la France sans une refondation européenne. C'était le sens de la campagne de Nicolas Sarkozy, c'est la raison aujourd'hui de son échec.
Républicain : Allez-vous vous allier à M. De Villiers pour les prochaines européennes ?
Nicolas Dupont-Aignan : Philippe de Villiers est resté totalement silencieux lors du vote du traité de Lisbonne. Je le regrette. La question maintenant n'est pas d'additionner M. X ou Mme Y comme je l'ai déjà dit, mais d'être capable de porter un projet concret pour une Europe efficace, car nous avons besoin de l'Europe, au service du progrès social.
Je crois aussi sincèrement que les Français attendent des visages nouveaux, une nouvelle génération politique capable – on le voit bien avec Besancenot à gauche – de rassembler.
denis 75 : Debout la République sera-t-il présent aux élections européennes 2009 ?
Nicolas Dupont-Aignan : Debout la République sera bien sûr présent, mais je crois qu'il faudrait aller au-delà et associer tous ceux qui se reconnaîtront dans mon projet. Nous serons la surprise de 2009.
Républicain : Dans vos discours vous parlez souvent d'une "autre Europe". Qu'entendez-vous par là exactement ?
Nicolas Dupont-Aignan : Dans la mondialisation et le monde multipolaire des cinquante prochaines années, il va de soi que l'Europe doit exister. On me caricature d'ailleurs souvent comme un anti-européen, ce qui est totalement faux.
Mais pour que cette Europe réussisse, elle doit répondre à plusieurs conditions. Premièrement, elle doit mettre fin à son élargissement et établir un partenariat avec la Russie, la Turquie et le Maghreb.
Ensuite, l'euro doit être radicalement réformé pour en faire un instrument de croissance économique, et une politique industrielle et scientifique avec de très forts investissements publics doit être mise en œuvre autour de projets de coopération à la carte.
Enfin, il faut passer d'une Europe supranationale, oligarchique, qui a donné tous les pouvoirs à trois organismes non élus (Commission, Cour de justice, Banque centrale), à une Europe confédérale qui s'appuie sur les démocraties nationales et qui met en œuvre ces fameuses coopérations à la carte, qui sont les seules qui marchent concrètement. En témoignent Ariane ou l'Airbus.
Vous le voyez, c'est une redéfinition complète du système européen que je propose. Je ne suis pas le seul à le faire en Europe. En Italie, en Espagne, en Allemagne, de plus en plus de voix s'élèvent contre la dénaturation du beau projet européen initial.
Comment croire que l'on puisse construire l'Europe contre les peuples, en violant leur souveraineté et leur démocratie ? C'est une hérésie, et de surcroît, c'est inefficace.
Vous pouvez retrouver le détail de mes propositions dans mon dernier livre, Le Coup d'Etat simplifié, aux éditions du Rocher.
Source: LeMonde.fr
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Blogos : Que pensez-vous de la politique à l'égard des travailleurs clandestins ? Faut-il leur donner des papiers ? Est-ce que vous êtes sur la ligne de Brice Hortefeux pour la politique de l'immigration ?
Nicolas Dupont-Aignan : Il faut savoir faire preuve de fermeté même si, humainement, cela n'est pas facile. Quand comprendra-t-on que certains chefs d'entreprise se servent de l'immigration clandestine comme moyen de peser sur les salaires à la baisse ? Il serait suicidaire pour notre pays d'ouvrir à nouveau les vannes de l'immigration.
Il y a tant de jeunes dans nos quartiers, souvent d'ailleurs d'origine étrangère, qui sont au chômage et qui mériteraient d'être embauchés, que je ne comprends pas cette fausse sentimentalité des organisations de gauche qui viennent en renfort du Medef.
La vraie question, c'est le développement de l'Afrique et du Maghreb, mais là aussi, on revient à la case départ : quelle Organisation mondiale du commerce voulons-nous ? Il y aurait tant de mesures simples à prendre pour développer l'agriculture africaine, pour donner un espoir à la jeunesse du Maghreb. La solution pour cette jeunesse n'est pas de venir en France.
Quant à l'action de M. Hortefeux, j'approuve sa fermeté, mais je suis hostile à l'immigration choisie, qui rend sa politique incohérente.
Nous devons freiner au maximum l'immigration pour intégrer le mieux possible toutes celles et tous ceux, d'origine étrangère, qui vivent sur notre sol. Un point, c'est tout.
Républicain : Qu'avez-vous prévu pour le 29 mai (anniversaire du "non" au référendum sur la Constitution européenne) ?
Nicolas Dupont-Aignan : Sur le site Deboutlarépublique.fr, vous trouverez très prochainement une invitation pour une manifestation symbolique que je ne veux pas révéler pour l'instant, mais qui est d'ores et déjà prête, et qui se produira au même moment dans tous les pays d'Europe.
Blogos : Qu'est-ce qui vous distingue, finalement, de l'extrême droite "classique" ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je n'ai rien à voir avec l'extrême droite. Je n'ai jamais tenu un discours de rejet de quiconque. Je suis un républicain gaulliste, il suffit de lire tous mes discours ou mes écrits pour le comprendre. A l'inverse, je n'ai jamais rejeté les patriotes qui ont pu s'engager dans l'impasse du Front national.
Je crois à la nation, à la république, à l'Etat, à la liberté, à l'égalité, à la fraternité. Seraient-ce des valeurs d'extrême droite ?
GUITOU : Etre gaulliste, c'est quoi en 2008 ? Etes-vous un gaulliste de "gauche" ou un gaulliste de "droite" ?
Nicolas Dupont-Aignan : Ni l'un ni l'autre. Le principe même du gaullisme, c'est d'être au-dessus des partis !
Plus précisément, être socialiste aujourd'hui, pourriez-vous dire, c'est quoi ? dans la mesure où le socialisme date de 1900 et même d'avant. Il y a toujours eu des courants de pensée dans notre histoire. Le socialisme de 2008 n'est pas celui de 1905. Le gaullisme de 2008 n'est pas celui de 1958.
Pour autant, il y a des continuités historiques qui structurent notre sensibilité nationale, et même internationale, car entre nous, sans polémique aucune, croyez-vous que les peuples de la Terre préfèrent Nicolas Sarkozy en goguette chez George Bush ou le général de Gaulle demandant à Phnom Penh, à Québec ou à Mexico, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?
Ce qui me fait le plus de peine aujourd'hui pour mon pays, c'est de voir la droite française prisonnière d'un petit clan anglo-saxon conservateur, ultralibéral, alors même que le général de Gaulle avait su rompre avec le pire de la droite.
En conclusion, je comprends bien que ma position politique puisse surprendre les uns et les autres. Mais je crois que dans ce désarroi général, au moment où beaucoup de Français se demandent si vraiment la politique sert à quelque chose, qu'il y a besoin dans notre pays d'hommes libres (je ne suis d'ailleurs pas le seul), de structures politiques indépendantes et de discours sans langue de bois.
Je sais bien que ma tâche est difficile, mais le nombre de témoignages de soutien qui, depuis un certain temps, m'arrive prouve que malgré une certaine omerta médiatique mes idées font leur chemin. Il reste bien sûr à muscler mon parti, c'est pourquoi j'invite toutes celles et tous ceux qui partagent mon idéal à m'aider.
Source: LeMonde.fr
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Les bons chiffres de la croissance annoncés ce matin ont surpris, y compris les économistes. Voici les réactions de Nicolas Bouzou (Asterès), Marc Touati (Global Equities), et Alexander Law (Xerfi). Malgré l'annonce par l'Insee jeudi d'une croissance du PIB de la France de 0,6% au premier trimestre 2008 et de 2,1% sur l'ensemble de 2007, ils restent globalement pessimistes pour l'économie française.
| Nicolas Bouzou : "Un changement de moteur" |
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C'est clairement un bon chiffre. Ce chiffre constitue également un signal encourageant de par sa composition. Déjà, la contribution des stocks est nulle. La croissance n'a donc pas été tirée par un effet technique et temporaire de restockage. Mais le phénomène le plus notable tient au changement de moteur de l'activité. En effet, ces dernières années, l'économie française s'était reposée sur le couple consommation/investissement/logement, alors que la contribution des entreprises (investissement/exportations) avait eu tendance à tirer la croissance vers le bas. La configuration est désormais inverse. Deux commentaires pour nuancer toutefois. Le premier est lié aux effets de la politique économique menée depuis mai dernier. Disons le clairement: ils sont difficilement visibles. La défiscalisation des heures supplémentaires n'a pas empêché la consommation des ménages de freiner fortement. Même chose pour la trentaine de mesures prises en faveur du pouvoir d'achat mises régulièrement en avant pour le gouvernement. La seule chose véritablement visible, c'est le creusement du déficit public. Autrement dit, le gouvernement se réjouit de bons chiffres dont pas grand-chose de tangible ne montre qu'ils puissent être mis à son crédit. Deuxième commentaire: il est clair que les données mensuelles dont nous disposons sur l'industrie, le commerce extérieur et les achats des ménages suggèrent que la croissance du PIB sera faible au deuxième timestre.
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| Marc Touati : "Ça ne va pas durer" |
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L'embellie du premier trimestre ne va pas durer. Même si la première estimation de la croissance du premier trimestre est supérieure aux attentes, la tendance au ralentissement de la croissance française n'est pas remise en cause. La croissance hexagonale se dirige doucement mais sûrement vers la barre des 1,5% qu'elle devrait d'ailleurs rapidement enfoncer. Et le plus dur reste à venir. En effet, jusqu'à présent, l'économie française a pu bénéficier d'une bonne résistance de l'investissement des entreprises et de la consommation. Mais des résultats beaucoup moins favorables devraient être enregistrés dans les prochains trimestres. C'est du moins ce qu'indiquent les dernières enquêtes de l'INSEE auprès des ménages, mais aussi des chefs d'entreprise tant dans l'industrie que dans les services. Dans ce cadre, une croissance de plus en plus proche de zéro devrait être observée au cours des trois derniers trimestres 2008. Cela signifie qu'en dépit d'un premier trimestre correct, la croissance du PIB devrait avoisiner les 1,4% en moyenne sur l'année 2008.
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| Alexander Law : "Un miroir déformant" |
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Voilà un chiffre bien flatteur pour l'économie française. La croissance économique est ressortie à 0,6% au premier trimestre, ce qui correspond à un glissement annuel de 2,2%. Le tout avec une contribution nulle des stocks. Mieux encore, en rythme annualisé, la hausse du PIB ressort à 2,6%, loin, très loin devant le 0,6% enregistré aux Etats-Unis ou le 1,2% espagnol. De plus, la croissance 2007 a été revue à la hausse à 2,1% (le chiffre grimpe même de 0,1 point si l'on fait abstraction de la correction des jours ouvrables). Il n'en faudrait pas plus pour en conclure que l'économie de la France est sacrément résistante et immunisée contre la crise. Hélas, loin de nous rassurer complètement, les comptes du premier trimestre servent plutôt de miroir déformant de la réalité économique française. Les ménages, qui sont pourtant traditionnellement le moteur le plus robuste de notre croissance sont en train de lâcher prise. La dégradation à la vitesse grand V de leur moral, le moindre recours au crédit à la consommation, le pic d'inflation, la perte de vitesse du marché du travail: tous les éléments sont réunis pour freiner la consommation cette année.
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Source: LCI.fr
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